‹ JubiléChapitre 3 sur 79 · PUÉ FACE · texte numérisé non relu

PUÉ FACE

Venêrks confrères,

Le Souverain Pontife LfcoN XIII, marchant, comme il le (lit dans sa \m\\e " Properanfe ad exi f um ", sm les traces de ses prédécesseurs, a promulgué, l'an passé, le grand Jubilé de l'Année Sainte pour 1900, et il se propose de l'étendre au monde entier à la fin de cette année.

Désireux de publier un petit manuel populaire du Jubilé d'extension, lequel, selon les traditions séculaires, s'ouvrira l'an prochain ])ùur le monde entier. Monseigneur de Montréal a demandé à un Père Rédemptoriste de vouloir ])ieu se charger de ce travail. C'est en faisant des recherches que l'auteur a conçu l'idée de ce petit traité.

Le grand pape Benoit XIV, dans sa Constitution A2)ostolica, § 13, du 26 juin 1749, recommande à tous les prêtres, comme du reste c'est leur devoir, d'instruire leurs ouailles sur le Jubilé : " Illud vero Evangelicis operariis " inculcanius, ut CatecJtescs ad 'populum habeant in " quibus, Catholicam de indulgentiis ac universali " Jubilœo doctrinam explicent." Léon X 111, dans sa récente Constitution Quoniani, § XXIX, adresse aux confesseurs jubiléaires ces graves paroles : " Ab omnibus " qui jprœstitutis facultatihus uti velint, eadeni perlegi " diligenterque considerari volumus, ne in re gravis- " sima quidpiam a recto alienum, ob rerurii ignora- " tionem sibi vel invitis, excidisse, non sine acerbo " animi dolore aliquando nanciscantur. "

VIII PUfcFACK

L'auteur a cru rendre service à ses confrères dans le sacerdoce et leur épargner Ijien des doutes et des recherches fastidieuses en leur donnant, en un résumé substantiel, toute la doctrine du Jubilé.

Ce livre est intitulé : " Petit traité théorique et pratique des questions relatives aux divers Jubilés.

11 est théorique Y>^Tce qu'il donne les principes généraux et doctrinaux sur la matière, — il est pratique parce qu'il fournit les indications nécessaires pour l'application de ces principes aux diverses espèces de Jubilés.

En outre, l'auteur a voulu mettre les prêtres des paroisses à même de prêcher facilement les exercices du Jubilé sans avoir grand besoin d'autres livres. C'e&t pourqiioi, dans la deuxième partie, il a réuni des textes, des sermons et plans de sermons sur la matière. C'est même dans ce but pratique qu'il a voulu joindre à son livie un résumé de la doctrine des indulgences.

Enfin, comme ce livre traite, non pas d'whe seule esjjèce de Jubilé, mais de tous les divers Jubilés, il peut trouver utilement sa place dans toute bibliothèque sacerdotale.

L'auteur le présente humblement et respectueusement à ses vénérés confrères du sacerdoce et espère avoir, en le publiant, travaillé à leur utilité et contribué à faire gagner le Jubilé dans toute sa iJénitude, à eux-njêmes et à tous ceux à qui ils prêcheront.

Sainte-Anne île Montréal, G juillet 1900.

INTIIODUCTION

1. 1" Etymologie du mot Jubilé. — Devant parler assez loiigueineiit des divers Jubilés, commençons par donner l'étymologie de ce mot. Comme on peut le voir dans le dictionnaire biblique du Calmet, les auteurs ne lui donnent pas tous la même étymologie. D'aucuns le déduisent du root hébreu " Jobel ", qui signifie " trompette " et aussi " Bélier " parce que c'était au son de cors faits de cornes de bélier, que s'annonçait, chez les Juifs, la grande année Jubilaire. D'autres le déduisent du mot hébreu " Hobil " (restituer) parce que, à l'occasion de l'année du Jubilé, chacun rentrait en possession de ses biens. Le Cardinal Bellarmin le fait dériver du mot " Jobel ", auquel il donne le sens, non de bélier, mais de "joie", "jubilation." L'année jubilaire était en effet pour les Juifs, comme pour nous actuellement, une année de bienfaits exceptionnels.

Jnbilé figuré dans l'ancienne loi. Lév. XXV, 4, 10-13. — Vous sanctifierez, lisons-nous dans le Lévitique, la cinquantième année et vous publierez la liberté générale "à tous les habitants du '^^ paps, parce que c^est l^année du Jubilé. Tout homme re-ritnra dans " le bien qu'il possédait et chacun retournera dans sa première "famille, parce que c'est l'année du Jnbilé, la cinquantième " année. Vous ne sèmerez point, ni ne moissonnerez ce que la " terre aura produit d'elle-même, ni ne recueillerez les fruits de " vos vignes pour en offrir lès prémices, afin de sanctifier le "jubilé; mais vous mangerez les premières choses que vous " trouverez. En l'année du jubilé, tous rentreront dans les biens " qu';ls avaient possédés."

Au témoignage même de la Sainte Ecriture, le Jubilé était donc, dans la Judée, une vraie année de joie — une année de libération pour If s esclaves, de rémission de leurs dettes pour ^s débitiurs insolvables

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