DÉCHET EN FAVEUR DES SOURDS-MUETS
Quand une visite est prescrite, ils doivent la faire dévotement eu élevant vers Dieu leur esprit et leur cœur.
Quand des prières publiques sont prescrites, il sullit qu'ils soient réunis aux autres fidèles dans le même lieu et présents d'esprit et de cœur. — Quand des prières privées sont prescrites, le confesseur peut les commuer en une autre œuvre extérieure. Pie IX, 15 mars 1852.
f-^l'çy^
§ Il
Textes de l'Écriture sainte relatifs au Jubilé.
Lev., XXV, 8, 13. — "Vous compterez sept semaines " d'années... et au dixième jour du septième mois... vous " ferez sonner du cor dans toute votre terre. Vous sancti- " fierez la cinquantième année et vous publierez la liberté " pour tous les habitants du pays, pai'ce que c'est l'année " du Jubilé. Tout homme rentrera dans le bien qu'il " possédait et chacun retournera à sa première famille, " parce que c'est l'année du Jubilé, l'année cinquantième. " Vous ne sèmerez point, afin de sanctifier l'année du " Jubilé. En l'aimée du Jubilé, tous rentreront dans les " biens qu'ils avaient possédés."
PsAL, 46, 2. — " Jubilate Deo in voce exultationis."
PsAL. 99, 1. — "Jubilate Deo oinnis terra, servite Domino in lœtitia."
SoPH. 3, 14. — "Lauda, filia Sion ; Jubila, Israël : Ifetare."
II Par., 15, 14, — " Jejunaveruntque Domino voce magna in Jubilo,"
ToB., 13, 18. — '•■ Beati omnes qui gaudent super pace tua."
Is., 12, 3. — "Haurietis aquas in gaudio de fontibus salvatoris."
Judith, 8, 14. — "Indulgentiam ejus, fusis lacrymis postulemus."
Is., 63, 9. — " In indulgentia sua ipse redemit nos."
PsAL. 53 — " Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam."
136 TEXTES ET CITATIONS SUR LE JUlilLÉ
PSAL. 129. — " Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ? "
EzECH., 4. — "Diem pro anno dedi tibi."
Is,, 52. — " Solve vincula colli tui, captiva filia Siou,"
Is., 61. — "Spiritus Domini misit me ut prsedicarem captivis indulgentiam."
2 Cor. 6 — " Ecce uunc tempus acceptabile, ecce nuuc dies salutis... Exortamur ne in vanum gratiam Dei recipiatis ; ait enim, tempore accepte audivi te, in die salutis exaudivi te."
PsAL. 94. — "Hodie si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra sicut in exacerbatione secundum diem tentationis in deserto, ubi tentaverunt me patres vestri."
2. Cor. 5. — " Pro Christo legatione fungimur, obsecramus pro Christo, reconciliamini Deo."
EcCL., 17, 20. — '" Pœniteutibus dédit viam justitia^."
EzECH., 18, 21. — "Si impius egerit pœuitentiam ab omnibus peccatis suis et fecerit judicium et justitiam, vita vivet et non morietur."
Matth., 4, 17. — " Pœnitentiam agite, appropinquavit enim regnum Dei."
Luc, o, 8. — " Facite fructus dignos pœnitentiœ... Jam enim securis ad radicem arborum posita est."
AcT., 11, 18. — " Gentibus pœnitentiam dédit Deus ad vitam."
Is., 61, 1. — " L'esprit du Seigneur s'est reposé en moi; car le Seigneur m'a rempli de son onction ; il m'a envoyé pour annoncer sa parole à ceux qui sont doux, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour prêcher la grâce aux captifs et la liberté à ceux qui sont dans les cha,mes, pour publier l'année de la réconciliation du Seigneur."
EccL., 14, 14. — " Ne vous privez pas des avantages du jour heureux et ne laissez perdre aucune partie du bien que Dieu vous donne."
Joël, 2, 12. — "Convertissez-vous à moi de tout votre
TKXTES KT ClTA'llUNS SUlt LV. AVUllk 137
cœur dans les jeûnes, dans les larmes et les gémissements, et retournez au Seigneur, i»iirce qu'il est patient et plein de miséricorde."
Diverses autres Citations relatives au Jubilé.
8. Ambkuise (Comm. in 1 Tim.). — Qu'y a-t-il de plus doux et de plus agréable que de prêcher l'Indulgence aux pécheurs ?
S. AUG. (in l's. 58). — II faut que tout péché soit puni ou par l'homme pénitent ou par le Dieu vengeur. — " Aut pœnitendum aut urendum. "
S. AuG. (tract. 124 in Jean.). — L'homme demeure dans la peine, bien que, n'étant plus dans la coulpe, il soit délivré de la damnation éternelle.
S. AuG. (in Ps. 50). — Vous pardonnez à celui qui confesse son péché, mais qui s'en punit lui-même. Ainsi la miséricorde et la justice sont gardées.
Clém. VIII (Bulla Jub.) — Jésus-Christ, auteur de la vie et du salut, a le premier annoncé au monde cette année véritablement sainte.
CoNC, TuiD. (Sess. 14, c. 8). — Le saint Synode déclare qu'il est absolument faux que le Seigneur ne remet jamais la coulpe sans remettre toute la peine.
C. Trid. (Sess. 25). — Le saint Synode enseigne que l'usage des indulgences est très salutaire au peuple et il frappe d'anathème, ceux qui prétendent qu'elles sont inutiles ou que le pouvoir d'en accorder n'a pas été confié à l'Eglise.
Clêm. VI (Kxt. rev. de pœu.). — Jésus-Christ a confié ce trésor à saint Pierre et à ses successeurs afin de le distribuer aux fidèles pour le bien de leurs âmes.
Jubilé comparé au blé d'Egypte — Pendant que la famine dévorait la terre de Chanaan, habitée par Jacob et sa famille, le saint Patriarche dit à ses enfants : " On vend du blé en " Egypte, allez trouver Joseph et achetez ce dont nous avons
" besoin pour vivre, de peur que nous mourions de faim." Les greniers d'abondance, figurés par ceux d'P^gypte, sont les trésor.-5 amassés par Notre-Seigneur. Comme le charitable Joseph, Jésus-Christ nous les ouvre par son Eglise pendant le Jubilé.
Allons donc puiser dans les satisfactions infinies du Christ et des saints de quoi payer notre dette à la justice divine. (Billuart, Serm. sur Indulg.)
Comparé à la mer Ronge. — N'avez - vous jamais fait réflexion sur les paroles que Moïse dit aux enfants d'Israël sortant de l'Egypte, pour les rassurer contre la frayeur dont ils furent saisis, voyant que les Egyptiens les poursuivaient : " Tournez la tête, je vous le permets. Considérez ces peuples en désordre qui se précipitent les uns sur les autres ; ne craignez point, demeurez fermes et considérez les merveilles que le Seigneur doit faire aujourd'hui. (Ex. XrV.) Ces Egyptiens vont être engloutis par les flots, vous ne les reverrez jamais plus.
Voilà une figure de ce qui se passe dans le Jubilé. Et, en eftét, la grâce du Jubilé est une mer Rouge, composée du surabondant des larmes, des mérites et du sang de Jésus-Christ et c'est ici, qu'après que vous êtes sortis de l'Egypte et de la servitude du péché par le sacrement de Pénitence, la sainte Eglise vous dit comme Moïse : " Les Egyptiens, c'est-à-dire vos péchés, vous poursuivent pour les peines temporelles qui leur sont dues, mais ne vous effrayez pas ; voici un Jubilé, une mer profonde où vous pouvez les ensevelir sous les flots. Vos ennemis pourront vous poursuivre jusqu'aux bords de l'eau, mais dès que vous y serez entrés, ils mourront et ne reparaîtront plus. Quelle miséricorde!" {Damascène.)
Comparé à un flenve. — " Il me semble, dit S. Jean Chrysostome, voir un grand fleuve qui passe au travers de bonnes et de mauvaises terres et qui les mouille de ses eaux : il donne la fertilité aux unes et laisse les autres dans leur stérilité naturelle.
L'on peut dire la même chose du Jubilé : c'est un grand
TEXTES KT CITATIONS SUR LK JCBILK loi»
tteuve qui coule des trésors de l'Eglise et de toutes les sources de la Croix, pour arroser et l)énir tout le chaïup de l'Eglise même. Mais toutes les terres qu'il arrose sur son passage ne reçoivent pas les fruits de sa bénédiction ; il n'y a que les bonnes âmes et les pénitents qui en profitent ; les autres n'en retirent rien. Au contraire, l'abus qu'ils font de cette grâce augmente la stérilité de leur cœur et la misère de leur âme. {Damascène.)
On pent encore trouver des comparaisons utiles, pour expliquer le bonheur du Jubilé, dans la joie de Jonas en se voyant au port après la tempête — dans le soulagement du débiteur de V Evangile à qui son créancier remet toute sa dette — dans le bonheur des enfants d'Israël en songeant à leur délivrance de la captivité d'Egypte — dans la reconnaissance de S. Pierre délivré de prison la veille même de sa mort — dans les sentiments de Lazare, se retrouvant plein de vie au milieu des siens après sa résurrection miraculeuse — car le Jubilé nous donne tout cela, dans un sens spirituel.
Indulgences plénières accordées par Notre-Seigneur. — Il l'accorda d'abord à Marie Madeleine quand, prosternée à ses pieds, il la vit pleurer ses péchés passés dans l'amertume de sou cœur : " Eemittuntur ei peccata multa ", etc.
11 l'accorda aussi au paralytique que l'on descendit par le toit de la maison : " Mon fils, prenez confiance, vos péchés vous sont remis ".
Egalement, à la femme adultère : " Femme, personne ne vous a condamnée, je ne vous condamnerai pas non plus." Enfin, au bon Larron qu'il fit passer du gibet au lieu du repos : " Hodie mecum eris in Paradiso. "
Efficacité de l'Indalgence du Jubilé. — Oui, mon frère, je suis assuré, comme je le suis qu'il n'y a qu'un seul Dieu, que si tu te disposes bien à recevoir la grâce du Jubilé que l'Eglise te présente, quand tu devrais demeurer des siècles entiers en l'urgatoire, quand tu serais redevable à la justice divine d'autant de peines teinporelles qu'il y a de
140 TEXTES ET CITATIONS SUK LE JUBILfc
grains de sable et de gouttes d'eau dans la mer, elles te seront toutes remises et tu sortiras du tribunal de la pénitence et de la table sainte aussi pur, aussi affranchi que tu es sorti des eaux de ton baptême ", {Joly, év. d'Agen.)
Le Jubilé largement compris, largement pratiqué dans l'univers chrétien, c'est l'acquittement le plus considérable qui puisse être fait à la décharge de la grande famille catholique sur les provenances satisfactoires de son divin chef et de ses membres glorifiés.
Un jubilé, c'est, dans un certain sens, une assurance contre de nouveaux désastres, une garantie contre de nouvelles catastrophes, puisque c'est une immense satisfaction offerte à cette justice suprême qui nous châtie par les fléaux temporels. (Card. Pie, t. 3, p. 100.)
Nécessité d'en profiter : Tu disputes depuis si longtemps à qui emportera le dessus, toi à pécher, lui à pardonner ; ta malice conteste contre sa bonté ; enfin, elle te laissera la victoire. Ah ! victoire funeste et terrible, par laquelle ayant mis à bout sa miséricorde, nous tomberons infailliblement entre les mains de sa rigoureuse justice.
Prévenons un si grand malheur ! C'est pour cela que Dieu nous envoie la grâce extraordinaire du saint Jubilé, afin que nous rentrions en nous-mêmes. Si nous ajoutons le mépris d'une telle gi'âce à celle de tous ses autres bienfaits, Dieu s'irritera d'autant plus que sa libéralité méprisée aura été plus considérable... ; nos cœurs s'endurciront davantage ; et il se vengera d'autant plus rigoureusement... après qu'il aura voulu donner une rémission si universelle. (Bossvet, Médit., pr. Jub.)
Le Jubilé est ane indulgence composée du sang d'un Dieu et des larmes, des jeûnes, des prières et des aumônes d'un pécheur pénitent qui épuise les vengeances de la justice
et les flammes de la colère de Dieu Par la voie de
l'indulgence, ce que nous n'aurions expié que par des années entières de pénitence, nous l'expions en un jour par l'indulgence. C'est pourquoi l'indulgence est appelée :
TKXiKs HT riT.vTUJNs si'i: 1,1-: .in;ii,f'; 141
Coiupemliniii pu iiarnm utennii'mn et encore linptême de miséricordi', tenant ))îace entre le baptême d'eau ([ui ne coûte rien (^t )(; iKiptêiiie (!(» pé-nitence le(|n(;l coûte beaucoup. (Texier, ].)
Avantages du Jubilé, l'onr bien comprendre les avantages du -luliilé, il tant comprendre (Km x choses : d'abord l'existence des peines dues aux ])éehés pardonnes et ensuite la sévérité de l'I^glise envers les ])énitents, jiour leur faire expier cette dette île peines temporelles.
Cette épouse du Sauveur voyait dans les pécheurs, avec S.Paul, des hommes qui avaient crucifié de nouveau son divin Epoux, perdu sa grâce, ])rofané son sang ; alors elle leur faisait entendre que la pénitence qu'ils demandaient, doit être un baptême laborieux^ uu baptême de feu, par la vivacité de leur amour, un baptême de sang par les saintes rigueurs qu'il fallait exercer en leur chair criminelle et elle leur dit encore dans le Concile de Trente (§ XIV, c. 2) qu'on ne peut rentrer dans sa première intégrité, san» de grands gémisi^ements et de grands travaux, parce que la Justice d'un Dieu offensé l'exige ainsi.
Or, l'avantage d'un Jubilé est que l'Eglise se relâche de cette sévérité sainte : Détestez vos péchés, dit-elle, pleurez-les, confessez-les, acceptez les conditions faciles que je vous impose et vos péchés vous seront remis quant à la coulpe et quant à la peine, par l'indulgence du Jubilé. (Ballet.)
Grandeur de l'indulgence du Jubilé. Nous lisons dans S. Luc, XVI, (|u'un receveur infidèle, obligé de rendre compte, après avoir dissipé les biens de son maître, fit assembler tous ses débiteurs pour diminuer leur dette, afin que, hors d'emploi, il pût trouver quelque ressource auprès d'eux.
Vous voici tous, m. fr., rassemblés ici; vous êtes tous redevables à la justice de Dieu. Permettez-moi donc de vous demander, à chacun de vous en particulier, dans les mêmes termes dont se servait le receveur infidèle.:
"Quantum debes domino ineoV' Qwe devez- vous à notre maître commun ?
" Quantum debes !" Vous qui vous adonnez à la médisance, à la calomnie....
" Quantuvi debes ? " Homme injuste... parents qui négligez vos devoirs...
" Quantuvi debes ?" Impudique... etc., selon auditoires.
Oh ! quelle dette quand on se rappelle les pénitences imposées autrefois par l'Eglise pour un seul péché mortel! et la longue durée du purgatoire pour quelque faute légère ... (Fallu).
Canons pénitentianx. — Ce sont les règles qui fixaient la rigueur et la durée de la pénitence à faire par les pécheurs publics désireux d'être réconciliés à l'Eglise et reçus à la communion.
Cette pénitence publique consistait à exclure les pécheurs, même des prières liturgiques et de l'assistance au saint Sacrifice. Ils passaient le temps de leur pénitence dans le jeûne, la prière et la séquestration presque absolue. Tout le corps des diverses pénitences s'appelait exomologèse.
Voici quelques-uns des 47 Canons pénitenciaux mis en vio-ueur et rédigés au IV*^ siècle.
5"^ 6"% lO"**. Celui qui a péché avec une personne parente jDar consanguinité, ou affiliation ou "cum bestia" fera une pénitence d'au moins 7 ans, quoiqu'il mérite plus que cela.
20'"'. Celui qui s'est parjuré jeiinera pendant 50 jours au pain et à l'eau, et fera une pénitence de 7 ans.
23"**. Celui qui a fait un faux serment jeûnera également pendant 50 jours au pain et à l'eau.
24"^ Item pendant 30 jours, celui qui a trompé dans le poids ou la mesure.
25"^ Celui qui a sacrilègement violé un temple, se tiendra pendant un an, à la porte de l'église et pendant trois ans il devra faire une continuelle abstinence, etc.
30"^ Celui qui a blasphémé en public, surtout s'il a blasphémé la Vierge Marie, devra s'humilier 7 dimanches
Ti:xTi;s i:t cirATiD.Ns sii: i.k .iuhii.k 143
cousécutils i'i lu porte île l'éj^'lLse et jeûner G vendredis au })!iin et à l'eiiu ; et cela, sous peine tl'être interdit et privé de la sépulture ecclésiasti(iue à sa mort.
35'"*, iUi'"*. Celui qui a einjdoyé les sortilèges fera une pénitence de 40 jours. De la magie, une pénitence de "> ans.
40"^ Celui qui sciemment a communi(iué avec les hérétiques, fera une pénitence de 5 à 10 ans.
41"^ Le péché d'adultère et de fornication sera expié par une pénitence de 7 ans.
(Cfr. Wagner, Dictionnaire de droit canon, mots Canon et Pénitence.)
Conseils pratiques donnés au clerg-é par Léon XII
Qu'il me soit permis de reproduire ici ces conseils de Léon XII, donnés dans sa lettre encyclique " Caritate Chrisii " promulguant l'extension du grand Jubilé de l'Année Sainte 1825. Ils indiquent les matières des sermons de Jubilé.
... Les peuples, dit-il, recueilleront d'autant plus de bien de cette célébration, qu'ils auront mis plus de diligence à s'y préparer connue il convient : or, cette préparation dépend de la sollicitude que vous y mettrez, conformément au devoir de votre office pastoral.
Qu'ils apprennent donc par vous, quelle est la grandeur de la grâce qui leur est offerte. Montrez le prix du trésor que nous ouvrons et avec quelle facilité ils peuvent avoir part à ces richesses, tant à cause des très amples facultés que nous accordons an ministre de la pénitence pour remettre les péchés, qne par la nature des œuvres imposées ponr l'expiation des ])échés. Vous savez quelle était à cet égard la sévérité de la discipline de la sainte Eglise avant le XIV® siècle : " Quiconque, a dit au concile de Clermont, " Urbain II, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, qui- " conque, mû par le sentiment de la piété, et non par le *' désir d'acquérir de l'honneur, ou de l'argent, partira pour " la délivrance de l'Eglise à Jérusalem, que son voyage lui
" soit compté pour toute pénitence." Nous ne savons pas qu'on eût coutume d'accorder l'indulgence plénière d'une autre façon.
En proposant à la considération des fidèles la douceur de cette mère l'Eglise, qui, ayant compassion de ses enfants, ne leur impose maintenant que des fardeaux si légers et si faciles, pour obtenir des biens qui surpassent toute valeur. Vous obtiendrez certainement qu'il n'y ait 'personne d'assez lâdie et assez négligent pour ne pas chercher à les acquérir à si peu de frais....
Nous avons ordonné de distribuer au peuple le pain de la parole du Seigneur. Cette parole enflammée de zèle, fera connaître avec soin la doctrine catholique sur les indulgences et le Jubilé ; elle rappellera tous les devoirs qu'impose le christianisme et excitera les cœurs à une vraie pénitence.
(Tout ce qui précède pourrait être pris comriie exorde d'un triduo de Jubilé. — La division est clairement indiquée dans la dernière phrase : 1® jour : Grandeur de la grâce du Jubilé ; — 2"" jour : Devoirs de chrétien et devoirs d'état ; — o^ jour : Vraie pénitence. )
Que chacun de vous donc, particulièrement eu ce temps, tienne comme lui étant dites à lui-même, ces paroles du prophète : " Crie sans cesse, et annonce à mon peuple " ses crimes, à la maison de Judas ses péchés." Par vousmêmes ou par le moyen d'orateurs sacrés, inculquez à l'oreille de tous, ces menaces du Christ : " Si vous ne faites " pénitence., vous périrez tous de la même manière."
Que les orateurs sacrés enseignent que pour se repentir, il faut prier — qu'ils montrent quelle injure le péché fait à Dieu ; qu'ils jettent une salutaire terreur dans les âmes en rappelant la sévérité du jugement de Uieu et la rigueur des sup]jlices... Qu'ils excitent ensuite à l'espérance, d'où naîtra la douleur des péchés et la volonté d'umender la vie et les mœurs. Après, il faut les instruire de ce qu'est la pénitence comme sacrement.
Les cœurs étant ainsi préparés, il appartiendra à votre ministère, de les convaincre que Jésus Christ a laissé à
TEXTES ET CITATIONS SUK LE .lUBILfc 145
l'Eglise le Irt^sor inépuisable de ses mérités... que le i)Ouvoir (le distribuer ces richesses appartient à celui que le Christ a constitué le chef de son Eglise... ; enfin que l'indulgence du Jubilé est plénière...
Voilà, Vén. Frères, les choses dont il faut instruire les peuples.
§ ni SERMONS SUR LE JUBILE
y. H. — Voici d'abord le Sermon de Bourdaloue pour ronverture du Jubilé de l'Année Sainte. Il est cité et recommandé comme un modèle par le ^rand pape iJenoft XIV, dans sa Constitution Apostolica Conxtilutio, § 28.
par Bourdaloue.
Exhorfamiir vos ne in racimm ijradam Dei recipiatis. Ait enim : Tempore accepto exaudivi te, et in die salutii: adjnri te. Ecce nmic fempus aeceptabile, ecce nunc dieu salitfis.
Nou.s vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Car Dieu nou? dit lui-même dans l'Ecriture: Je vous ai exaucé au temps favorable, et je vous ai aidé au jour du salut. Or, voici maintenant ce temps favorable: voici ces jours de salut, (ir. Cor., cil. VI.)
C'est ainsi que l'apôtre saint Paul parlait aux premiers chrétiens, de la grâce générale de leur conversion, et je me sers aujourd'hui de ces paroles, pour vous exhorter vousmêmes, mes Frères, à recevoir efficacement et utilement la grâce particulière que l'Eglise vous présente en vous accordant la plus authentique de toutes les indulgences, qui est celle du Jubilé. Car je peux bien vous dire, comme le Docteur des nations le disait aux Corinthiens, que voici maintenant le temps favorable, que voici les jours de salut, où le Père des miséricordes se dispose à répandre sur nous les bénédictions les plus abondantes ; c'est pour cela qu'il ordonne à ses ministres de vous annoncer ce jubilé, et de
148 SERMONS suu LE jubilP:
vous l'annoncer à tous, puisque tous, justes et pécheurs, y peuvent et y doivent participer. Heureux si nous connaissons le don de Dieu, et plus heureux encore si, pour nos propres intérêts, pour hi satisfaction de nos âmes, nous en savons faire l'usage que Dieu prétend. Prenons bien garde à consacrer ce saint temps où nous entrons, ce temps d'indulgence et de grâce par les exercices de notre pénitence, par la ferveur de nos oraisons, par toutes les pratiques de la religion et d'une piété vraiment chrétienne : c'est à quoi je veux vous porter dans ce discours qui sera moins une prédication qu'une instruction simple, mais solide.
Or, pour vous proposer d'abord tout mon dessein, il y a, dans le jubilé, trois choses dignes d'être considérées, et que j'entreprends de vous expliquer : preTîiièrement, ce que c'est que la grâce du jubilé; secondement, ce qui est nécessaire pour avoir part à la grâce du jubilé; et en troisième lieu, ce que doit opérer en nous la grâce du jubilé. C'est une indulgence, et je vais vous montrer en quoi consiste cette indulgence, et quel en est l'esprit : ce sera la première partie; ce qu'il faut faire pour gagner cette indulgence, et quelles dispositions nous devons y apporter: ce sera la seconde partie; enfin quels effets salutaires doit produire en nous cette indulgence, et quels fruits nous en devons retirer : ce sera la conclusion.' Daigne le ciel seconder le zèle qui m'anime, et puissiez-vous bien apprendre à ne pas perdre un avantage si précieux ! Adressons-nous, pour cela, à Marie, et disons-lui : Ave, Maria.