‹ Jubilé sacerdotal de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 13 sur 121 · LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE À L'ARCHEVÊCHÉ · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE À L'ARCHEVÊCHÉ

ments les plus chrétiens !. Il proclame bien haut'les services rendus par l'Eglise à la nationalité canadiennefrançaise, ‘et met dans le clergé canadien ses espérances pour l'avenir : -

Notre Société, dit-il, est heureuse de proclamèr le dévouement sans bornes dont a fait preuve le clergé canadien, afin de greffer sur notre sol les premières tiges de la civilisation chrétienne et catholique... .Elle est convaincue que sous la garde du clergé, à l’ombre des autels qui l’ont vu naître et grandir, le peuple Canadien, fier de son glorieux passé, peut envisager l'avenir avec

confiance. .. .”

A cette adresse si chrétienne et si patriotique, Son

Eminence répond en termes émus :

‘ Parune bien aimableattention de la divine Providence, je suis appelé à célébrer mon jubilé sacerdotal en même temps que la société Saint-Jean-Baptiste fête le cinquantenaire de sa fondation. Il m'était donné, il y a un demisiècle, de voir naître cette admirable et patriotique association, et dès lors j'ai salué en elle le boulevard de notre nationalité, le plus ferme soutien de notre langue et de nos institutions. Aujourd’hui les rôles sont changés ; l'enfant d’autrefois a grandi, a prospéré ; et c’est lui qui, an déclin de ma carrière, fort du témoignage de son passé,

le front radieux, me dit ses espérances d'avenir.

‘Soyez fidèles, messieurs, aux nobles aspirations et aux saintes traditions de vos devanciers. Quel est le secret

1—Voir l’Appendice, No 15.

de leur puissance ? A quoi faut-il attribuer leur succès ? À une seule chose : dans leur cœur, le patriotisme le plus désintéressé s’unissait à la foi la plus généreuse.

“ A Dieu ne plaise que je dise du mal des hommes de ma génération ! Mais il semble certain que ces grands mobiles de Religion et de Patrie, qui autrefois exerçaient une action aussi large que bienfaisante sur les esprits, n’ont plus la même influence et ont cédé la place à des intérêts d’un ordre plus matériel. A vous, messieurs, de combattre cette fatale tendance : vous ne serez pas seuls dans la lice ; le Clergé vous a précédés dans cette voie, mais il ne peut pas suffire à la tâche, il veut votre aide, il la réclame, il en reconnaît l’absolue nécessité. Ecoutez sa voix, mettez à profit ses conseils, et l’avenir de notre belle Province sera assuré. Quand le désintéressement et l’amour de la religion règnent dans les pouvoirs dirigeants comme chez

les masses, alors l'Etat ne saurait que prospérer.

“Voilà, messieurs, les vœux que je forme pour votre Société. Les hommes passent, mais les idées restent. Puissent ces quelques conseils d’un vieillard qui vous aime, rester dans votre mémoire et présider à vos destinées ! C’est dans cet espoir que je vais vous bénir, et en vos

personnes toutes vos familles.”

La foule se mec alors à genoux : le Cardinal la bénit, puis rentre à l’archevêché et se rend au grand salon, afin d’y recevoir le président et les autres officiers de la société

Saint-Jean-Baptiste, les délégués des sociétés étrangères

et bon nombre de citoyens de Québec qui viennent lui

présenter leurs hommages.

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À peine ces messieurs ont-ils pris congé de Son Eminence, que les sons harmonieux d’une fanfare se font entendre : c’est la société des jeunes Zouaves du Sacré- Cœur qui accourt offrir À Son Eminence le tribut de sa vénération. Prévenu du grand désir qu’ils ont de le voir, le Cardinal, avec une grande bienveillance, se rend de nouveau sous le portique de l’archevêché, se montre aux jeunes zouaves, leur adresse quelques paroles d’encouragement et les bénit. Puis il rentre dans ses appartements,

La foule alors se disperse, en attendant les réjouissances du soir.

Le feu d'artifice

A huit heures précises, les cloches des différentes églises de la ville sonnent à toute volée, et celles de Lévis, de l'île d'Orléans, de Charlesbourg et de Beauport leur font écho : c'est l'ouverture des fêtes jubilaires !. L'air est comme saturé de sons joyeux ; ce concert merveilleux et inattendu, à la tombée de la nuit, va jeter partout, jusque

dans les plus humbles recoins, la joie, la gaieté, l’enthou-

siasme.

Une foule innombrable envahit la terrasse ; et tort le monde, les yeux fixés sur le fleuve, où brillent encore faiblement les lueurs du crépuscule, guette le commence-

ment du feu d’artifice.

Tout à coup, plusieurs coups de canon partent d’un navire mouillé dans la rade : c’est le signal. Un grand

nombre de fusées s’élancent de ce navire, et l’on y répond

heureuse coïncidence à remarquer, c'est que cette ouverpatronale de N.$,. P. le Pape Léon

1—Une l ture eut lieu le jour de la fête XIIL, la Saint-Joachim.

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