‹ Jubilé sacerdotal de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 14 sur 121 · LE FEU D’ARTIFICE · texte numérisé non relu

LE FEU D’ARTIFICE

à Québec et à Lévis par d’autres pièces pyrotechniques ct des feux de bengale : le spectacle est enchanteur et dure longtemps. Quelques vaisseaux brillamment illuminés vont et viennent sur le fleuve en tous sens, diversifiant ainsi sans cesse et animant la scène : le temps est beau et serein : aucun souffle de vent ne ‘* fait rider la face de l'eau ” ; c’est un miroir, où se reflètent avec le plus vif éclat des milliers de lumières. Deux frégates françaises, mouillées devant la ville depuis plusieurs jours, sont tout étincelantes de feux ct prennent part à la fête. Quelques ballons, lancés de la terrasse et du jardin du Fort, s'élèvent à une hauteur prodigicuse, se dirigent vers le nord et vont se perdre dans les sombres forêts des Laurentides : la foule suit leur course éphémère avec le plus vif intérêt. Et pendant que l’on jouit de ce spectacle magnifique une fanfare fait entendre sur la terrasse les mélodies les plus délicieuses ; nos airs canadiens, surtout, Le Drapeau de Carillon, O Canada ! terre de nos aïeux, Vive la Cana-

dienne, soulèvent des tonnerres d’applaudissements.

Il y a, croyons-nous, peu d’endroits au monde aussi favorables que notre terrasse pour jouir d’un grand spectacie comme celui d’un feu d'artifice ou d’une illumination. Sur ce plateau élevé, aucun détail n’échappe à la vue, C’est là, comme sur un nid d’aigle, que le fondateur de notre colonie, Champlain, avait fixé sa demeure. C’est là que son successeur, M. de Montmagny, aimait quelquefois, pour varier l’uniformité de vie de ses braves

colons, à les récréer par un feu d'artifice.

On lit dans la Relation de 1637 : “ La fête du glorieux

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