‹ Jubilé sacerdotal de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 58 sur 121 · SERMON DU R. P.IIAGE DU COUVENT DES DOMINICAINS DE SAINT-HYACINTHE · texte numérisé non relu

SERMON DU R. P.IIAGE DU COUVENT DES DOMINICAINS DE SAINT-HYACINTHE

Beatus populus, cujus Dominus Deus ejus.

Bisnheureux le peuple, dont le Seigneur est le Dieu.

(Ps, CXLIIT, 15.) Eninence, Aesseiqneurs, Mes Frères, Cinquante ans !

A cet âge, l'homme s'arrête. .., Il remonte par Île souvenir le fleuve de son existence parfois vivement agitée, jamais complètement tranquille. Tantôt on le voit sourire : &'est la souree du fleuve qui Jui apparaît pure et limpide, ce sont les triomphes qu'il a remportés sur l’inclémence des flots, c’est la sécurité dont il se croit pour toujours assuré, Tantôt on le voit s’assombrir : le nuage, la tempête, le combat et peut-être Ie naufrage, tout cela se représente À son esprit cffravé. Alors, laissant passer avec indifférence le torrent qui entraîne toutes les vies humaines, il s'abfme dans la solution de ce double problème : Qu'ai-je fait 7 Que suis-je ?

Cette question, mes Frères, ne s'adresse pas seulement

À l’homme privé. Elle s'adresse aussi à ces réunions

d'hommes qui, sous le nom de société où d'institution, se ]

130 SERMON DU KR, l, HAGE

groupent pour la défense du droit ot la revendication de leurs saintes libertés, Que produisent-elles pour la religion, qui les bénit à leur berceau, et leur communique cette vitalité dont elle est le principe toujours fécond ? Que produisent-elles pour le pays qui les accepte dans son sein, et place ses enfants à l'ombre de leur drapeau ?

Qu'êtes-vous done et qu'avez-vous fait, société de Saint- Jean-Baptiste de Québee, vous qui, malgré les préjugés des uns et les craintes des autres, êtes née, avez grandi et prospéré, vous qui, d'année en année, avez vu votre influence se répandre, vous qui recevez aujourd'hui cette consécration que donne à toute œuvre humaine un demi-

siècle d'existence ?

Ce que vous avez fait ? PDemandez-le à ces patriotes de 1842, qui ont obligé Dieu et le pays, en instituant cette Kociété sur la double base des principes chrétiens et de l'amour national. Demandez-le aux héros de Sainte-Foye, réveillés dans leurs tombes par les nombreuses phalanges canadiennes de 1855. Demandezle à ces fêtes grandioses de 1880, qui réunirent dans la cité-mère tous les enfants dispersés, et vous rappelèrent, Mur de Sherbrooke, les paroles lyriques d’Isaïe chantant le retour de la nation dans la bien-aimée Jérusalem. Demandez-le neufans après, aux rives Saint- Charles, étonnées de voir accourir vers elles une multitude immense, qui élève à limmortel marin, Jacques Cartier, un monument digne de sa gloire, digne aussi de votre reconnaissance, Demandez-le enfin à vous-mêmes, mes Frères. Pourquoi cette assemblée sous les voûtes d’un temple, qui, pour vous recevoir, à voulu déployer ses magnificences, et mêler à votre joie la splendeur de son inauguration ? Anges de l'Eglise de Dieu, successeurs des apôtres, pasteurs du troupeau divin, Messeigneurs,—

\ de ion, ette Que

Page 1