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extraordinaire, sur le plateau Sainte-Foye, le monument des Braves.
L'hiver dernier, la société Saint-Jean-Baptiste se réunissait pour aviser aux moyens de préparer une grande démonstration à l’occasion de ses noces d’or, démonstration qui devait avoir lieu le 24 juin ; mais se souvenant que Son Eminence le cardinal Taschereau avait toujours été un de ses membres les plus fidèles et les plus généreux, et informée que c'était le désir des autorités religieuses de cette ville de célébrer, le 23 août, la cinquantième année de sacerdoce du Prince de l'Eglise, elle demanda la permission de faire coïncider la fête de ses noces d’or avec celle des noces d’or de Son Eminence, ce qui lui a été gracieusement accorde.
Eminence, la société Saïnt-Jean-Baptiste vous prie d’agréer l'expression de sa vive gratitude pour les bienfaits dont vous l’avez comblée depuis cinquante ans, et pour le grand honneur que vous lui avez fait ce soiren daignant assister à son banquet.
La fête d'aujourd'hui a été organisée pour permettre aux Canadiens-Français de glorifier la religion et la patrie : pour permettre à nos poètes et à nos oratèurs de mettre en lumière les grandes figures de ceux qui firent briller sur ce sol les vérités de l’évangile avec les rayons de la civilisation ; pour leur permettre d’exalter la mémoire de ces patriotes qui donnèrent leur vie pour la défense de notre langue, de nos droits et de nos libertés; pour permettre enfin à tous ceux dont les cœurs vibrent aux doux mots de religion et de patrie, de venir s'affirmer dans cette vieille cité de Champlain, berecau de notre nationalité et, suivant l'expression d’un orateur français,
boulevard inexpugnable de la religion et du patriotisme !
En ce jour, nous avons, bien sujet de nous réjouir, nous Canadiens-Français.
Comment ne pas nous réjouir du fait merveilleux qu'une Société essentiellement française et catholique comme la nôtre a pu, sous une domination étrangère, se maintenir durant cinquante ans, et qu’elle est plus prospère que jamais ? Comment ne pas nous réjouir à la pensée que le plus grand parmi nos compatriotes, devenu un prince de l'Eglise, célèbrera demain le cinquantième anniversaire de son apostolat, c’est-à-dire toute une vie consacrée au service de la religion et de la patrie ?
Tout nous invite à la joie et à l’allégresse ; mais de mème qu'il n’y a pas de tableau sans ombre, de même aussi il ne peut y avoir de joies humaines sans amertume. Au milieu de nos réjouissances, nous devons penser à ceux qui ne sont pius, et qui, au prix des plus grands sacrifices, foudèrent et maintinrent notre société nationale. Parmi ces vieux patriotes, il en est un qui assistait À notre dernier banquet, et dont la voix, encore forte et vibrante, redisait les exploits de nos aïeux et la gloire de la société Saint-Jean-Baptiste de Québec; ce canadien, à l'esprit gaulois et à l'humeur toujours joviale, c’est le regretté Jacques-Philippe Rhéaume. Dans son dernier discours, prononcé à l'endroit même où je parle, il disait : “Je demande à Dieu de m’accorder encore une faveur avant de mourir, celle d'assister aux noces d’or de cette Société que j'ai portée sur les fonts baptismaux.”
Dieu ne lui a pas accordé cette faveur ; mais notre foi nous permet de croire qu'il lui en a accordé une autre bien plus grande, en l'appelant dans la céleste patrie, d’où il peut contempler ïe spectacle consolant qu'offre en ce moment la société Naint-Jean-Baptiste.
En terminant, permettez-moi, messieurs, d'exprimer
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