LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE
de leur puissance ? A quoi faut-il attribuer leur succès ? À une seule chose : dans leur cœur, le patriotisme le plus désintéressé s’unissait à la foi la plus généreuse.
“ À Dieu ne plaise que je dise du mal des hommes de ma génération ! Mais il semble certain que ces grands mobiles de Religion et de Patrie, qui autrefois exerçaient une action aussi large que bienfaisante sur les esprits, n’ont plus la même influence et ont cédé la place à des intérêts d’un ordre plus matériel. À vous, messieurs, de combattre cette fatale tendance : vous ne serez pas seuls dans la lice ; le Clergé vous a précédés dans cette voie, mais il ne peut pas suflire à la tâche, il veut votre aide, il la réclame, il en reçonnaît l’absolue nécessité. Ecoutez sa voix, mettez à profit ses conseils, et l’avenir de notre belle Province sera assuré. Quand le désintéressement et l’amour de la religion règnent dans les pouvoirs dirigeants comme chez les masses, alors l'Etat ne saurait que prospérer.
“Voilà, messieurs, les vœux que je forme pour votre Société. Les hommes passent, mais les idées restent, Puissent ces quelques conseils d’un vieillard qui vous aime, rester dans votre mémoire et présider à vos destinées ! C’est dans cet espoir que je vais vous bénir, et en vos
personnes toutes vos familles.”
La foule se met alors à genoux : le Cardinal la bénit, puis rentre à l’archevêché et se rend au grand salon, afin d'y recevoir le président et les autres officiers de la société Saint-Jean-Baptiste, les délégués des sociétés étrangères et bon nombre de citoyens de Québec qui viennent lui
présenter leurs hommages.
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