‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 115 sur 141 · CO, GINGRAS · texte numérisé non relu

CO, GINGRAS

OUNOD

DISCOURS DE M, L'ABBÉ CHARLES TRUDELLE No 86 DISCOURS DE M. L'ABBE CHARLES TRUDELLE Chapelain de l'Hôpital du Sacré-Cœur ONTTETIT nee, AMLess: LURCUTS, M. sdames cl AM. SSieurs.

Celui qui a été comme l'âme de l'organisation des fêtes auxquelles nous assistons m'a dit un jour : * [lconvient, et il faut que, en votre qualité d’un des plus anciens membres du clergé du diocèse, et aussi comme chapelain de PIôpital du Sacré-Cœur, vous adressiez la parole an publie dans cette circonstance solennelle, Vous évoquerez quelques-uns des souvenirs des années passées a Séminaire de Québec avec l'éminent Prélat dont nous célébrons les noces d'Or, et vous direz quelques mots de l'hospice si cher à son cœur d'évêque et auquel il agit

de redonner la vie, C'était non canoevas.

Jai tout d'abord hésité à accepter cette tâche honorable. Quoi, me disais-je, monter sur le théâtre agrandi du Séminaire après un laps de plus de cinquante ans d'absence! Dans ce concert d'éloges mérit's, aussi éloquemment que délicatement distribués, qui va se faire entendre alors : au milieu de ces ehants d'allégresse et de ces mélodieuses symphonies que devront prodiguer nos plus habiles virtuoses, mêler les sons de ma voix de septuagéœÂter,

ès

naire Mais vraiment ce serait m'exposer à tout £

Toutefois pour m'encourager dans ma témérité, je me suis dit : Dans tout concert il + a des voix et des instruments qui donnent les notes dominantes, que l'oreille écoute et suit avec plaisir, et aussi des voix et des instruments de basse, où d'accompagnement, dont les sons ét le bourdonnement, moins remarqués, seraient ennuyeux s'ils étaient seuls, mais dont l'effet cependant

est excellent et nécessaire même pour que l'harmonie soit parfaite,

Eh bien, me suis-je dit, la partie du programme de cette fête que je remplirai sera comme le bourdonnement ou le faux-bourdon de ce concert, et tout sera bien,

Je dois done d'abord parler de souvenirs, et ils se présentent en foule à ma mémoire, en ce moment, ces souvenirs du passé : car S'il est vrai de dire avec un poîte qu'il est un âge dans la vie où l'âme recueillie a besoin de se souvenir,” c'est bien assurément à l’époque ou près de lépoque des noces d'Or, parce qu'alors, plus que jamais, tout rappelle qu'on descend depuis longtemps le versant occidental de la vie, et qu'on le descend avec une vitesse qui semble s'accélérer de jour en jour.

A cet Âge, l'âme se complaît dans les réminiseences d'un temps auquel on voudrait se rattacher, mais qui fuit et s'éloigne toujours de plus en plus, comme lItalie devant Enée., Une des plus grandes jouissances de l'âme et du cœur, alors, est de rencontrer quelques-uns des bons amis d'autrefois ; et ce plaisir est d'autant plus grand qu'ils deviennent plus rares de jour en jour, ÆRari nantes in qurgite vasto.

Mais venez done ici, joyeux confrères de classe qui terminiez le cours de vos études au Séminaire de Québec

en 1836, au nombre de treize.

Lu

Venez nous parler un instant du plus jeune d’entre vous ; venez nous entretenir de ses talents transcendants, gesse et de sa soumis-

Le

de son assiduité au travail, de sa sa sion à la règle, de sa piété tendre et éclairée, Venez nous faire comprendre comment, chargé des palmes qu’il

‘harmonie

ramime de onnement bien,

et ils se ment, ces : un poète e a besoin ae où près

plus que gtemps le avec une

iniscences ais qui fuit ie l'Italie ances de es-uns des itant plus ur, Aari

classe qui

le Québec

ie d’entre scendants, A SOUMISenez nous

mes qu'il

DISCOURS DE M, L'ABBÉ CHARLES TRUDELLE 259 recueillait à la fin de chaque année il a pu parcourir avec tant de rapidité et d'éclat la carrière de ses études classiques, et la terminer à l'âge prématuré de seize ans et quelques mois,

Dites-nous S'il est bien vrai que ce Benjamin de votre classe, sous un extérieur en apparence dès lors sérieux et sévère, cachait un cœur sensible et plein de cette bonté et de cette charité qui n'ont fait que se développer avec l’âge et ont été comme les qualités dominantes de toute sa vie,

Pourquoi done, lui externe, préféraitil quelquefois venir passer la récréation avec ses confrères pensionnaires, plutôt que de jouir de cette liberté d'action qu'on aime tant lorsqu'on est jeune ?

Comme il nous paraissait sage et vraiment philosophe, à nous, cadets badins ettapageurs de la salle de récréation des grands !

Mais quoi ! personne ne répond à l'appel !... Tous sont partis pour le grand voyage qui n'a point de retour ! Un seul sur treize a pu échapper aux coups redoublés de la mort.

Nous avons au moins une grande preuve que ce nombre de treize n'est pas aussi fatal qu'on veut bien le croire quelquefois, puisque aujourd'hui, après einquante-six ans, nous voyons avec bonheur et un légitime orgueil, au milieu de nous ce même treizième écolier de sa classe—

A A . , ’ par l'Ââge—revêtu de la pourpre romaine et élevé au rang sublime de Prince de l'Eglise universelle,

Mais puisque personne ne se présente, et que l'Ecriture nous défend de louer les vertus de quelqu'un avant sa mort, il faut bien aujourd’hui se contenter d'admirer ses vertus dans un respectueux silence, et attendre, pour en

ti EE dr pres rente Barre

écouter le récit, qu'il ait plu au souverain Maître d'en accorder la récompense, Espérons cependant que cette

attente se prolongera jusqu'au delà des Noces de Diamant.

Vous veniez done de terminer vos études, Eminence, dans leté de T836, et quelque temps après vous preniez pour la première fois le chemin de Rome, sous la conduite d'un aimable mentor, alors notre préfet des études, M. Holmes, cet intéressant causeur, ee brillant orateur, dont le regard plein d'intelligence, la figure spirituellement sympathique et la voix de sirène charmaient tellement. qu'on aurait pu dire de ui qu'il était les délices de la jeunesse studieuse et de la classe instruite de Ta société,

Partir pour Rome, dans ee temps reculé, était entreprendre un voyage bien extraordinaire : et nous alles, nous pensionnaires, vous reconduire jusqu'au quai près duquel était le vaisseau qui devait vous recevoir. [me semble entendre encore \I. Fohnes HOUs dire, avec ce tüiubre de voix particulier qui plaisait tant aux orcilles : ‘ Au revoir, mes tnis.”

Au revoir !.. Cependant, sans l'opposition de ce guide sauce Cl éclairé, sous l'éuwide duquel vous étiez, ou plutôt sans cette Providence qui règle tout, le Canada ne vous aurait pas revu et n'aurait pas eu le bonheur et la gloire de saluer en vous le premier Cardinal eanadien, Ecoutant en effet vos s'oûts pour l'étude et la vie solitaire, vous avez été, dit-on, sur le point de céder aux sollicitations

du célèbre abbé Dom Guéranger, alors à Rome, et de Je

suivre dans sa solitude de Solesme. Teureusoment pour

nous de bon Dieu avait d'autres vues sur vous.

De retour au pars Fannée suivante, revêtu d'une soutane qui depuis à changé deux fois de couleur, 1 vous a fallu, Rininenee, à raison de votre jeune âge, la porter

longtemps avant d'atteindre époque fixée par l'Eglise

faître d'en que cette e Diamant.

Eminence, Us preniez la conduite études, M.

teur, dont tuellement tellement, hices de la

la societé.

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X oreilles :

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pour recevoir l'ordination dont nous eélébrons Je quantième anniversaire,

cin- Mais enfin ce jour arriva.

pour toute votre paroisse natale de Sainte-Marie de Ja Beauce, où se fit la céréinonie

C'était le samedi, 10 septembre JS42, oran Jour de tête

5 mais il Y avait joie et bonheur surtout au manoir seigneurial de Lx funille réunie pour le repas des noces sacerdotales, présidé par votre vénérable mère et auquel j'ai en l'honneur d'assister ainsi que Mgr de Sherbrooke, les deux seuls survivants des

convives ecclésiastiques. Comme toujours en pareille circonstance il veut réjouissance, mais une de ces réjouissances religieuses et respectueuses que le cœur goûte en Paix, comme celle que durent éprouver sans doute les

convives des noces de Cana,

Devenu prêtre, vous avez ét. Etinence, plusieurs années le

durant doven de cette pléiade de Jeunes professeurs du Séminaire de Québec dont j'étais un, < heureux de travailler ensemble avec Fardeur de notre jeune âge à l’œnvre de la maison bénie du vénérable François de Laval, notre Ana Mat: "toujours si chère ü HOs CŒUrS,

Le souvenir des rapports amicaux que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous alors, Eminence, me touche plus que

Jéumais dans ce jour de vos noces d'Or, car l'amitié, selon l'Ecriture (Ecel.. IX. 15), est comme le vin. quiest d'autant

plus délicieux qu'il est plus ancien,

J'ose en prendre à témoin Sa Grandeur Mer de Shorbrooke, que je sus heureux de voir ie co SOIT, ee vioil

ami d'enfance, avec qui je pourras célébrer, Si c'était

l'usage, les noces de diainant d'une

amitié sans nuage ct

295 DISCOURS DE M, L'ABBÉ CHARLES TRUDELLE sans éclipse, qui # pris racine il v a soixante ans au presbytère de Ch: :sbourg.

Temps heureux du jeune âge fil y a longtemps qu'il

a fallu vous dire adieu, sans pouvoir ajouter : au revoir.

“ Quand on est si bien ensemble, dit un chant connu des écoliers, et dont nous avons souvent répété le refrain. devrait-on jamais se quitter ? Non, certainement, on ne devrait jamais se quitter si nous n’étions sur la terre que pour jouir, nous récréer et goûter le Qui born et quan Jucundum habitare fratres in umum de Ecriture, le bonheur et le plaisir de vivre ensemble comme des frères : mais la Providence, qui à ses desseins sur chacun de nous, nous appelle souvent à hanger de position et à quitter ee qui nous est le plus cher pour aller joucr ailleurs le rôle plus où moins modeste ou plus où moins important de notre vie : et le prêtre surtout doit obéir à cette voix. Nous avons done laissé Ie séminaire lun après l’autre, au nombre de six, auxquels seul je survis pour rappeler ici ce souvenir.

Quant à vous, Eminence, vous êtes resté constant au poste que le bon Pieu vous avait tout d'abord assigne, prodiguant à votre Alma Muter les trésors de science et de vertu que vous avez acquis, jusqu’au moment où cette même Providence, par la voix du vicaire infaillible de Jésus-Christ, vous à appelé à monter sur le trône archiépiscopal de Québee, que vous oceupez st avantageusement pour le bien de vos ouailles,

Vos rapports avec le Séminaire et l'Université ont dû changer alors : de membre dévoué de ces deux institutions, vous en êtes devenu le puissant protecteur, ne cessant de leur accorder votre appui avec un dévouement que Îles difficultés sans cesse renaïssantes n'ont pu ni ralentir ni épuiser,

6 ans all

mps qu'il ui revoir.

nt connu le refrain.

ont, On nC terre que ju ct qui , le bons frères :

hacun de lon et à er ailleurs mportant ette Voix.

‘autre, au ppeler ici

nstant au L assigné, elence et t où cette ilible de 1e archié- ‘eusenient

té ont dû titutions, ‘essant de t que les alentir ni

Mais, triste sort de notre nature, si le courage reste Ie mème, il n’en est pas malheureusement toujours ainsi de la vigueur et de la santé du corps, que le travail et le poids des années finissent par affaiblir Ieureusement pour vous, Eminence, que le Naint-Siège, obtempérant à Vos vœux, à bien voulu consentir à vous donner dans la personne de Sa Grandeur Mer l'archevêque de Cyrène, et cela aux applaudissements de tout le diocèse, un aide et Un appui des plus sûrs et des plus solides, avec lequel, Dieu le voulant, vous pourrez prolonger votre carrière jusqu'aux extrêmes limites de la vie.

Si je n'avais pas craint de fatiguer l'attention qu'on veut bien me donner, j'aurais pu parler ici avec un peu de détails de nos amusements, de nos fêtes réligieuses ot littéraires, et en particulier de Ces Joyeuses vacances passées au Château Belle-Vue du Petit-Cap de Saint-Joachim, si agréablement variées par nos excursions dignes des hauts faits de nos devancier: écoliers en VaCAnce,

Mieux que bien d'autres aussi, Je comprends pourquoi, Eminence, voulant à bon droit prendre chaque année quelques jours d'un repos nécessaire, vous avez toujours aimé à vous transporter dans ces lieux enchanteurs, à vous agenoriller dans cette pieuse chapelle de l'angélique saint Louis de Gonzague, qui semble toujours embauméc des prières et des vœux ardents des prêtres, des lévites et des élèves en vacance, et à parcourir les deux poétiques allées de la Wellington et de la Waterloo, décorées de charmants oratoires, et serpentant sous un verdoyant feuillage aussi propre à réjouir la vue, que le chant des oiseaux qui le peuplent sait plaire à l'oreille,

Mais je ne dois pas oublier qu'il me faut dire quelques mots de l'Iôpital du Sacré-Cœur, de cette institution de

charité si fortement éprouvée, mais qui peut aujourd’hui répéter avec reconnaissance ees paroles du roi prophète : Propter nomen tuum, Domine, ririficabis me (Ps. 142, 11). Oui, si la vie m'est donnée une seconde fois, c'est grâce au respect, à la reconnaissance et à Famour que votre nom inspire, Eminence, ear e’est l'Hôpital du Sacré-Cœur en effet qui va bénéficier de la partie la plus substantielle de ees démonstrations en votre honneur.

Le jeune et actif Prélat que vous avez si justement honoré de votre confiance, Eminence, en le créant votre Vicaire Général, a eu une heureuse inspiration lorsqu'il a émis l’idée de demander au elergé et aux laïques de ec grand diocèse une bourse bien remplie pour Foffrir à Votre Eminence, afin de lui donner le moyen de racheter un asile important des misères de notre pauvre humanité ; car rien ne pouvait vous être plus agréable et en même temps être mieux compris dans la circonstance actuelle,

Qu'il me soit permis de donner ie à Mgr Marois un témoignage de la reconnaissance que lui doit l'hospiec de la charité dont je suis le chapelain. Témoin particulier depuis plus d'un an de lhabileté, du dévouement et de l'activité avec lesquels il a constamment travaillé à surmonter les plus grandes difficultés pour sauver cette maison dun naufrage imminent—yrande opus jai dû admirer le courage avee lequel il a entrepris eette tâche, hérissée de difficultés en apparence insurmontables, et an suceës de laquelle il n'a pas hésité à sacrifier souvent le soin de sa faible santé, Joignant toujours Iles deux conditions voulues pour le suceès de toute entreprise, une volonté forte et persévérante—fortiter in re une politesse de langage et à une délicatesse de procédés qui Ti sont propres et ne se démentent jamais—suariter tn modo il a pu mener à aussi bonne fin que possible jusqu'à présent l'œuvre dont il a bien voulu se charger.

jourd’hui rophète :

est grâce que votre eré-Cœur stantielle

ustement ut votre orsqu'il à ues de ce à Votre heter un anité ; car ne temps

à le

v Marois l'hospice articulier nt et de lé à surver eette — jai dû tte tâche.

les, et au ouvent le leux conrise, une une poliës qui lui in modo e Jusqu'à

Aussi la communauté actuelle de l'Hôtel. Dieu du Sacré- Cœur de Jésus de Québee se promet bien de ne jamais oublier dans ses prières —la seule monnaie avec laquelle elle peut payer les bienfaits reçus—ce protectenrinfatigable dans ses jours d'épreuves, temps le plus propre pour reconnaître les amis sincères,

La même communauté ne pourra pas non plus oublier les nombreux et généreux bienfaiteurs qui sont venus à son secours, et dont les noms, conservés dans ses archives, seront de plus, sans doute, inscrits en lettres d'or dans le livre de vie tenu li-haut par Celui qui a dit: Date el dabitur robis, donnez et on vous donnera : oui, on vous donnera cent pour cent, centuplhon, un trône, une cou-

ronne, Un) rovaume, ICONS P ON bonuin.

D'autres voix plus autorisées que la inienne adresseront Sans doute plus tard à ces amisdes pauvres et des orphelins ce mot du cœur que ne peuvent remplacer les plus beaux efforts de l'esprit : le mot Mere,

Mais qu'on me permette au moins de proclamer devant cet auditoire sympathique et distingué le mérite partieulier de ces Dames de la plus haute société de notre bonne ville de Québec qui, rivalisant d'une lévitine ambition. n'ont rien épargné pour provoquer les secours abondant, sous la direction et inspiration d'une autre Dame, au dévouement sans borne, je devrais dire héroïque, et dont le zèle pour les bonnes œuvres n'a d'égal que le patriotisme épuré de cet éminent Diavistrat, aussi éloquent oruteur qu'aimable écrivain, qu'elle peut appeler son époux avee autant d'orgueil que d'amour,

Le sUeCÈs des efforts de ces dames. et de tous coux qui les ont secondées dans cette circonstance, est tel, qu'on sera

peut-être tenté de dire que si, dans ces dernidres années,

on & eu une nouvelle preuve de la vérité de cette parole

or mire aller race Smmam dcmeree mme

du Sauveur, que “les enfants du siècle sont plus sages dans la conduite de leurs affaires que ne le sont les enfants de lumière” (Luc, XVL S) ; si on a oublié de joindre la prudence du serpent à la simplicité de la colombe ; si enfin on à fait une faute quelque part, on sera tenté, dis-je, de s'écrier avec l'Eglise : © felèr culpa ! O heureuse faute, qui a été si bien réparée !

Dans tous les cas, c'est bien le temps d'appliquer le proverbe : # A quelque chose malheur est bon ; ? car il est à croire que le courant de la charité qui se dirige depuis plusieurs mois vers l'Hôpital du Sacré-Cœur ne s'arrêtera pas tout à coup, et que cette pluie abondante, ou plutôt cette averse de dons généreux, produira les mêmes effets qu'on remarque après les gros orages, je veux dire, ces petits ruisseaux qui coulent Tongtemps encore pour égoutter les terres trop arrosées,

Les nombreuses et puissantes sympathies acquises depuis quelque temps à l'hospice du Sacré-Cœur sont une garantie que cet espoir ne sera pas perdu.

Outre les infirmes, les vicillards et les malades passants que recoit l'Hôpital du Sacré-Cœur, tout le monde sait que les deux œuvres principales de cette maison sont les soins donnés aux enfants trouvés et aux épileptiques ; et ce ne sera pas une des moindres gloires de votre épiscopat, Eminence, @avoir contribué si puissamment à la fondation de ectte institution de charité.

Le nombre desenfants trouvés qu'on apporte à l'Hôpital du Sacré-Cœur est en moyenne d'environ cent cinquante par année, et les mères de fanmile seules peuvent comprendre ce qu'il faut de dévouement pour donner à ces enfants les soins du jour et de la nuit que leur Âge tendre

plus sages les enfants dre la pru- *; si enfin dis-je, de use faute,

pliquer le ’carilest ge depuis s'arrêtera ou plutôt mes effets x dire, ces pre pour

acquises F sont une

passants ionde sait n sont les tiques ; et Fe

Cpiscopat, fondation

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| réclame, % Qui peut voir sans pitié”, a dit un poète chrétien !,

Ces enfants délaissés que la honte a proscrits ? De leur mère jamais il n'auront un SOUTIS ; [ls n'auront point leur part aux caresses d'un père ; Loin d'eux ces noms si doux et de sœur et de frère, Condamnés en naissant dans leur triste abandon, [ls ont reçu Le jour sans recevoir un nom.

Un dénuement complet est leur seul héritage.

Votre pitié, voilà leur unique partage !

Que dis-je? à leur naissance, incertains d'un berceau, D'une goutte de lait, d'un abri, d'un lambeau,

Qui de leurs membres nus écarte Ia froidure.

Ah que la pitié parle où se tait Ja nature!‘

Oui, poète sensible et compatissant, la pitié parlera, ct sOYeZ sans inquiétude, car ce n'est pas dans un diocèse comme celui de Québec qu'on laissera périr l’orphelin délaissé. Les Âmes charitables feront des prodiges de sacrifices pour sauver le bercean commun de tous ecs enfants ct la demeure des anges de bonté qui donnent à ces petites ct frêles créatures les soins que leur âge requiert,

La plupart des enfants trouvés viennent de la Misericorde, autre excellente maison de charité

qui sauve l'honneur de bien des familles et aussi la vie de

beaucoup:

d'enfants. Ces orphelins ne sont apportés qu'après avoir reçu le baptême et sont toujours présentés convenable,

dans un état

Quant à éeux qui viennent d'ailleurs, en quel triste état

ils sont quelquetois déposés !

On en a trouvé sur des perrons, enveloppés dans des chiffons de linge ou de papier, et mû peu de paille. Il ne f

me une fois dans un aut pas être surpris si ces pauvres

1—Dolille, Poème de la Patrie,

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