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Lorsque M. Laurier quitta son siège pour venir sur le bord de l’estrade répondre à la santé du Parlement du Canada, tout le monde se leva et Jui fit une ovation. “ Jamais, peut-être, dit un chroniqueur, un homme d'état canadien-français n'a reçu un pareil témoignage d'admi-
ration sincère.”
Il vient de parler de la législature du Canada, de nos anciennes luttes politiques, de nos gloires nationales, Papineau et Lafontaine, des questions nouvelles qui doivent nous oceuper, la question économique, celle du
travail, ete : et il S'écrie :
“ La civilisation de ce continent est fondée sur Le travail et la prévoyance, sur le travail qui produit, sur la prévoyance qui aceumule Ja production. Messieurs, je ne sais pas flatter; j'aime trop mes compatriotes pour ne pas savoir leur dire la vérité. Que ma langue “attache à mon palais, Si jamais elle devait déguiser les convictions de mon âme! Il faut bien l'avouer, messieurs, jusqu'ici nous avons manqué de ces deux qualités maîtresses, Ilest rare parmi nous de trouver deux générations de travailleurs. Ilest rare que le patrimoine aquis par le
pere ne soit pas dissipé par le fils.
‘# Voyez notre ancienne noblesse : voyez le grand rôle qu'elle aurait pu jouer, avee son instruction et ses richesses : aujourd'hui éteinte, presque entièrement disparue.
‘ [l'est des exceptions sans doute, il en est une notable
entre toutes, Quel est, à votre sens, le plus beau nom de
la race française en Canada ? Est-ce Papineau ? Est-ce