LE DÎNER AU SÉMINAIRE
Celui-ci parle avee une vive admiration de Kon Erminenee, qu'il a bien connue dans sai jeunesse, et dont il a été le compagnon d'études au Séminaire, I parle avec enthousiasme du Canada, dont il vante les beautés naturelles, et des Canadiens-Franeais, dont iladmire la foi, les vertus chrétiennes et esprit religieux. Il conjure les évéques et le clergé en général de déployer tous leurs efforts pour enrayer Fémigration et retenir sur le «ol
canadien tous nos compatriotes,
Le discours de Mer OReilly est acencilli par des
applaudissements frénétiques,
Tout le temps du banquet, li fanfare de la Batterie B ft entendre de joyeux airs de musique, Elle était placée dans le grand vestibule du Séminaire, au pied de cet escalier monumental qui fut l'admiration des étrangers,
Le banquet commencé à midi se termina vers deux
heures,
LA l'ête des Enfants
Mais quelles sont done ces longues files d'enfants de tout Age et de toute condition, qui viennent de toutes les parties de la ville, mème les plus reculées, de Notre- Dame-de-la-Garde, de Saint-Sauveur, de Saint-Roch, se fraient un chemin à travers la foule qui encombre les rues, et se dirigent vers la basilique ? Il s'avancent en ordre parfait, sous la conduite dequelques Religieuses, de quelques Frères des Ecoles Chrétiennes, Ce sont les enfants de la ville, ce sont les orphelins et Tes orphelines de nos asiles, ce sont les élèves de nos institutions religieuses enseignantes, qui ont été admis à présenter, à leur tour, leurs hommages à Son Eminence, à Poecasion de ses noces d’or : spectacle touchant, et vraiment évangélique : Offerebant «li pareulos ut tangeretl illos. ... Jesus «il :
Sonile parvulos ad ne venire l.
Voici d'abord les enfants des Frères des Ecoles Chrétiennes, SAVOIr : les élèves de l'académie commerciale et
ceux des écoles de Saint-Roch, de Saint-Jean, de Kaïnt-
1— Marc, X, 15, 14.
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LA FÊTE DES ENFANTS 79
Patrice et de Saint-Sauveur, Fs sont au delà de mille : il y en aurait trois mille !, si Pon n'était encore dans le temps des vacances, A eux seuls ils occupent Ja moitié de la nef de la basilique. Les élèves de l'école de Kaint- Roch ont à leur tête le président et les conseillers de l'Œuvre du Sacré-Cœur, avec leurs insignes. Les élèves de Saint-Patrice sont précédés d'une riche bannière, Viennent ensuite les enfants de l'œuvre du Patronage, sous la direction des Frères de Kaint-Vincent-de-Paul. Ils sont au nombre de cent-vingt, et sont accompagnés de M. Raoul de Préville, premicr assistant du supérieur général et Visiteur canonique, —ilest de passage à Québec —de M. Edouard Lasfargue, directeur, et de M. Paul Degesne, chapelain de Finstitution. En leur qualité d'enfants pauvres et abandonnés, ls ont une place privi-
légiée dans le éhœur : on les v trouve un peu partout,
jusque sur les marches du trône épiscopal,
Voici maintenant les orphelines des Sœurs de la Charité, au nombre de cent cinquante ; puis les éèves de Teur externat et de leurs maisons du Foulon, de Ja Basse-Ville et de Notre-Dame-de-a Garde, au nombre de deux cent quatre-vingt dix-huit : en tout quatre cent quarante-huit enfants, accompagnées de la supéricure générale, Sœur Suinte-Ifélène, de lPassistante, Marie-du-Sacré-Cour, et de hospitalière, Sœur Saint-Vincent-de-Paul,
Quel beau défilé que celui des élèves des Sœurs de Ia
Congrégation de Notre-Dame! IT y en a pus de cinq
1— Nombre des élèves pendant Fannée : académie ecnnmerclale, 350 : école Saint-Roch, 1180 : école Saint-Jean, 550 : école Saint-Patrice, 310 ; école Saint-Sauveur, 972,
S) LA FÊTE DES ENFANTS
cents : elles serment près de detix mille, si les couvents de Saint-Roch et dé Saint-Sauveur n'étaient encore en vacance L'une de ces éfves porte une gracieuse cor
boille de flours.
On voit arriver ensuite les élèves de Facadémie du Bon-Pastour, avec la maîtresse-wénérale des classes, Sœur Saint-Thomas. Elles sont au nombre de deux cent cinquante ?. Six d'entre elles portent une magnifique eouronne de fleurs naturelles au moyen de longs rubans
eœracieusoement entrelacés,
N'oublions pas le petit wroupe d'orphelins et d'orphelines de lasile Nainte-Brigitte, Ces enfants sont peu nombreux—quarante-six en tout mais ils ont Fair si heureux et si contents sous la direction de leur vénérable
supérieure, Sœur Youville de Saint-Joseph !
Toutes 1es orphelines et los clèves des Sœurs se placent dans la chapelle Kainte-Famille et dans la partie de la
nef qui n'est pas occupée par les élèves des Frères.
Un grand nombre de mères de fumilles arrivent avec leurs petits enfants, qu'elles conduisent par lat main, où qu'elles portent dans leurs bras : on leur procure des places dans les galeries, Ces enfants font bien entendre parfois quelques eris où quelques pleurs : mais ce sont des notes qui ne font qu'ajouter du charme au concert de la fête, Er ore infantiun ct luetentium perfecisti ludeir.
I—Nombre des élèves durant Fannée: couvent de Saint-Roch 1150; couvent de Saint-Sauveur, SIT,
2__Les classes de l'académie annexée à la maison-mère du Bon Pasteur sont fréquentées durant l'année par 500 Gfèves externes.
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LA FÊTE DES ENFANTS “1
Une foule considérable voudrait pénétrer dans la bas: lique pour assister à la cérémonie : mais Féglise est telle ment comble qu'il est impossible d'y trouver une seule
place ni dans la nef ni duns les galeries,
Son Eminence, accompagnée de plusieurs prélats, arrive à quatre heures précises, et va s'asseoir sur un trône préparé au milieu du chœur pour Bi cireonstanee,
Plus de cont prétres assistent à cette fête des enfant +, soit au cheur, soit dans les sacristies adjacentes,
Voici l'ordre dela cérémonie : présentation des adresses: dialogue des orphelines des Sœurs dela Charité : réponses
de Son Eninence:; bénédiction du Suint Sacroment,
Tous les entants qui doivent prend une part active à
la cérémonie sont dans le baschaur
C'est un élève du Patronage qui présente li première udresse : elle est sous forme de poesie ; le Patronace V est personniié, et raconte Tui-mêémie sa naissance Québec, il va “trente printemps”, son développement, et la protection qu'il u recue de Son Eminence, dont il sollicite a
bénédiction,
Un élève des Frères des Ecoles Chrétiennes s'avance
ensuite pour lire une adresse en francais un autre en Hit une enanglais, Viennent ensuite suceessivement l'adresse, aussi en anghus, des orphelins de Fasile Sainte-Brigitte, puis un compliment, sous forme de sonnet, par les élèves des Sœurs de Ta Congrégation, et enfin lFadresse des clèves du Bon Pasteur : toutes ecs Poésies et cos adresses
sont remplies des plus beaux sentiments d'affection et de
reconnaissance, Après chaque adresse
L les enfants dépo-
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NS) LA FÊTE DES ENFANTS
sent aux pieds du Cardinal un bouquet où une corbeille de fleurs !,
Alors commence une scène vraiment touchante et inoubliable, qui fait pleurer de joie grand nombre d’assistants. Un groupe d’orphelines de l'ospice de la Charité, —une trentaine environ, les unes plus grandes, les autres plus jeunes, quelques-unes de toutes petites enfants ?—vient devant Son Eminencee réciter un dialogue entremêlé de chants et de poésies. [s'agit d'exprimer à Son Eminence les sentiments de joie et de reconnaissance dont leurs jeunes cœurs sont pénétrés Comme les pareles de ec dialogue sont belles et partent de l'âme! comme ces chants sont suaves et pénétrants comme cette poésie est ravissante dans sa simplicité! Citons au hasard quelquesuns de ces vers :—
‘ Pasteur, il vous souvient du jour trois fois heure: x,
Où votre âme à Jésus s'enchainait de doux nœuds !
Pour {a premitre fois, votre main consacrée '
Élcvait sur l'autel la Victime adorée Un bonheur ineffable alors vous inondait
A flots, de votre cœur, Fextase débordait
On eût pu voir vers vous se pencher le bon Maitre, Et L'Ange s'incliner devant le nouveau Pretre,
# Depuis ce jour heureux, cinquante ans ont passé Un iinimense trésor là-haut s'est amassé,
Mais attendez encore... A plus tard à eouronn
Dans Le séjour des cieux pour vous elle ravonne.
Ce petit dialogue des orphelines a été récité avec un
naturel charmant : pas un ton faux dans la voix, pas la
[Voir appendice, Nos!
Voir leurs noms et Ieur âme,
anvendice, No 29
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LA FÊTE DES ENFANTS
moindre affectation dans les mouvements; et lorsqu'en finissant elles vinrent déposer leurs corbeilles de fleurs et leurs bouquets aux pieds de Son Eminence, toute lassistance eût applaudi, si Fon ne se fût trouvé dans le Ticu saint.
Le trône du Cardinal était toit couvert de fleurs naturelles ; et Son Eminenee pouvait S'appliquer à la lettre les paroles du texte inspiré : Ælores apparuerunt in terre
nostra 1
Mais les fleurs qu'Elle estime le plus, ce sont celles de la piété et dela vertu: et comme Elleles voyait s'épanouir avec éelat dans l'âme de tous ces jeunes enfants qui remplissaient linmense basilique !
Le pieux pontife avait accueilli avec bonheur Tidée de cette fête, et en avait favorisé la réalisation, Au milieu des enfants, 1l semble jouir : leur présence ni rappelle
sans doute les nombreuses années qu'ila consacrées à la
jeunesse du Séminaire et qui lui sont restées st chères,
À plusieurs reprises, durant le dialoswue et la lecture des adresses, 11 parut touché jusqu'aux larmes. Ce ni fat pas son plus sans une vive émotion qu'il réponditaux
enfants :
“Mes chers enfants, dital mo pour vos belles adresses ot pou les nobles sentiments qu'elles renterteni Parmi tous les souhaits qui me sont faits à l'occasion d mon jubilé sacerdotal, les vôtres me sont particulierement
il rréubles,
1—-C'ant.,, IT, 12,
LA FÊTE DES ENFANTS
È En ee inonent SI délicieux pour Moi, otl je VICTIS de vous entendre me répéter tour à tour les sentiments de
respect, de gratitude et d'amour qui animent vos cœurs,
Jose dire que je me trouve encore plus heureux, plus ravi ul que le père de famille entouré de nombreux enfants qui ni tous savent payer de retour son dévouement et sa tendresse, de Pen conviens,mesehersentants, pendant tonte la durée e de mon long épiscopat, je me suis toujours efforeé d'en nl couraver de toutes manieres et de fuüre fleurir dans mon ii diocose les diverses CONCTÉQALIONS all sein desquelles VOUS vivez. EE comimentne Faurus-je pas fut, lorsque je come &) prenais tout Te prix et toute Finportance de ecs pieuses fut ; sociétés, qui sont la gloire x plus pure et Fornement de da UEelise ?
Parmi les précieux auxiliures que nra reservés Ta a divine Providence, duiant ma longue administration. j ne suis heureux de compter vos dévoués professeurs,