‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 36 sur 141 · LE DÎNER AU SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

LE DÎNER AU SÉMINAIRE

préoccupation, et en réponse aux battements pressés de son cœur, ses lèvres ne trouvèrent qu'un mot pour exprimer sa gratitude : “Quoniam in sæculim misericordia ejus.” A mon tour, accablé de mille prévenances par la bonté de mon Dieu, je ne puis que m'écrier avec le chantre inspiré : € Elle est grande, elle est admirable la miséricorde du Seigneur, ?

‘ Je tiens sous mon regard en ce moment, j'embrasse d'un coup d'œil, groupée dans cette enceinte, toute l'Eglise du Canada-Français représentée par ses chefs vénérables et élite de son clergé: mon âme est remplie d'un légitime orgueil en songeant aux périls du passé, et je ne puis que répéter : % Grande, bien grande est dans tous les temps la miséricorde du Seigneur, ?

“ Les triomphes du passé, la prospérité du présent, ne voilà-tl pas de puissants motifs d'espérance pour l'avenir ? L'Eglise de Dicu, sans doute, est faite pour l'épreuve, comme Île vaisseau pour la tempête ; et notre Eglise, à nous, ne saurait être à l'abri : mais ne craignons rien, le bon Maître veille ; ne le savons-nous pas? % Quoniam in sœeulum misericordia ejus.

Vousavez compris, messieurs, les sentiments, l’intime besoin de mon cœur en cette circonstance solennelle ; et vous êtes venus, de loin comme de près, unir vos vœux aux miens et remercier notre Dieu. Puisse-til entendre notre commune prière et bénir notre heureux pays ! “Je n'ignore pas qu'aux termes de la loi du jubilé, telle

du moins que pratiquée chez les Juifs, chacun est appelé

à rentrer dans ses biens, une fois le cinquantenaire

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accompli sil est fort heureux pour moi que eette obliœution n'existe plus, car, S'il me fallait rembourser dans l'espèce Tes trésors de douce amitié, : d'affectueux dévouement, de charité chrétienne et de zèle apostolique, recueillis au cours de mon épiscopat ; en déficit vis-h-vis de Dieu,...je ne le serais pas moins vis-t-vis de mes vénérables collègues et de mon admirable clergé !

* Agréez, messieurs, le témoignage de ma bien sincère reconnaissance : la démonstration de ce jour est une preuve nouvelle de l'union qui règne parmi nous et cimentera davantage encore les liens de notre vicille amitié!

L'union qui répne pari MOUS 6: 2 Notre vieille «nitié n quelles paroles précieuses À recueillir 1 L'histoire, tou- Jours avide de témoignages autoris's, ne manquera pas de se prévaloir de celui-ci, lorsqu'il Sagira de décrire l'état de l'Eglise de Québec sous l'administration du cardinal Taschereau.

Quelques instants après que Non Eminence à fini de parler, Mor Bégin se lève de nouveau, et fait remarquer que Mer ORoilly qui est à ses côtés, et qui est venu de ai loin pour assister aux noces d’or de Son Eminencee, doit lui-même faire son Jubilé sacerdotal à New-York, dans quelques jours, IT fait son éloge comme orateuret comme écrivain, et rend hommage aux nobles qualités de ce vicil ami du Séminaire, de FUniversité, du Canada en wencral, Les paroles de Mer Bégin sont doublement heureuses : d’abord parce qu'elles sont dites avee une

grâce exquise, puis parce qu'elles provoquent une char

mante réponse de Mgr O’Reillr.

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