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cration sacerdotale, lorsque m'’entoure, comme une auréole, ce clergé nombreux et fidèle, objet de ma sollicitude et légitime orgueil de ma vieillesse.
Cor nostrum dilatatum est—mon cœur s’est dilaté, puis-je dire à bon droit, aux doux souvenirs que votre ; | , :
éloquente adresse rappelle. Il me semble revoir, —mirage enchanteur !—les belles années passées dans la Rome d'autrefois, si différente de celle d'aujourd'hui. L'un après l’autre, les événements de ma vie de prêtre se déroulent sous mes regards attendris : études aimées, . . . L] . CL! , e \ joies paisibles de l’enseignement, confrères chéris à jamais disparus ; tout se presse dans ma mémoire et revit dans mon cœur.
“ Vous parlez en termes bienveillants de ma carrière ne TT 1,7 . .
épiscopale. La postérité seule, messieurs, peut juger sainement des hommes et des choses ; mais il est un point qui, je l'espère, ue sera pas mis en doute, c’est que j'ai aimé mon peuple et voulu son bien.
“ Jacob, au lendemain de ses épreuves, retrouvant son fils et la prospérité, répondit à eeux qui l'interrogeaient : Dies peregrinationis meæ parvi et mali. Hélas ! tout homme peut en dire autant.
“ La vie la plus longue est encore bien courte, et 1 . \ \ , \ existence la plus prospère ne peut guère échapper à l'adversité. Dieu cependant m'a ménagé une faveur qui raut bien à elle seule tous les bienfaits dont Jacob fut comblé : je n'avais que faire d'un pays de Gessen, mais
J'avais perdu plus qu'un fils ; et voilà que sa bonté pré-
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gnez me sont un sûr garant que Dieu a dirigé mon choix.
Comment reconnaître dignement, messieurs, votre filial désintéressement ? L'homme, eüt-il des trésors, y serait
. : dé ë 2 A : , + ' impuissant ; le cœur de l’évêque ne peut que bénir !
‘ Que notre divin Sauveur, de son trône de gloire, vous comble de ses grâces : Det tibi Deus de rore cœli ! dirons-nous, empruntant une fois de plus les paroles de l'Ecriture, Qu'il bénisse vos efforts pour le bien ; qu'il fasse abondante cette rosée du ciel qui seule peut rendre féconde votre mission d’apôtres ! Il me sera bien permis d'ajouter avec le texte sacré : ET de pinguedine terræ abundantiam, assuré que je suis— j'en ai vos œuvres pour gage— que vous saurez employer pour Dieu et ses
pauvres, le surplus que vous tiendrez de sa bonté,
“ Voilà, messieurs, les sentiments de mon cœur à votre égard. Puisse Dieu ratifier la bénédiction que je
vous accorde en son nom ! ”?
Un illustre publiciste a dit quelque part : “ Ce qu'il y a de plus triste dans la vieillesse, ce n'est pas de vieillir,
c’est de survivre |,”
Cette pensée si vraie, nous nous la rappelions en écoutant les paroles si touchantes de Son Eminence, en la voyant, arrivée encore pleine de vigueur au sommet de sa carrière, jeter un regard en arrière sur un passé déjà lointain, et récapituler en présence de ses enfants les
années de sa jeunesse et de son âge mûr. Oui, que d’évé-
1—De Falloux, Pie d'Augrs'in Cochin.
nements de toutes sortes, que de personnes chères auxquelles le Cardinal a survécu ! Qu'il doit se sentir isolé du passé! Il reste parmi nous, pour le bonheur et la consolation de tous. Mais ce qui doit faire sa joie et la nôtre, c’est que, même quand il ne sera plus, il survivra dans le successeur qu'il s'est choisi et que la bonté prévoyante de Dieu lui a donné.
Il a dû faire plaisir à Son Eminence de voir arriver sur la scène, pour le discours de circonstance, un de ses contemporains, qui fut même un de ses confrères au Néminaire de Québee. Les hommes de son temps sont déjà si rares ! Tout le monde, d'ailleurs, a éconté avec intérêt le discours de M. l'abbé Charles Trudelle, discours, comme dit un chroniqueur, rempli d'esprit, de raison, et de bon sens pratique 1.7
M. l'abbé Trudelle, écrit un autre, à remporté un franc succès avec son discours, plein des réminiscences d'antan, relevé d’une pointe de verve spirituelle et de fine bonhomie, et dit avec ectte simplicité sereine qui est
l'apanage des vieilles années 2,7
Une circonstance toute particulière ajoutait de l'intérêt à la personne et au discours ® de M. Trudelle, c'est qu'il est chapelain de l'Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur de Jésus, institution dont Son Eminence a voulu assurer Favenir, en lui abandonnant généreusement tous les présents qui pourraient lui être faits à l'occasion de son jubilé.
1— Morning Chronicle de Québec, 24 août.
2—Courrier du Canada, 24 août.
3—-Voir ce discours dans l'appendice, No 36,
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