‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 60 sur 141 · Eccl., XAXXIV,2S · texte numérisé non relu

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SERMON DU R, P, HAGE 145

Mes Frères, où en sommes-nous ? Ce résultat, l’avonsnous atteint ? Pas encore, j'aime à le croire. Cependant la parole du sage doit nous faire réfléchir. Et s'il faut qu'il y ait encore divergence d'idée et de tactique sur les questions d'importance secondaire, au moins unissons-nous quand il s’agit des intérêts vitaux de la nation et de l'avenir de l'Eglise, Zn dubiis libertus : soit, je le veux bien, Mais aussi, {x certisunitas, Or, un fait est certain : la désunion est toujours pour un pays la source de ses plus grands malheurs, parce qu'elle est la source de ses plus grandes offenses envers Dieu et envers les hommes, Envers Dieu, elle détruit l'efficacité de la prière du Christ : ‘* Père, faites qu'ils soient un, comme vous et moi nous sommes un.” Envers les hommes, elle produit lantipathie et la haine, l'injustice et la fraude, le mensonge et la calomnie, Zn dubiis libertas : oui ; mais aussi, in omnibus charitas. La charité, mes Frères, vous en donnez aujourd'hui le plus touchant exemple, Que ne puisse-t-ilse perpétuer ! Que ne puissiez-vous, oubliant tout dans un baiser fraternel, vous jurer réciproquement une éternelle et

immuable amitié ! C'était le vœu que formulait, dans une

circonstance semblable, lun de vos poètes ; et il fut, ee

jour-là, comme toujours, trop noblement inspiré, pour que je ne vous rappelle pas ses paroles 1

O de l'union fraternelle

Jour triompäaant et radieux,

Ah! puisse ta flamme immortelle Remplir notre cœur de ses feux !

Oui, puisse cette union sainte, Qui fit nos ancctres si grands, Garder toujours de toute atteinte L'avenir de Ieurs descendants, Les vieux chênes de la montagne Où combattirent nos aïeux ;

I—Octave Crémazic.

Le solde la verte campagne

Où coula leur sang généreux :

Le flot qui chante à la prairie

La splendeur de leurs noms bénis, La grande voix de la patrie,

Tout nous redit : Soyez unis !

Enfin, mes Frères, une dernière crainte à toujours ussiegé le cœur des vrais catholiques, Elle provient de ce courant irrésistible qui entraîne vers d’autres cieux les plus robustes et les plus vaillants parmi les fils de la nation, Permettez que je vous livre mes impressions personnelles. Quand pour la première fois il me fut donné de contempler ces plaines immenses, ces campagnes fertiles, qni font la richesse du Canada, je me disais Comme on doit être heureux ici et comme on doit aimer

ce sol fortuné !

Et si moi, étranger, j'éprouvais déjà pour votre beau pays un attachement qui n'a fait que grandir, n'avais-je pas le droit de penser que de votre part cet attachement devait être plus profond et plus vivace ? Aussi, vous me pardonnerez cet aveu sans détour, ai-je été douloureusement étonné, quand j'ai dû me rendre à l'évidence des faits. Sans doute, je connaissais par la voix publique ce mouvement des vôtres à l'étranger ; mais que ce mouvement fût aussi accentué, je lignorais complètement,.

Depuis lors, se présentent À non esprit une foule de questions, dont la solution m'échappe. Comment le troupeau peut-il se réunir sous la houlette de ses pasteurs, pour recevoir la nourriture que réclament son cœu et son esprit ? Comment les sujets peuvent-ils se group autour de leurs chefs pour marcher tous ensemble dans une direction unie, vers un terme commun ? Ceux d'ici protègent-ils, soutiennent-ils, encouragent-ils ceux de là-bas ? Ces frères bien-aimés ne sont-ils pas submergés au milieu de

toujours ovient de cieux les ls de la ipressions fut donné ampagnes e disais loit aimer déjà pour e grandir, » part cet s vivace :

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cet océan d'agitations dont les flots grossissent chaque jour? Et puis, ne souffrent-ils pas ? Leur corps ne soutfftre-t-l pas ? leur cœur plus que leur corps, et leur âme plus que tout le reste ? Je vous Fai dit: la solution de ces pr'oblèmes m'échappe : je vous la laisse,

Mais je ne puis m'empêcher de gémir et de craindre, chaque fois que sous mes yeux, passe une de ces familles, qui abandonnent les eéhamps paternels et s'en vont demander leur morceau de pain à un travail plus lucratif peut-être, inais à coup sûr moins consolant et plus opiniâtre, Je gémis de leur sort et je crains pour l'avenir, Disperser ses forces, c’est le moyen de lesanéantir ;et quand ces forces ont été si libéralement accordées par lt main divine, c'est être deux fois coupables que de les disperser,

Que faire ? Aimez votre patrie, aimez ce sol arrosé par le sang et les sueurs de vos pères, aimez cette pauvre maison d'une pauvre campagne, et laissant aux autres un luxe acquis au prix de l'exil, restez fermement attachés à votre pays :

Heureux qui le connaît, plus heureux qui Fhabite;

Et ne quittant jumais pour chercher d'autres cieux Les rives du grand fleuve où le bonheur Finvite, Suit vivre et sait mourir où dorment ses aveux L!

Et maintenant, membres de la société Saint-Jeanaptiste, je reviens à vous ; où plutôt ma pensée ne vous à s quittés durant tout ec discours. Ki l'Eglise a eu ses joies et ses gloires, je n'oublie pas eclles que vous lui avez données, Vous l'avez édifiée et soutenue par votre bon exemple et votre généreuse intrépidité : vous vous êtes montrés en toutes circonstances les auxiliaires de vos pasteurs, et jamais on ne vous à vus reculer, quand il s’est agi de défendre le droit et la vertu.

1—Octave Crémazie,

148 SERMON DU R, P, HAGE

Quant aux craintes que nous avons signalées, vous les détruirez entièrement ; au moins vous chercherez à les dissiper. L'Eglise et la nation comptent sur vous. Ki vous voulez qu'un peu d'espérance illumine vraiment l'avenir, si vous voulez que cette œuvre de cinquante ans vive et grandisse, ayez une vie chrétienne, luttez contre ce'te soif insatiable de plaisir qui à fait tant de ruines, donnez-vous tout entiersaux saintes causes etaux grands combats, Voilà ce que vous crie le passé dont je vous ai retracé l’histoire, Voilà ee que vous recommande la reconnaissance envers ceux dont nous célébrons l’œuvre, œuvre fondée et fécondée par un dévouement sans limite, puisqu'il est allé jusqu'à l’effusion du sang. Conservez votre devise, conservez vos institutions, votre langue et vos lois. Vos constitutions, elles sont si chrétiennes ! votre langue, eîle est si harmonieuse !vos lois, elles sont

si pleines de Hberté !

Conservez avec jalousie ce triple dépôt, que vous ont confié vos pères, et vous resterez toujours de véritables Canadiens-Français, c’est-à-dire, de vaillants fils de l'Eglise,

Pour nous, mes Frères, réjouissons-nous à la vue des gloires passées et remercions Dieu des dons qu'il nous a faits. Réjouissons-nous, car le Seigneur est resté notre Dieu, car son nom trois fois saint demeure toujours sacré pour nous. Réjouissons-nous, c’est 1e jour, c’est l'heure de la joie ! Mais aussi, humilions-nous à la vue de nos faiblesses, et prions :

O Dieu, bénissez ee peuple. Vous avez dit par la bouche de votre prophète : Beatus populus qui scit jubilationem. Bienheureux le peuple qui sait vous louer ! Eh bien, ce peuple vous adresse aujourd’hui lhommage de ses louanges et de sa reconnaissance, En retour des actions de grâces qu'il fait monter au ciel, accordez-

lui le bonheur, la vie et la paix ; accordez-lui l'union :

ous les z à les us. Si raiment nte ans z contre

ruines, grands vous ai ande la l’œuvre, s limite, onservez angue et tiennes !

Iles sont ce triple . resterez

\-dire, de

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iommage 1 retour \ccordezl'union :

l'union dans la foi, union dans l’action, l’union dans l'amour sacré du pays O Dieu, Père, Fils et Saint- Esprit, bénissez ce peuple; que votre bénédiction descende sur lui et y demeure à jamais. Amen ! Amen! Amen !

Prononcé au monument Cartier-Brébeuf,

M. le Président, Mesdames et Messieurs,

Il est, dans la vie des peuples et des sociétés, comme dans celle des individus, des moments d'arrêt et de repos, des heures qu'un sentiment patriotique arrache à la dévorante activité des affaires pour les consacrer à des jouissances d’un ordre plus relevé ; il est des jours qu'éclaire un soleil plus radieux, où les rayons de l’astre sont plus doux, où la brise qui passe est plus parfumée, où la ioie quiéelate est plus vive et s'affirme avec une intensité plus grande, Une de ces heures bénies vient de sonner à l'horloge du temps ; et pour la société Saint-Jean- Baptiste, comme pour la race qu'elle personnifie, ce jour, entre tous, brille d'un incomparable éclat,

Dans ce siècle de rare positivisme où l'œil contemple, fatigué, les défaillances coupables, les Tches trahisons, l'âpreté au gain, où l'oreille n'entend plus que le son du vil métal rebondissant sur le comptoir, Pargot de la bourse, les cris de la hausse et de la baisse, dans ce siècle où les froids caleuls de Pintérêt et de l'égoïsme glacent

les cœurs etcompriment leurs plus généreuses expansions,

il est bon à l'œil ce spectacle d'une société ralliant sous ses drapeaux l'élite de tout un peuple, les forces vives de

la nation, pour les déployer, sous le ciel aimé de la patrie, dans un patriotique pèlerinage an berceau même de notre nationalité ; il est agréable à l'oreille ce concert de voix aimées jaillissant des sources les plus pures de l'âme ; elle est suave, douce au cœur, cette expression spontanée, tout affectueuse, qui manifeste sans ambages sa parfaite cordialité et qui s'épanouit sans contrainte dans cette démonstration grandiose faite pour raviver les souvenirs, cimenter l'union et glorifier la patrie.

C’est là. en effet, le résultat de la fête de ee jour et plus particulièrement de cette gracieuse visite que la société Saïnt-Jean-Baptiste fait à sa jeune sœur le Cerele Catholique de Québec sur ce terrain sacré où toutes les sociétés peuvent se rencontrer, où toutes peuvent déployer leurs étendards, où toutes peuvent fraterniser à Pombre de la croix plantée par Jacques Cartier, et du monument élevé à sa mémoire et à celle des jésuites martyrs par le Cercle Catholique lui-même. Où trouver theître plus propice, décors plus magnifiques, cadre mieux approprié au tableau qu'il nous est donné de contempler et au

spectacle qui se déroule sous nos veux ?

Deux sœurs, enfants de la même gloire, issues du même patriotisme, se donnent aujourd'hui la main et viennent retremper leurs forces au berceau de leur nationalité, aux sources vivifiantes des mêmes souvenirs. La sœur aînée, qui célèbre aujourd'hui le cinquantième anniversaire de sa naissance, est la bienvenue chez sa sœur cadette qui la recoit à bras ouverts, Nur ce coin de terre historique, la société Saint-Jean-Baptiste est chez elle, au foyer même de la famille canadienne-française.

Les souvenirs ct les gloires du passé jaillissent de toutes

parts. Sta, viator, heroem caleas ! Cette terre que nous

foulons a été arrosée des sueurs de nos ancêtres, elle a bu

el

patrie, leur sang généreux. Lisez sur ee monument, inerustée le notre dans sa dure substance, ectte belle page de notre histoire de voix nationale, qui perpétue la mémoire de nos morts illustres, ne ;elle et qui transmet à la génération actuelle et À ceux qui ntanée, viendront après nous les souvenirs glorieux du passé : parfaite

s cette JACQUES CARTIER C

IVONIrS, ET SES HARDIS COMPAGNONS, LES MARINS DE LA GRANDE-TERMINE, DE

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