‹ Jubilé sacerdotale de S.E. le cardinal E.A. TaschereauChapitre 59 sur 141 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

wIcuse, et par conséquent quelles sont les craintes de

ne de .

D'œlia

I Eco ISC !

Nous Favons vu, imes Fréres, et je vous le répète : il est impossible de séparer la nation canadienne-française de la religion catholique : dès lors, le premier ennemi que vous avez à craindre, e’est l'ennemi de votre foi cest Pindifférence, plus que cela, c'est le blasphème et l'impiété,

Cet ennemi, je le sais, vient du dehors 5 il n'est pas né au milieu de vous, mais il a passé vos frontières, 11 est entré dans la place, et devient pour Favenir un sérieux sujet de erainte,

Et eomment ne le eraindriez-vous pas ? Comment ne le craindrions-nous pas pour vous, cet ennemi, qui, à notre époque, semble posséder une puissance colossule et vouloir étoufter, S'il était possible, Vos plus fermes CTOVATECSs [s'appelle légion, etil parcourt le monde, son progriunmme à la main et le mensonge sur les levres,

Non programme ? Je vous le dirai, ear après tout, vous le connaissez ‘ Dicu est qu'une hypothèse. Le dogme nouveau, éliminant définitivement toutes Iles volontés surnaturelles connues sous le nom de Dieu, d'ange, de Providence, montre que tout obéit à des lois naturelles, — Toute intervention miraculeuse est une radicale fnipossibilité.—Les vérités religieuses sont affaire de sentiment utiles à plusieurs, 11 v a plus de force à Sen passer entièrement,

L'Aimce n'est que l'ensemble des fonctions du cerveau et de la moelle épinière, une machine aussi nathématiquement construite qu'une montre, larésultante de l'organisme qui périt avec lui, conne l'harmonie d'une

La hberté se réduit à Factivité

lyre périt avec la Ivre.

cérébrale ; le vice etla vertu sont des produits comme le

vitriol et le sucre, Jésus Christ était tout simplement un

moraliste exalté, qui aimait les honneurs parce que les

honneurs servaient à son but ; qui jouait le rôle de thaumaturge, bien qu'il sentit la vanité de l'opinion à cet

| égard ; quia, en un mot, constitué sa royauté sur une grande équivoque : son évangile à fait son temps ; son | | Eglise tombe en ruine : le christianisme est condamné | en principe comme contraire aux résultats de la science acquise depuis un siècle, | Voilà l'ennemi et son programme, |

Ce programme, mes Frères, je me hâte de le dire, est

loin d'être le vôtre, et j'aime à constater qu'il a été vail-

lainment combattu. Mais, n'y eût qu'un seul homme pour le publier, n'y eût-il qu'un seul livre pourle défendre, ce serait assez pour justifier mes appréhensions et les à | appréhensions de l'Eglise, Or, il en est venu jusqu'ici de ces hommes qui ont parlé le langage du siècle, vous ont . appris les doctrines du siècle, vous ont fait goûter aux ; fausses joies du siècle, [Ten est venu jusqu'ici de ces | livres, Jusqu'au seuil de vos portes et jusque dans vos : mains, grâce à ces rapides communications qui relient un : continent à un autre, Plus de distance, s'écrie-t-on de à toutes parts. Hélas non, plus de distance pour le mal : et l’on voit s'abattre sur un pays, comme autant d'oiseaux de proie, ces auteurs de livres, de revues, qui ne parlent de religion que pour s'en railler, et de l'Eglise que pour (E la déerier. Que dis-je 7 Non seulement ces auteurs , P viennent à vous, mais il en est parmi vous qui vont « jusqu'à eux. Ils partent, ceux-là, avec Pintention louable, | ql | je le veux bien, d'entrer plus avant dans les secrets de la l science, Hélas ! qu'apprennent-ils, et que sont-ils au (L retour ? La foi de leur mère survit à peine au naufrage d de leur vertu, et leurslèvres autrefois habituées à la prière S ne savent plus murmurer le nom de Dieu, l

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SERMON DU R, Pl.

Et ils sont l'avenir !

Que réserve cet avenir à Ja société catholique de votre nation ? Je ne sais. Voici que déjà le respect des choses saintes est moins vif dans vos cœurs, L'autorité du prêtre qui parle au nom du Christ est quelquefois méconnue, les

privilèges de l'Eglise souvent discutés, lobéissance plus

difficile, la soumission plus rare. On dirait que la voix des pasteurs n'est plus assez forte pour se faire entendre, ou plutôt que le tumulte des passions est assez violent pour l'étouffer, Et alors, par une conséquence fatale, Les devoirs de la vie chrétienne sont oubliés : les lois de Ta religion, de la famille, de la société sont ébranlées, la prière n'est plus (eu honneur, et l'édifice religieux, bâti par Jésus-Christ Inimiême dans vos âmes, éprouve de ces secousses qui font craindre un écroulement prochain. N'est-il pas vrai que plusieurs désertent le sanctuaire, dont l'ombre protectrice a abrité leur enfance? N'est pas vrai que d'autres ont oublié le chemin qui conduit au banquet eucharistique, et ne veulent plus participer à nos agapes chrétiennes ? N'estal pas vrai que beaucoup remplissent leurs devoirs, poussés par je ne sais quelle force routinière, qui leur enlève toute initiative et presque tout mérite ?

Voilà, mes Frères, la réalité. Ayons le courage de la regarder en face et de la comparer aux réulités du passé, Où est cette foi suintement naïve de vos pères, qui voyaient Dieu en tout ct partout, dans la conduite des hommes, comine dans le gouvernement des peuples, plaçant en lui toute leur confiance et ne cherchant qu'à lui plaire * Oùest cette volonté ferme, ce SOIN, j'allais dire, ee scrupule, d'obcir aux préceptes de l'Eglise et de s'ineliner devant ses décisions ? Nos pères croyaient sim-

plement, et ils allaient ainsi pleins d'espoir : le passé

assurait l'avenir, Voulons-nous avoir la même assurance et la même sécurité 7? Ne donnons jamais la main à l'ennemi du dehors qui cherche à ravir notre foi, et conservons intactes les croyances religieuses que nous avons r'ecues,

Soyons fermes aussi contre les ennemis du dedans,

lei, des craintes plus sérieuses peuvent à juste titre nous alarmer, Elles viennent d'abord de Ta division et du désaccord, qui, selon la parole divine, sont la cause de In ruine d’un royaume, L'union, mes Frères : quel mot et

quelle chose ! Ki je pouvais le faire entendre, ce mot ! si

je pouvais la faire aimer, cette chose Cest Funion qui

rassemble toutesles ressources d'un peuple pour les diriger vers un but commun et une commune gloire ; c'est elle qui place dans le trésor de tous, les biens de chacun, et centuple leur valeur; elle qui répartit avec équité les fonctions et les charges de PEtat : elle seule enfin qui fait la force, parce que seule elle est Ja justice, le droit et la vérité. Grâce à elle, le pays marche sans encombre vers ses jimmortelles destinées : plus petit que ses voisins, il est cependant plus puissant; moins riche, il est cependant plus heureux. Il Ksait par expérience combien ilest doux pour des frères d'habiter ensemble. Æabitare fn un Lun, les pensées, les désirs, les itentions ! Z# num, les affections, les senthnents, 16s amours 1 Zn min, es paroles et les aetes 1 nn, Va défense et l'attaque, les revers et les triomphes, la vie et la mort

\fais HO : vole] que &es Joies, ON He veut prets les woûter : cette force, on lFaffublit : cette union, on Ja brise, Alors que voit-on ? Unus « Bticuns, chuis destruens. I vena un qui bâtit, et un autre qui détruit, Vus orans, ct anus mudledicons, JPY en a un qui prie, el un autre qui maudit. Et le résultat ? Le travail, la douleur, la tristesse et la honte, Quid prodest is, nisi labor V2

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