SCÈNE VIII
LE PRINCE, CORILLA, entrant par la porte à gauche.
LE PRIN'CE , poussant un cri.
Dieu ! c'est elle ! c'est Corilla !
CORILLA, étonnée.
Le prince !
LE PRINCE
Vous, qui d'aujourd'hui ne deviez pas quitter Versailles...
CORILLA
Vous l'avez dit !
LE PRINCE
Ici, dans l'hôtel de la marquise deJVolmérange, où vou9 veniez pour moi ?
CORILLA, souriant.
Vous vous trompez !
LE PRINCE
Allons donc!... qui pourrait vous amener chez la marquise, que vous ne connaissez pas?
CORILLA
C'est mon secret !... Je déteste les gens curieux. .. et vous êtes toujours là, devant moi, comme un point d'interrogation.
LE PRINCE, galamment.
Vous voulez dire d'admiration J
C'est mieux!... Eh bien! monsieur, je veuais étudier les modes de la cour, moi, étrangère, qui n'ai encore pris ni la poudre, ni les mouches... Mais vous-même, pourquoi me surprendre à Versailles? Qu'y venez-vous faire?
LE PRINCE
Solliciter pour vous et appuyer de nouveau auprèsdu cardinal de Rohan la demande quevous avez adressée à la cour de Rome... Vous, Corilla, avoir des affaires avec le saint-siége... qu'est-ce que ce peut être?
CORILLA, sévèrement.
C'est mon secret !
LE PRINCE
C'est juste, c'est juste... je me tais... Plus qu'un mot seulement... sur une affaire personnelle...
CORILLA
Soit ! si vous vous dépêchez.
LE PRINCE
Dites-moi... si aujourd'hui, dans ce moment , ma présence vous impatiente comme à l'ordinaire.
CORILLA
Pas autant !
LE PRINCE
Bravo ! ça commence!... Et si malgré vous, bientôt peut-être, vous alliez m'aimer... Hein? vous en seriez bien étonnée...
CORILLA , gaiment.
Moi ! ma foi non !