CHŒUR
O brillante alliance !
Jour de félicité.
Honneur à la science , Amour à la beauté !
CAGLIOSTRO, donnant la main a Cécile.
Enfin , voici l'instant si cher à ma tendre v-c
CÉCILE , à part, regardant autour d'elle. Ah ! je ne les vois pas... Plus d'amis ! plus d'espoir !
LA. MARQUISE , à Cagliostro.
Près d'elle, n'allez pas oublier la promesse Que vous nous avez faite...
CAGLIOSTRO, se tournant vers l'assemblée. Oui, nous devons, ce soir, Ici vous présenter une devineresse Qui lit au fond des cœurs, sans trouble et sans effort, Et dit la vérité sitôt qu'elle s'endort l
TOUS
Où donc est-elle?...
CARACOLl, montrant la porte à droite.
Là... car je l'ai déjà vue.
Eveillée, elle est bien... ma...
CAGLIOSTRO, à voix basse.
Tu l'as prévenue ?
CARACOLl, de même.
Et demande, et réponse, elle sait tout par cœur ï
LA MARQUISE, à Cécile, montrant Cagliostro. Et voilà ton époux... Comprends-tu ton bonheur!... CHOEUR.
O brillante alliance !
Jour de félicité.
Honneur à la science,
Amour à la beauté!
(La porlc de droite s'ouvre, et paraît la somnambule ; elle est en blanc, couverte d'un voile épais, une couronne de laurier sur le fiont, une branche de verveine 5 la main.)
CnOEUR, à demi- voix.
Mais c'est elle... Du silence !
Lentement elle s'avance ,
Et déjà règne en mon cœur Une sainte terreur ! (Caracoli apporte un fauteuil au milieu du théâtre, Cagliostro fait asseoir la somnambule et se tient debout auprès d'elle, à droite la marquise et Cécile sont assises, à côté d'elles se place Caracoli. An milieu, un second groupe de femmes, à droite, un peu vers le fond, un troisième groupe de femmes, elles sont assises. Les hommes sont debout deirière elles. Les domestiques en riches livrées se tiennent au fond du théâtre, derrière tout le monde.)
CAGLIOSTRO, magnétisant la somnambule qui vient de s'asseoir.
O pouvoir magnétique '.
Fluide sympathique, Du monde léthargique Ouvre- lui les trésors.
A ma voix qui commande, Que le sommeil descende, Que l'esclave m'entende !
Dors ! je le veux !.. dors !
(La somnambule renverse sa tète et parait plongée dans le sommeil.) CHOEUR.
Elle dort ! Quelle puissance !
Ecoutons ! faisons silence !
CAGLIOSTRO, soulevant le voile de la somnambule. El maintenant, parlez ! (Il jette Its yeux sur elle
et pousse un cri d'effroi.) Ahl
(Caracoli accourt à ce cri, aperçoit Corilla, pousse un second cri et reste immobile ainsi que Cagliostro, pendant que Corilla se lève lentement.)
ENSEMBLE
CAGLIOSTRO, dans le plus grand trouble, à part. Ah ! quelle image fantastique S'est offerte à nies yeux troublés !
Ma femme !... O pouvoir diabolique, Bs-t-ce ma mort que vous voulez ?
LA MARQUISE, regardant Cagliostro. Sous l'influence magnétique Tous ses traits semblent renversés, Et comme la sibylle antique, Ses cheveux se sont hérissés.
CARACOLl, à part.
Ce n'est pas elle ! C'est unique, D'effroi mon âme a tremblé, El malgré sou pouvoir magique, Mon maître en parait tout troublé.
CnOEUR.
Sous l'influence magnétique Ses yeux sont ternes et glacés , Et comme la sibylle antique, Tous ses traits semblent renversés!
CORILLA, d'une voix lente et solennelle. Tu commandes, ô maître... et je cède à tes lois... Je vais parler.
CAGLIOSTRO, à part.
C'est elle ! c'est sa voix...
(S'approchant d'elle et à voix basse.) Tu reviens du tombeau pour me perdre ! CORILLA, à voix basse.
Au contraire •' (A voix haute, vers l'assemblée.) Ecoutez ! écoutez... la vérité m'éclaire... CECILE, qui jusque-là n'a pris aucune part à cette scène ,
lève les yeux et reconnaît Corilla.
O ciel !