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ACTE III, SCENE IX

LA MARQUISE, étonnée.

Qu'as-tu?

Rien ! rien !

CORILLA, d'un air inspiré.

Je lis que le grand, le savant Caglioslro ne peut plus se marier...

TOUS, avec surprise.

Comment !

COR1LLA, de même.

Je lis, je vois, que de sa fiancée Un autre amour occupe la peusée...

Décidée à mourir I

CÉCILE, se levant avec exaltation. .. Oui, c'est vrai!

LA MARQUISE

J'ai frémi !

CORILLA, de même.

•Si sa main n'appartient à son cousin qu'elle aime !

LA MARQUISE

Il a fui loin de nous !

CORILLA

Oui, mais à l'instant même Il revient ! il accourt!

LA MARQUISE

Impossible !

CORILLA, étendant la main vers la porte du fond. C'est lui !

Il accourt ! le voici ! le voici !

(Le chevalier parait, tout le monde pousse un cri.)

ENSEMBLE

CAGLIOSTRO et CARACOLI.

Ah ! quelle image fantastique S'est offerte à mes yeux troublés.

Démons et pouvoir diabolique Est-ce ma mort que vous voulez?

LE CHEVALIER et CECILE. Oui, par le pouvoir magnétique, Tous deux nous voilà rassemblés.

A sa voix divine, magique, Nos cœurs sont déjà consolés !

LA MARQUISE et LE CHOEUR.

Pouvoir terrible et sympathique Dont chacun de nous est troublé, Sous le fluide magnétique, Lui-même parait accablé !

CORILLA

Oui, grâce au pouvoir magnétique, Tous les secrets sont révélés, Et tous, à ma voix prophétique Obéissez, ou bien tremblez !

CORILLA

Écoutez ! écoutez... ô dévoùment suprême !.... Je vois que, toujours grand, sublime et généreux, Cagliostro ne veut pas leur malheur à tous deux ; A la main de Cécile il renonce lui-même. Je le vois! je le vois!...

CAGLIOSTRO, bas, à Cécile.

Non ! je n'en ferai rien !

CORILLA, à demi-vuix, à Caglioslro.

Je le veux ! je le veux !

CAGLIOSTRO, à part, avec colère.

Il le faut parbleu bien! Soyons donc généreux ! (Haut, avec effort, s'avançant près de la marquise.) Oui, oui, qu'ils soient heureux !

CORILLA

Ah ! ce n'est rien encor !

CAGLIOSTRO, à part, avec inquiétude.

Que veut-elle de plus?

CORILLA

Aussi riche qu'habile, Le fameux Cagliostro ne peut tenir à l'or, Il en fait quand il veut... et la dot de Cécile , Qu'il vient de recevoir... est, je le vois, par lui Rendue au chevalier !

CAGLIOSTRO, à part, avec colère.

Ah ! c'est un peu trop fort !

CORILLA, bas, à Cagliostro.

Balzamo, je le veux!

LE CHEVALIER, s'inclinant d'un air railleur, à

Cagliostro.

Vraiment, monsieur le comte?

CAGLIOSTRO, balbutiant.

Oui:

| A part.)

Il le faut, morbleu bitn !

(Haut, et tirant noblement le portefeuille de sa poche.) La voici ! la voici !

CHOELli.

O vertu sublime !

Mortel généreux !

Que la terre estime A l'égal des dieux '

CORILLA

Écoulez! écoutez! ce n'est rien !...

CAGLIOSTRO, avec impatience.

C'en est trop !

CORILLA , avec emphase.

Le grand, le vertueux, le divin Cagliostro!... CAGLIOSTRO, vivement.

Ah ! ma modestie est trop grande Pour en écouter plus... Assez, je le commaude i

(La magnétisant pour l'éveiller.) Assez ! assez!

(A part.) Satan femelle !

(Haut.) Éveille-toi !

Je te l'ordonne!...

CORILLA, ouvrant les yeux avec peine, comme quelqu'un qui a long-temps dormi , et affectant une grande surprise.

Où suis-je ! et qu'est-ce que je voi ? CÉCILE et le CHEVALIER, à sa gauche.

Ceux qui vont, grâce à vous, s'adorer sans entrave...

CAGLIOSTRO

:u CAGL

CAG1 IOSTRO, à >a droite, bas.

Kt ton maître irrité qui reprend son esclave !

CORILLA, de même.

Pesl ce que nous verrons!...

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