‹ JudithChapitre 342 sur 547 · ACTE II , SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE IX

ASPASIE

Il a une femme jeune et jolie...

VICTOR

Qui habite la caserne avec lui.

ASPASIE

Oh! alors, tout n'est pas désespéré... et il y a peut-être pour vous un permis de sortir... (Montrant le petit carton qu'elle a déposé au fond.) dans ce carton-là.

VICTOR

Bah!

EDMOND

Qu'est-ce donc ?

ASPASIE

Un amour de bonnet à la Charlotte!... (Le montrant.) Voyez plutôt... hein?., comme c'est léger, comme c'est coquet!.. Votre colonel n'y résistera pas.

Si c'était un kolback, à la bonne heure!., mais un bonnet de femme !

ASPASIE

Eh ! Messieurs, raison de plus!..

Ain de Teniers.

Ces grands pensers de bataille et de gloire Auxquels en France on se plait à rêver, Sous son kolback, connu de la victoire, Dn colonel sait toujours les trouver.

Mais les doux seutimens de l'âme, Pensers d'amour, clémence, et cœtera...

C'est sous le bonnet de sa femme Qu'un colonel doit prendre tout cela.

Attendez-moi là, je reviens dans l'instant. (Elle sort en courant avec son carton à la main.)

EDMOND, voulant la retenir.* Aspasie! Aspasie!

VICTOR, émerveillé.

Elle ne doute de rien !

EDMOND

Elle va me compromettre avec le colonel... un entêté qui l'enverra promener!.. Et Céline qui m'appelle, qui m'attend... Que faire? mon Dieu!..

Victor , s'asseyant à gauche.

Veux-tu fumer un cigare?.. J'ai toujours éprouvé que clans les grandes douleurs...

EDMOND

Ah! laisse-moi... (A lui-même.) Cette lettre que j'avais commencée... Ah! oui, qu'elle sache du moins que je ne pourrai survivre à sa perte.

(Il entre dans sa chambre à droite, vis-à-vis celle de Victor.)

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