‹ JudithChapitre 343 sur 547 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

VICTOR; puis, LE GUIDE.

VICTOR, seul d'abord.

Tu ne veux pas fumer?.. (Se levant.) Ça va si bien à la mélancolie;,,, Il est rentré.., pau-

* Victor, Edmond,

vre garçon!.. (Allumant son cigare.) Il ne sait pas supporter comme moi... les angoisses de l'amour... (Fumant et buvant un verre de punch.) Ma cousine ne me verra pas aujourd'hui... c'est un malheur...

LE guide, entrant. * Mon officier...

VICTOR

Hein?

LE guide.

Li être là... encore ein choli tame !

VICTOR

Avec un cachemire?

LE GUIDE

Naine!., elle tit qu'elle être fotre barente. VICTOR , à lui-même.

Ma parente!., ma cousine Lucrèce peut-être! Oh! inspiration !.. elle a deviné que j'étais aux arrêts... et elle vient elle-même... Il n'y a que les femmes pour ces sortes d'à-propos... (Haut.) Fais entrer, Péter mann, fais entrer.

LE guide , se grattant l'oreille.

Ya... Mais la golonel maure défentu de rccefoir ein seule femme... et en v'ià décha teux.

VICTOR

Eh bien ?

LE GUIDE

Eh bien?

VICTOR

Il t'avait défendu d'en recevoir une, et en voilà deux... donc, tu es en règle, tu ne risques rien.

LE GUIDE

Ah! ya... ya!.. c'est chiste, che avais pas pien gompris.

VICTOR

Eh ! vite, va me chercher ma cousine.

LE GUIDE

Lafoilà!..

(Il se retire après que Mme Duperron est entrée.)

Mmc DUPERRON, avec un voile à l'Iphigénie sur les épaules ; VICTOR.

VICTOR, courant à elle. C'est vous, mon aimable parente?.. (Jetant son cigare.) Pardon... votre cœur vous a dit que j'avais besoin de consolations... et vous accourez toujours bonne et sensible.

Mme DUPERRON.

Je venais faire une visite à Mme d'Eperval, la femme de votre colonel... lorsque j'ai entendu cette défense singulière... J'ai pensé qu'il me serait permis, en passant, de dire bonjour à un jeune cousin qui m'est recommandé , et dont je suis le mentor.

VICTOR, lui baisant la main.

C'est clair... on a une famille ou on n'en a pas.

Mme duperron, regardant autour d'elle.

Ah! bon Dieu ! mais c'est affreux, une caserne ! les quatre murs !

* te Guide , Victor.

LA FILLE DE FIGARO

VICTOR

L'ameublemeut est simple... mais on n'y reçoit jamais de dames... (Tendrement.) Vous êtes la première...

M" DUPERRON

Vraiment ?

victor, lui haisant encore la main.

Pouvez-vous en douter?., la consigne est d'une sévérité... Et, d'ailleurs, mon amour suffit pour nie défendre... (Lui montrant une chaise à droite.) Vous le voyez, c'est là (pie, seul et loin du inonde, je me nourris de souvenirs d'espérances... (A part.) Ah ! diable ! le punch qui est resté... (Haut.) C'est là que je pense au seul objet...

Mme duperron, lui mettant la main sur la bouche.

Taisez-vous, menteur !

VICTOR

Parole d'honneur !

M"" duperron, minaudant.

En vérité , Victor, vous êtes d'une folie qui ne ressemble à rien... Si l'on vous entendait...

VICTOR

Il n'y a que les quatre murs... (Lui tenant la main.) Et dites-moi, charmante cousine, est-ce que vous ne m'accorderez pas un petit dédommagement?

Mme DUPERRON , lui souriant.

J'y ai déjà pensé... Si vous êtes sage, vous m'accompagnerez ce soir à ce bal masqué où doit se trouver tout Taris ; je vous aurai une invitation. Mon mari, M. Duperron , tout entier a ses occupations du ministère, n'y peut venir...

VICTOR, lui baisant la main.

Ah!., comment se porte-t-il, le cousin?

Mme DUPERRON.

La question est heureuse !.. (Haussant les épaules.) Faut-il le demander?.. Les maris se portent toujours bien. Je vais aHer le relancer dans son bureau, à votre intention.

VICTOR

Pour moi ?

Mme DUPERRON.

Sans doule. Voilà trois mois qu'il me promet votre avancement... je sais qu'il va y avoir une promotion, et je veux qu'aujourd'hui ir.êrue...

VICTOR

•Bonne cousine !

M"" DUPERRON

Vous le voyez, Victor, je ne suis occupée que de vous ; vous seriez bien coupable si votre conduite...

VICTOR

Oh! je vous jure... (Ajpart, apercevant Aspasie de loin.) Dieu! Aspasie qui revient!... Elle pourrait croire...

Mœ* DUPERRON.

Qu'avez-vous?

VICTOR

C'est... l'inspecteur aux revues qui vient de ce côté, ma cousine,

M** DUPERRON

L'inspecteur aux revues.., :Ab! mon Dieu'

s'il me voyait !.. Tout le monde n'est pas obligé de savoir que nous sommes cousins. *

D'autant que cet inspecteur-là est très bavard.

Mme DUPERRON.

Où me cacher?

Victor, montrant la chambre à gauche.

Dans ma chambre!

Mme DUPERRON, choquée.

Dans votre chambre!..

VICTOR, la conduisant.

Pour deux minutes... le temps de m'en débarrasser... Vous trouverez les journaux, des cigares, l'école de cavalerie... Qu'est-ce que je dis donc?.. (D'un ton sentimental.) Et sur la table, un petit souvenir que je comptais vous offrir...

Mme duperron, avec curiosité.

Ah!., quoi donc?

VICTOR

Vous verrez... (a part.) Le cachemire lui fera prendre patience... (Haut.) Allez vite!..

Mm> DUPERRON.

Mais...

VICTOR, brusquement.

Voilà l'inspecteur!... (Il pousse vivement la porte sur elle.) Il était temps!

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