LA COMTESSE, LE COMTE
LE COMTE, avec douceur.
Amélie, je voulais seulement vous faire comprendre...
Oli! vous pouvez parler avec colère, maintenant; votre fille n'est plus là.
LE COMTE
Votre injustice envers Mm0 de Rosenthal...
LA COMTESSE
Mou injustice! Je ne vous parlerai pas de moi; mes chagrins ne vous louchent pas, je le eais ; mais, du moins, vous devriez avoir souci de votre honneur.
LE COMTE
Mon honneur!
LA COMTESSE
Cette femme ! elle vous a fait oublier même la foi que vous devez à votre souverain.
LE COMTE
Arrêtez! Il n'y a pour moi qu'un souverain! c'est l'empereur d'Allemagne. Comme j'ai servi l'électeur Christian VII, je puis servir le régent sans que mon honneur soit intéressé à examiner le testament sur lequel il se fonde pour garder la couronne à une princesse encore au berceau; sans qu'il me faille juger s'il devrait ou non remettre le pouvoir au duc Frédéric-Auguste, inconnu même ù ceux qui conspirent pour lui. Mais l'honneur de mon nom, madame, je mourrais plutôt que de le perdre ! Moi vivant, aucun des miens n'y faillirait, fut-ce ma fille ou ma femme, sans que j'en fisse moi-même prompte et éclatante justice.
LA COMTESSE
Rodolphe, dites-moi que je me suis trompée aussi en croyant à un complet abandon de votre part; dites-moi qu'il suffit encore pour votre ame de mon affection, de l'amour de votre fille, notre enfant, mon orgueil ?
Oui, oui; maisces querelles me sont pénibles... que ce soit la dernière.
LA COMTESSE
Vous serez obéi. (Elle va se rasseoir tristement.)
LE COMTE, à lui-même.
Pauvre femme ! si noble, si vertueuse ! Combien de fois ma conscience... (Il regarde la comtesse.) Elle pleure. (Il s'éloigne lentement vers la porte du fond, il s'arrête, il hésite, puis revient derrière le fauteuil de la comtesse.) Amélie I ta main .. LA COMTESSE, jetant un cri de joie.
Ah!
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