DUPERRON , ASPASIE
DI'perron, qui a jeté le journal etrepris sa plume.
Qu'est-ce que c'est? qu'est-ce que c'est?.. Je n'y suis pas ! 11 est inoui que l'on pourchasse ainsi un pauvre vieillard, accablé de besogne et qui fait tout parlui...(S'adoucissant en reconnaissant Aspasie qui est près de lui.) Tiens ! c'est toi, Pasie.
ASPASIE
Moi-même, espiègle Duperron... Malheureux vieillard!.. (Gaîment.) Vousètesdonc bien changé depuis le petit souper de l'autre jour, chez Barras, où vous vous êtes montré si jeune, si aimable!..
DUPEiUlON , souriant et lui faisant signe de parler bas , en passaiu à droile.
Silence, follette ! silence ! * ne vas pas compromettre ma dignité administrative. Je ne te dirai pas que les murs ont des oreilles... mais, depuis la révolution, on ies fait si minces... (Il va voira droite si personne n'écoute et revient en se frottant les mains.) On t'a donc parlé de notre petite orgie de Crosbois? Le faitestquc j'ai été étourdissant d'esprit et de gaité... Je leur ai chanté toutes les gaillardises de l'ancien régime.
ASPASIE
Si vous n'aviez fait que chanter, encore!.. DUPERRON, d'un air suffisant et lui prenant le
menton.
Qu'ai-je donc fait de plus, syrène?
Vous avez parlé... beaucoup trop parlé.
DUPERRON
De choses et d'autres... comme tout le monde.
ASPASIE
Du tout! vous vous êtes laissé entraîner!., et, dans la chaleur de la discussion et... du Champagne , vous avez dit que la France n'aurait ja-
* Duperron, Aspasie.