ACTE I. SCENE IX
que moi ; mais ce que je vous apprendrai peutêtre, c'est que c'est elle qui, bannie du cercle de la princesse, a , par vengeance, conduit le prince, son époux, tout doucement et tout souterrainement, à un divorce.
LA cOMTESSr, à part.
Oh ! quel abîme il me fait entrevoir ! OTTO.
Aussi ne suis-je des amis de Mmc de Rosenthal que par la crainte d'être compté au nombre de ses ennemis; et s'il m'est permis de hasarder un conseil , croyez-moi, comtesse, quelques griefs que vous puissiez avoir contre elle, sachez la ménager.
LA COMTESSE, a part.
Ah ! pourvu que celle femme ne se soit pas trouvée là. (Haut.) Quand vous avez quitté le comte, Mme dc Rosenthal était-elle auprès de lui ?
OTTO
Elle y était.
LA COMTESSE, à part.
Je tremble !
OTTO
Ah! madame... je comprends votre chagrin, et s'il ne dépendait que de moi... 'Baissant la voix.) Il y a quelque chose que je ne me pardonnerai , \ oyez-vous, que lorsque j'aurai trouvé l'occasion de vous prouver mon dévoûment.
LA COMTESSE
Chevalier, vous êtes un brave jeune homme , mais le dévoùmetit de mes amis ne changera rien a mon sort.
OTTO
Ne perdez donc pas tout espoir. Mme de Rosenthal, après tout, n'est pas aussi dangereuse que vous le pensez; par ses prudes coquetteries, elle vise plutôt à conquérir les imaginations que les cœurs ; puis elle dédaigne et fuit ses triomphes le jour où elle se croit sure de les obtenir. D'ailleurs, le comte a pour vous une trop haute estime...
LA COMTESSE
Je comprends votre généreuse pensée, mais n'essayez pas de me donner une consolation inutile. (A part.) Oh ! comme ma mère tarde à revenir.
(Elle remonte la scène jusque auprès de la porte du fond.)
OTTO, à part.
Pauvre comtesse. Ce que vient de me dire Mme (je Rosenthal m'a irrité... Un inconnu mystérieux découvert par elle dans le parc... qu'estce que cela prouve? Je saurai défendre la comtesse de toute fâcheuse interprétation en forçant le bel inconnu à se faire connaître à moi. LA COMTESSE , à part.
Rien encore!
OTTO
Vous avez l'air inquiet, comtesse?
LA COMTESSE
J'attends ma mère qui est entrée chez M. le comte , et je crains... (Apercevant sa fille qui accourt.) Marie!
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