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SCÈNE VII

LA COMTESSE, puis LE chevalier OTTO.

LA COMTESSE, seule.

Du courage... Oh! non, je n'en ai plus; j'ai perdu jusqu'à l'espérance. Avec quelle anxiété j'attends le résultat de cette entrevue! — Le chevalier Otto !

OTTO, entrant.

Madame la comtesse, j'avais haie de vous présenter mes respectueux hommages... Nous avons à causer de plusieurs affaires graves; d'abord, du bal masqué qui se donne ce soir au château.

LA COMTESSE

Que dites-vous?

OTTO

C'esl à Mmc de Rosenthal qu'appartient cetle idée... Avant de quitter la résidence, elle y a fail elle-même toutes les invitations.

LA COMTESSE

Un bal masqué, ici !

OTTO

Oui, ma foi. Ce gothique manoir va froncer le sourcil d'une singulière façon sous les guirlandes de fleurs, sous les flamboyantes aigrettes de bougies dont ce soir on prétend l'habiller.

LA COMTESSE

Et c'est Mme de Rosenthal...

OTTO

Elle s'était mis en tête que nous danserions chez vous. C'est une femme qui réussit dans tout ce qu'elle entreprend. Mais je m'arrête pour n'en pas dire de mal, attendu que je suis de ses amis. D'ailleurs, que pourrais-je vous apprendre? que c'est une coquette chez qui l'esprit a tué le cœur; qu'elle a fait battre vingt rivaux sans jamais en contenter aucun ; que le commandeur de Neubourg s'est brûlé la cervelle après deux ans d'inutiles soupirs qu'elle avait fait plus qu'encourager; que le plus riche banquier de Dresde, un homme respectable... par ses millions, s'est ruiné en trains d'équipages pour parader sous ses beaux yeux et obtenir, en lin de compte, un éclat de rire pour prix de sa catastrophe...

LA COMTESSE

Mon Dieu!

OTTO

Que , sous les dehors de la plus angélique beauté, c'est bien la femme la plus méchante et la plus haineuse... Vous savez tout cela aussi bien

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