‹ JudithChapitre 433 sur 547 · I.A COMTESSE · texte numérisé non relu

I.A COMTESSE

Dame, il m<> semble que je n'en serais pas jalouse, si je ne l'aimais pas.

LE COMMANDEUR

En voilà bien d'une autre à présent!... Tu aimes ton mari, et tu as signé hier la demande en séparation !

LA COMTESSE

Mais par jalousie , mon oncle; comprenez donc!... car nous en avions parlé de cette demande, et il était bien convenu que ni l'un ni l'autre de nous nr la signerait!... eh bien! cette «invention faite, il me remet cette demande signée de roi!... oh! alors! j'ai compris que bien réellement j'étais trahie... abandonnée!... alors j'ai signé a mon tour...

LE COMMANDEUR

Ma parole d'honneur, vous me ferez perdre la tête!... Mais, malheureuse enfant... mais tu sais

qu'il ne t'aime pas ton mari!... tu me l'as dit toi-même.

Hélas! oui.

LE COMMANDEUR

Tu sais qu'il en aime une autre!

LA COMTESSE

Oh ! mon oncle, ne me dites pas cela!

LE COMMANDEUR

Mais au contraire; mais je te le dirai... mais je te le répéterai sans cesse... car il faut que tu en guérisses de cet amour!

LA COMTESSE

Oh! jamais!... jamais !

LE COMMANDEUR

Jamais!... Mais voyons, ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit... nous battons la campagne.

LA COMTESSE

Oui, et l'heure se passe, et pendant ce temps peut-être le chevalier...

LE COMMANDEUR

Il faut que tu l'envoies chercher.

LA COMTESSE

Oh ! non, mon oncle, non; plus dépareilles imprudences... Envoyez-le chercher vous-même, mais moi, pour sauver ma vie... je ne le ferais pas.

LE COMMANDEUR

Très-bien, Louise, très-bien, tu as raison... Marton ! Où êtes-vous, Marton ?

marton, sortant de la chambre.

Me voilà, monsieur le commandeur.

LE COMMANDEUR

Montez dans mon carrosse, faites-vous conduire chez le chevalier, et dites-lui que la comtesse a besoin de lui parler à l'instant même et l'attend chez elle.

MARTON

Oui, monsieur le commandeur.

Elle sort.

LA COMTESSE

Merci, mon oncle... Oh! si j'échappe de celleci, ce sera, je vous le jure, une leçon pour toute ma v ie.

LE COMMANDEUR

Tiens, j'entends Candale.

LA COMTESSE

Je me sauve, mon oncle... car j'oubliais de vous dire, hier, au bal, il m'a suivie, et je pense qu'il m'a reconnue.

LE COMMANDEUR

Tu crois?

LA COMTESSE

Je n'en suis pas sûre, mais n'importe. Je n'oserais jamais paraître devant lui avant de savoir si je me suis trompée... Je mourrais de honte. Mon oncle, s'il sait tout, tâchez de m'excuser... s'il ne sait rien, silence !

Elle se sauve.

LE COMMANDEUR

Sois tranquille.

UN MARIAGE SOUS LOUIS XV

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