‹ JudithChapitre 457 sur 547 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

CARLO

El alors ce qui diminue bien mon mérite, mes plus jolies cavalincs, mes plus beaux airs deviennenl impuissans pour le calmer. Il n'y en a qu'un dont l'effet jusqu'ici a toujours Oté immanquable.

LA REINE

Celui que tu chantais dans la forêt, le jour de notre première rencontre... Et comment nous acquitter jamais envers loi , notre sauveur?

CARLO

Oh! ne parlez pas ainsi, madame, vous qui avez comblé de vos bienfaits le malheureux paysan, le pauvre organiste, qui l'avez admis dans votre intimité et élevé à un degré de faveur que personne ici ne peut s'expliquer ni comprendre.

LA REINE

Je ferai plus encore! Au milieu de toutes les pompes qui t environnent et auxquelles tu es presque insensible, j'ai parfois surpris des larmes dans tes yeux... je me suis dit : Il pense à sa sœur !... CARLO, vivement.

C'est vrai !

LA REINE

Il souffre de son absence.

C'est vrai !

LA REINE

Et puisque In ne peux nous quitter d'un instant, puisque lu ne peux aller à elle, elle viendra à toi.

CARLO

Est-il possible !

LA REINE

Je la fais sortir de son couvent , je l'attache a ma personne, elle vivra ici.

CARLO

Eh! quand donc?

LA REINE

Aujourd'hui! ce malin. Mais écoute-moi

bien !... Nous sommes soumis dans cette cour aux lois d'une rigoureuse étiquette. On murmure déjà de ce (pic toi, sans nom et sans titres, tu as tes entrées dans nos appartenons. Que serait-ce si nous admettions parmi les femmes de notre maison une fille du peuple, une ouvrière?... CARLO, vivement.

Ah ! je ne dirai à personne qu'elle est ma sœur, je vous le jure!

LA HEINE

Elle sera dona Thérésa de Belmonte , c'est le titre que je lui donne et qu'elle gardera ! La reine d'Espagne peut anoblir.

CARLO, s'inclinant.

Ah! madame...

Quant a toi, Carlo, puisqu'on tient tant a connaître tes titres, nous te présenterons dés demain à toute la cour comme notre premier maître de chapelle.

CARLO, avec impatience.

El ma sœur, madame, ma sœur!... Vous daignez me dire...

LA REINE

Que le grand-maitre du palais, le comte de Médrano, qui m'est dévoué, a été la chercher ce malin à Notre-Dame-des-Bois , et je lui ai ordonné, pour la soustraire aux regards, de la conduirejusqu'ici par un escalier dérobé et par cette porte secrète où tu l'attendras... et tu l'amèneras dans mon appartement.

CAULO.

Je comprends , madame, et il est d'autant plus utile de cacher son arrivée, qu'il n'y a peut-être qu'une seule personne qui pourrait la reconnaître, et cette personne est justement au palais.

LA REINE

Et qui donc ?

CARLO

Don Rafaël, mon protégé'... celui à qui, il y a trois mois, vous avez daigné accorder ce grade d'enseigne...

Que je lui avais d'abord refusé... et je vois encore son étonnement...

Carlo, à part.

Je crois bien !

LA REINE

En recevant ce brevet.

carlo, à part.

Qu'il a cru venir de l'enfer. (Haut.) Du reste, don Rafaël d'Estuniga s'est bravement conduit... le jeune et timide élève en théologie s'est battu comme un lion ; et le message honorable dont son général l'a chargé prés de Votre Majesté...

LA REINE

Oui, nous l'attendons ce matin.

CARLO

Tout cela prouve qu'il mérite bien quelque récompense.

LA REINE, lui montrant de la main des papiers qui sont sur la table à gauche.

J'y ai déjà songé ; mais toi qui ne demandes ja • mais rien pour toi... tu l'aimes donc bien?...

CARLO

Oui, madame... car il aime ma sœur... il l'aime réellement... et quoiqu'il ne puisse jamais être mon frère... malgré moi et sans le vouloir, je l'aime comme tel...

LA REINE

Silence!... on vient!

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