ACTE II, SCENE VIII
que je la revoie. Ce soir, ce bal est un excellent prétexte. — Un bal ! un bal aujourd'hui ! Chevalier, voyez jusqu'où m'entraîne cet amour : c'est l'anniversaire aujourd'hui de la mort de ma mère, Mme de Rosenlhal, qui l'ignore, a ordonné ce bal, sans m'en prévenir, vous le savez; toute la cour est invitée par elle, et maintenant je ne puis empêcher une fête qui duns ce jour est une profanation. Le bal aura lieu , mais du moins qu'elle y vienne.
OTTO, à part.
Il faut cependant que je l'éloigné. (A mi-voix.) Eh bien , comte , je mettrai pour vous en œuvre la quintessence de ma diplomatie. Je vais faire seller un cheval et je reparaîtrai ce soir, escortant uu joli masque à la portière de son carrosse.
LE COMTE
Ah .' vous me rendez la \ie !
OTTO , essayant d'entraîner le comte.
Reconduisez-moi jusqu'au château pour me donner mes dernières instructions.
LE COMTE
Je n'en ai pas d'autres... Adieu!
OTTO , inquiet.
Vous restez ?
LE COMTE
Oui.
OTTO, à part.
Diable, ceci ne fait pas notre affaire.
LE COMTE
C'est aujourd'hui, je viens de vous le dire, un triste anniversaire pour ma famille, chevalier. Chaque année je viens secrètement à pareil jour méditer quelques instans dans ce pavillon. Otto, à part.
Ciel 1 comment le détourner...
LE COMTE
Au revoir, chevalier.
OTTO, passaut du côté du pavillon.
Non, je ne souffrirai pas que vous alliez vous noircir l'imagination...
LE COMTE
Ne craignez rien.
OTTO
Impossible, vous dis-je. Vous avez besoin d'être gai ce soir pour votre bal... Comte, n'entrez pas, n'entrez pas, je vous en prie.
LE COMTE
Mais pourquoi donc cette insistance?
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