‹ JudithChapitre 538 sur 547 · SCENE IV. C · texte numérisé non relu

SCENE IV. C

Où donc la chasteté prend-elle cet empire, Que devant un regard ma hardiesse expire?

SULPICE

Ainsi vous comptiez trop sur vous-même, tantôt, Quand vous disiez : Je veux Lucrèce; il me la faut. Le cœur vous a failli.

SEXTUS

Qu'elle est fière, Sulpice!

SULPICE

Vos vœux impatients hâtaient l'heure propice, Et, pour les dissiper, il suffît d'un regard? Eh bien ! nous faudra-t-il apprêter le départ , Seigneur? Acceptez-vous la défaite?

SEXTUS

Demeure.

D'étranges souvenirs me viennent, à cette heure. J'entends dans ma mémoire un retentissement Que réveillent la nuit et le recueillement. Cette sombre sibylle... Eh quoi! d'un sot mensonge J'écoute en frissonnant la voix qui se prolonge? Ai-je donc un écho dans ces angles obscurs? On dirait que l'horreur voltige sur ces murs, Et que tous mes esprits s'en pénètrent... Sulpice, Jusqu'où des visions peut aller le caprice! J'entrevis tout à l'heure, ici, vers cet endroit, Une ombre me faisant un signe avec le doigt, Et, si j'avais pu croire à ma vue affaiblie, Sa forme eût rappelé la forme de Tullie. Bah ! Tullie, appelant d'heureux songes, s'endort Dans les bras du sommeil et non pas de la mort. J'aurai prêté ses traits à quelque ombre bizarre. Mais enfin , quand ce sol vomirait le Ténare !

Sibylles, maudissez! Mânes, rassemblez-vous! Je brave votre haine et \ous domine tous. (ASulpice.)

Viens. Je m'enorgueillis de la terreur promise. Les enfers opposés haussent mon entreprise.

FIN DU QUATRIEME ACTE

Page 1