‹ JudithChapitre 9 sur 547 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES, ACHIOR , conduit par des soldats Israélites.

ACHIOR.

Soldats, à vos fureurs Holopherne me livre... Mais moi, pour me venger, je vous demande à

Judith. [vivre.

Approchez-vous, seigneur.

ACHIOR.

Achior est mon nom.

Je commande au déserl tous les enfans d'Ammon. Trahi par Holopherne, à lui rien ne m'enchaîne : Je viens vous apporter le secours de ma haine. Dès long-temps ce héros, jaloux de mes exploits , Cherchait à m'exiler en usurpant mes droits. Hier, dans mes avis retraçant votre histoire, Moi seul j'osais douter de sa prompte victoire. Je disais du Seigneuries secours bienheureux , Je disais que la foi vous rendait dangereux ; Que votre piété bravait tous les obtacles , El que vous combattiez souvent par des miracles. Holopherne à ces mots se prétend offensé : « Ah! dit-il, m'accablant d'un courroux insensé , » La foi des Juifs rendra nos succès impossibles I « Yacombatlreaveceux, puisqu'ils sont invincibles. » Ce que promet leur Dieu, tu l'apprendras de nous » Dès demain , en tombant le premier sous nos

[coups. »

I'. commande. A sa voix, hors du camp l'on m'en-

[traîne.

Je lulte, mais en vain mon sang rougit l'arèns. Au pied d'un lérébinthe ou attache mes bras Et c'est là que honteux m'ont trouvé vos soldais. Je savais votre nom, et j'ai voulu, madame

Dévoua seuls obtenir l'hanneut que je tfrlîimf ; Faites que l'on m'accueille en ces murs assi< Je ne craindrai plus rien si vous dm protège»» JUDITH.

.Mais coanii ni . \ous . seigneur , pouvei-vous me achior. [connaître?

Madame, bien des fois je vous vis apparaître

Comme une ombre plaintive à travers les rameaux. Quand , suivant Holopherne au jardin des lom- J'épiais malgré lui sa douce rêverie. [beaux.

Vous veniez honorer une tombe chérie ; [jours, Et ce maître orgueilleux, pour vous voir tous les Des coteaux de Belma franchissait les détours. L'indigne, il s"eni\rait de l'éclat de vos charmes.. Peut-être ses regards, sans respect pour vos larmes, Auront-ils offensé vos regards inquiets?

Je ne pouvais le voir, Achior; je priais.

ACHIOB.

Depuis ce temps, madame, agité, triste, sombre, Il expie en aimant ses cruautés sans nombre : D se traîne, il languit, faible et le front baissé, Comme un lion mourant qu'une (lèche a blessé. Cet amour le consume en dépit de lui-même...

jiDiTn.

Vous parlez de vengeance, et vous dites qu'il m'ai- 0 Dieu de Débora! j'ai compris ce signal, [me ? J'ai reconnu tes coups dans cet amour fatal ! .Ne peut-on à prix d'or pénétrer dans sa tente?

achior. [dente !

Quoi! vous voulez Craignez une lutte impru-

Holopherne sait feindre un amour généreux.

Un tyran qui veut plaire est toujours dangereux.

Il est noble, il est jeune, et son courage brille ;

Meurtrier d'Arphaxad, il a séduit sa fille.

Il vous faudra braver cette rivalité :

Le pouvoir de Phédyme est encor redouté.

Mais il ne l'aime plus, que puis-je craindre d'elle? Qu'importe un souvenir pour sou rœur infidèle? ' Chez les Assyriens vous avez des amis ?

ACHIOR.

Mes courageux soldats me sont restés soumis. Ah! si l'on m'a bravé, c'est pendant leur absence, Ils reviennent... comptez sur leur obéissance.

Holopherne a pour lui de nombreux alliés ?

ACHIOR.

es rois qu'il a vaincus, jaloux, humiliés, Qui regrettent leur cour et le pouvoir suprême, Que la vengeance...

JIDITH.

On vient... C'est Osias lui-même, Qui des chefs du Conseil doit m'apprendre l'arrêt; Vous, restez, Achior; mais gardez mon secret.

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SCÈNK VII.

Les Mêmes , Oal AS , Prêtres , Soid.uts , Pbuple, l'tMMFs et Serviteurs de jidith.

JUDITH, à Osias.

Ah ! prince, répondez à mon impatience.

ACHIOR, voyant qu'Osias hésite à répondre. Parlez, seigueur, j'ai droit à votre confiance , La haine nous unit contre un tyran cruel, Et le Dieu que je sers est le Dieu d'Israël. Si le nom d'Achior a quelque renommée...

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