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blés et fit couper tous les arbres et toutes les \ignes. La terreur de ses armes se répandit sur tous les habitants de la terre. Alors, les rois et les princes de toutes les contrées circonvoisines lui envoyèrent des ambassades. « Que votre colère , lui dirent ces humbles députés, s'apaise à notre égard. Nous aimons mieux vivre en servant le grand roi Nabuchodonosor, que de nous voir exposés à périr misérablement par le glaive ou par l'esclavage. Toutes nos villes, toutes nos terres, nos collines, nos champs , nos troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres, tous nos chevaux, tous nos chameaux, toutes nos richesses et nos familles sont à votre disposition. Nous serons vos esclaves, nous et nos enfants. Venez à nous comme un maître pacifique , et demandez-nous tous les services qu'il vous plaira. »
Holoterne ne répondit rien ; mais il partit à la tête de sa cavalerie, s'empara de tout le pays et prit dans toutes les villes, pour troupes auxiliaires, les hommes les plus braves et
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les plus propres à la guerre. Telle était la frayeur qu'il inspirait, que les princes et le> personnes les plus honorables de toutes les villes, sortaient au-devant de lui, avec tous les habitants. On lui jetait des couronnes, on le recevait avec des flambeaux, en dansant au son des tambours et des flûtes.
Néanmoins , ils ne purent adoucir la férocité de son cœur. Il détruisit leurs villes et coupa leurs bois sacrés, parce que Nabuchodonosor lui avait commandé d'exterminer tous les dieux de la terre, afin qu'il fût seul appelé dieu par les nations soumises à sou empire. Traversant ensuite la Mésopotamie, Holoferne vint dans l'Idumée , dont il prit toutes les villes. Là, il séjourna trente jours, et réunit toutes ses troupes pour se porter sur la Palestine.
Informés de la conduite d'Holoferne et de ses projets, les Juifs furent saisis de crainte.
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Ils appréhendaient avec raison qu'il ne fit à Jérusalem et au temple du vrai Dieu, ce qu'il avait fait aux autres villes et à leurs temples. En conséquence, ils occupèrent tous les défilés et tous les sommets des montagnes, par où l'ennemi pouvait passer. Ils environnèrent leurs bourgs de murailles et amassèrent des blés pour se préparer à la guerre. A ces moyens de défense commandés par la prudence humaine, ils s'empressèrent d'en ajouter d'autres beaucoup plus sûrs.
Tout le peuple cria vers le Seigneur avec grande instance; et ils humilièrent leurs âmes dans les jeûnes et les prières, eux et leurs femmes. Les prêtres se revêtirent de cilices, et les enfants se prosternèrent devant le temple, et on couvrit d'un cilice l'autel du Seigneur.
Alors Éliachim, le grand prêtre, parcourut tout le pays, disant aux enfants d'Israël : « Sachez que le Seigneur exaucera vos vœux, si vous persévérez dans le jeûne et la prière. Souvenez-vous de Moïse qui , non
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par le fer, mais par de saintes prières, dédl Amalec, confiant en sa force, en son armée, en ses boucliers, en ses chariots et en ses cavaliers. C'est ainsi qu'il en sera de tous les ennemis d'Israël , si vous persévérez dans l'œuvre que vous avez commencée. »
Réfoxion. — Les ravages et les cruautés d'Holoferne sont une faible image des calamités de tout genre qui attendent les nations devenues, par leur faute , la proie du grand homicide. Quant à ces princes et à ces peuples, que la crainte fait tomber aux genoux du barbare vainqueur et qui se donnent à lui en qualité d'esclaves, ne représentent-ils pas au naturel ces foules d'hommes et de femmes de tout rang , de toute condition et de tout pays, qui sacrifient et qui sacrifieront leur conscience, leur liberté, leur dignité à la crainte de perdre ce qu'ils ont, ou au désir d'avoir ce qu'ils n'ont pas? Frère, sœur, ami, parent , compatriote de ces malheureux déserteurs de la foi, je suis exposé aux mêmes tentations. Mon devoir est d'imiter Israël et de demander miséricorde. En priant pour les nations actuelles, menacées
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de si grands maux , c'est pour moi-même que je prie et pour ce que j'ai de plus cher.
Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.
0 Marie, secours des nations, priez pour l'Angleterre.
Pratique. — Faire une bonne confession.
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Achior.
Cependant Holoferne s'était remis en marche. Déjà il avait passé les frontières de la Palestine et se trouvait à peu de distance d'unevilleforte de la Galilée, appelée Béthulie. Apprenant que les enfants d'Israël se disposaient à lui résister, il en fut transporté de colère. Sur-le-champ, il appelle les princes deMoab et les chefs des Ammonites qui s'étaientrendusàiui. ((Apprenez-moi, leur dit-il, quel est ce peuple qui occupe les montagnes ; quelles sont leurs villes et quelle en est la force et le nombre ; quelle est la puissance de ce peuple, leur multitude et le général de leur armée. Dites-moi aussi pourquoi ils sont les seuls entre tous les peuples de l'Occident, qui nous méprisent et qui ne sont point venus au-devant de nous. p(»ur nous recevoir pacifiquement. »
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Alors Achior, roi des Ammonites, lui répondit : « Seigneur, si vous daignez m'écouter, je vous dirai la vérité touchant ce peuple qui habite les montagnes, et nulle parole fausse ne sortira de ma bouche. Ce peuple est de la race des Chaldéens. Il habita d'abord la Mésopotamie, parce qu'ils ne voulaient pas adorer les dieux de leurs pères, qui demeuraient en Chaldée. Ayant renoncé à la pluralité des dieux, ils adorèrent le seul Dieu du ciel, qui leur ordonna d'aller habiter à Gharan (1). Mais une famine ayant désolé tout le pays, ils descendirent en Egypte, où ils se multiplièrent dé telle sorte, que leur multitude devint innombrable.
(( Comme le roi d'Egypte les traitait avec dureté et les accablait de travaux pour bâtir
(I) Aujourd'hui Haran, ville de Mésopotamie, célèbre p;ir le séjour d'Abraham.
ACUIOR. il
ses villes, ils crièrent vers leur Dieu, (jui frappa de dill'érentes plaies toute la terre d'Égyple. Lorsque les Égypliens leur eurent permis de se retirer, le Dieu du ciel leur ouvrit la mer Rouge., qu'ils traversèrent à pied sec. Les Egyptiens, s'élant mis à leur poursuite, furent tellement ensevelis dans les eaux, qu'il n'en resta pas nn seul pour apprendre cet événement à leurs descendants. Après être sortis de la mer, les enfants d'Israël traversèrent les déserts de Sina, vainquirent tous les rois chananéens, et s'emparèrent de leurs villes et de leurs terres, qu'ils habitent aujourd'hui. Personne n'a pu vaincre ce peuple, si ce n'est lorsqu'il a abandonné son Dieu.
« Maintenant donc, seigneur, informezvous si ce peuple a fait quelque chose contre son Dieu. Si cela est, allons les attaquer, parce que leur Dieu vous les livrera. Mais si ce peuple n'a point offensé son Dieu, nous ne pourrons leur résister. Leur Dieu prendra leur défense, et nous deviendrons l'opprobre de toute la terre. »
Le discours d'Achior blessa au vif l'orgueil d'Holoferne qui, s'adressaut à Achior.lui dil : « Parce que lu as fait le prophète, en nous disant que le Dieu d'Israël sera le défenseur de son peuple, je te ferai voir, moi, qu'il n'y a point d'autre dieu que Nabuchodonosor. Tu le sauras, lorsque le fer de mes soldats te déchirera les flancs et que tu tomberas percé de coups, parmi les blessés et les morts d'Israël. Et pour que tu connaisses le sort qui l'attend, tu vas être, dès ce moment, joint à ce peuple, afin que, lorsque nous les aurons tués comme un seul homme, tu périsses toimême avec eux. »
Là-dessus, Holoferne commande à ses gens de prendre Achior, de le mener à Béthulie cl de le livrer aux Israélites. Un peloton de soldats se saisissent d'Achior et prennent leur chemin à travers la plaine. Mais comme ils ajjprochaient des montagnes, sur lesquelles la
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ville était bâtie, les frondeurs israélites sortirent contre eux. A leur aspect, les gens d'Holoferne se détournèrent du côté de la montagne et lièrent Acliior à un arbre, par les pieds et par les mains. Ainsi attaché avec des cordes, ils le laissèrent là, et retournèrent vers leur maître. Les frondeurs israélites vinrent au lieu où il était. Ils le délièrent et le conduisirent dans la ville.
Réflexion. — Comme Holoferne et ses officiers se moquèrent des prédictions d'Achior el qu'ils voulurent le faire mourir pour avoir dit la vérité ; nos ennemis, les ennemis de l'Église et des peuples, ne manqueront pas de se moquer de nos prévisions. Ils prendront môme nos conseils en mauvaise part. Nous leur serons à charge. Notre vue même les fatiguera; et, dans leur pensée, ils se promettront de nous faire disparaître, avec le christianisme, au jour de leur victoire. Laissonsles méditer leurs sinistres projets. Seulement ayons soin de nous tenir bien avec Dieu. Le Tout-Puissanl, toujours lidèle à ses piomesses, montrera qu'aujourd'hui comme autrefois, il sauve ceux qui espèrent en lui
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et confond les orgueilleux qui se contient en eux-mêmes.
Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.
0 Marie, secours des chrétiens, priez pour l'Espagne.
Pratique. — Attaquer avec courage la passion dominante.