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Achior lut conduit sur la grande place de Béthulie. Là, environné de tout le peuple, on lui demanda pourquoi les Assyriens l'avaient abandonné, lié de la sorte. Ildit ce qu'il avait l'épondu aux questions d'Holoferne, et comment celui-ci, transporté de colère, avait commandé qu'on le mît entre les mains dei> Israélites, afin qu'après sa victoire, il le fît périr dans les supplices avec tous les Israélites, parce qu'il avait dit que le Dieu du ciel serait leur défenseur.
(Juand Achior eut parlé, tout le peuple se prosterna le visage contre terre, et tous ensemble, mêlant leurs cris et leurs larmes.
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adressèrent au Seigneur cette prière : « Dieu du ciel et de la terre, regardez leur orgueil ; voyez notre abaissement et considérez l'état, où sont réduits vos saints. Montrez que vous n'abandonnez pas ceux qui mettent leur confiance en votre bonté, et que vous humiliez ceux qui présument d'eux-mêmes et se glorifient dans leurs propres forces. »
Ayant ainsi prié durant tout le jour, ils dirent à Achior : « Le Dieu de nos pères, dont vous avez annoncé la puissance, vous en récompensera, et vous rendra vous-même témoin de la ruine de nos ennemis. » Le soir étant venu et le jeûne fini, Ozias, chef du peuple, reçut Achior dans sa maison et lui donna un grand souper auquel il imita tous les anciens. Puis, on passa la nuit en prières.
t)ès le lendemain, Holoferne donna ordre à ses troupes de marcher contre Béthulie.
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Grâce aux recrues forcées qu'il avait faites sur la route, il se trouvait ;\ la tète de cenl soixante-dix mille hommes d'infanterie et do vingl-deux mille hommes de cavalerie. En suivant, non sans peine, le flanc des montagnes, toute cette armée finit par arriver au sommet le plus élevé, vis-à-vis de la grande plaine de Dothaïn et d'Esdrelon. La plaine d'Esdrelon est célèbre par les batailles dont ôlle fut plusieurs fois le théâtre. Dothaïn n'est pas moins célèbre. C'est là que Joseph lut vendu par ses frères aux marchands Ismaélites.
Quant à Béthulie, c'était une ville de moyenne grandeur, située dans la Galilée et appartenant à la tribu de Zabulon. Assise au sommet escarpé d'une montagne et environnée de précipices, elle était regardée comme imprenable.
A la vue de cette multitude qui couvrait toutes les hauteurs, les Israélites eurent recours à leurs armes ordinaires. Ils se prosternèrent devant Dieu, la tète couverte de cen-
(Ires, et le conjurèrent de faire éclater sa miséricorde sur son peuple. Puis, ils firent garder nuit et jour l'étroit défilé qui conduisait à la ville. De son côté, Holoferne en personne vint reconnaître la place, dont il fit le tour. Ayant remarqué que la source dont les eaux abreuvaient Béthulie, arrivait dans la ville par un aqueduc, prolongé hors des murs, il le fit couper.
Il y avait néanmoins des fontaines peu éloignées des remparts, où les assiégés allaient furtivement chercher de l'eau, plutôt pour soulager leur soif que pour l'apaiser. Les Ammonites et lesMoabites, qui faisaient partie de l'armée d'Holoferne, s'en étant aperçus, lui dirent : « Voulez-vous vaincre les Israélites sans combat ? mettez des gardes près des fontaines, pour les empêcher d'y puiser de l'eau, et vous les ferez mourir de soif, ou les forcerez à se rendre. »
Ce conseil plut à Holoferne. Une compagnie de soldats fut placée près de chaque fou-
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taine. Cette garde ayant duré vingt jours, lûutes les citernes et les réservoirs qui étaient dans la ville furent mis à sec, il ne restait pas ;\ Béthulie de quoi donner à boire un seul jour aux habitants. Déjà on distribuait l'eau par mesure. Dans cette extrémité, tous les habitants vinrent trouver Ozias, chef du peuple, et lui dirent : « Nous vous en conjurons devant le ciel et la terre, livrez incessamment la ville à Holoferne^ et faites-nous trouver une mort prompte par l'épée, au lieu de cette mort lente que la soif, qui nous brûle, nous fait souffrir. »
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A ce discours succédèrent les gémissements et les cris de toute la multitude. Prolongés pendant plusieurs heures, ils finirent par cette ardente prière au Dieu d'Israël : <( Seigneur, nous avons péché; mais ayez pitié de nous, parce que vous êtes bon. Chàtiez-nous vousmême, et n'abandonnez pas ceux qui vous connaissent à un peuple qui ne vous connaît pas, de peur qu'on ne dise parmi les nations: ( )ii est leur Dieu . » Alors Ozias, proshM'ué lui-
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même devant Dieu, se leva, le visage baigné de larmes, et leur dit : « Ayez courage, mes frères; attendons encore pendant cinq jours la miséricorde du Seigneur. Si. jusque-là, il ne nous vient pas de secours, nous ferons ce que vous avez proposé, n -
Réflexion. — Comme Béthulie, TÉglise et les nations chrétiennes sont aujourd'hui environnées d'ennemis, qui joignent la ruse à la violence. A l'exemple d'Holoferne qui fit couper les eaux de Béthulie, ils s'efforcent par leurs mauvaises doctrines d'ôter la foi au dix-neuvième siècle, afin de lui couper toute communication avec Dieu. Gardons-nous de donner dans le piège. Fermons les yeux pour ne lire ni leurs journaux ni leurs livres. Bouchons nous les oreilles pour ne pas entendre leurs blasphèmes. Prions, au contraire, avec plus d'instance ; et, plus patients que les habitants de Béthulie, ne fixons pas à la miséricorde divine un terme au delà duquel nous cesserons de l'invoquer. La grâce a ses moments : attendons-les avec confiance.
Invornf/'o)}>^. — Épargnez, Seigneur, épar-
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gnëz votre peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.
Marie, secours des chrétiens, priez pour l'Italie.
Pratique. — Faire chaque semaine une fervente communion pour l'Église et pour le monde.
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Judith.
La résolution de se rendre ne tarda pas à être connue de celle qui devait être l'héroïne de Bétbulie et la libératrice de son peuple : celte femme était Judith. Issue d'une des principales familles de la ville, Judith était une jeune veuve qui avait perdu son mari depuis environ trois ans. Pénétrée du néant des choses de ce monde, elle s'était préparé au haut de sa maison un appartement secret, où elle vivait retirée avec ses servantes. Elle portait le cilice et jeûnait tous les jours de sa vie, excepté les jours de sabbat et des fêtes de la maison d'Israël. Elle était parfaitement belle et jouissait d'une très-grande fortune. Tout le monde l'estimait, parce qu'elle servait fidèlement le Seigneur, et il n'y avait personne qui dît d'elle le moindre mal.
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Ayant donc appris qu'Ozias avait promis de livrer la ville dans cinq jours, elle envoya quérir quelques anciens du peuple. Ils vinrent, el elle leur dit : c Qu'est-ce que cette résolution qu'a prise Ozias de livrer la ville aux Assyriens, s'il ne vous venait pas de secours dans cinq jours ? qui ôtes-vous pour tenter le Seigneur ? Ce n'est pas là le moyen d'attirer sa miséricorde, mais plutôt d'exciter sa colère. Vous avez prescrit à Dieu le terme de sa miséricorde, et vous lui avez marqué un jour, selon qu'il vous a plu. Mais le Seigneur est bon : faisons pénitence de cette faute même, et implorons sa miséricorde avec beaucoup de larmes. Souvenons-nous que Dieu ne menace pas comme un homme. Si le repentir ne les arrête, ses menaces s'exécutent.
« Prions le Seigneur avec confiance de nous faire sentir, en la manière qu'il lui plaira, les effets de sa miséricorde. Il le fera d'autant mieux que nous n'avons pas connnis les pé-
chés de nos pères. Ils abandonnèrent le Seigneur pour adorer des dieux étrangers. Pour nous, nous ne connaissons d'autre Dieu que lui. Maintenant donc, mes frères, comme vous êtes les anciens du peuple, et que leur vie dépend de vous, parlez-leur de manière à relever leur courage, leur rappelant que nos pères ont été tentés pour éprouver s'ils servaient Dieu véritablement. »
Les anciens répondirent à Judith : a Tout ce que vous avez dit est véritable, et il n'y a rien à reprendre dans vos paroles. Nous vous supplions donc de prier vous-même pour nous, parce que vous êtes une femme sainte et craignant Dieu. » ludith ajouta : « Comme vous reconnaissez que ce que j'ai pu vous dire est de Dieu, éprouvez aussi si ce que j'ai résolu de faire vient de lui. Priez-le de m'affermir dans le dessein que j'ai formé. Je ne vous en dis pas davantage. Tenez-vous seulement cette nuit à la porte de la ville. »
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Lorsque les anciens se furent retirés, Judith entra dans son oratoire. C'était à la chute du jour, au moment où s'ofFrait à Jérusalem le sacrifice du soir. Dans les calamités qui menacent tout un peuple, il convient que les prières particulières se joignent aux prières publiques. A cette union est attachée une efficacité puissante, selon la promesse de Notre-Seigneur : Là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux. La sainte veuve se revêtit d'un cilice, se couvrit la tête de cendres, et, se prosternant devant le Seigneur, elle lui adressa la prière suivante. Nous la lirons non-seulement de bouche, mais de cœur ; non-seulement aujourd'hui, mais chaque jour de ce mois consacré à la divine Judith : nulle autre n'est mieux appropriée à nos besoins.
« Seigneur, Dieu de mes pères, assistez-moi dans ce moment, moi faible veuve, je vous
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en conjure. Souvenez-vous des anciennes merveilles que vous avez accomplies en faveur de votre peuple. Regardez le camp des Assyriens, comme vous daignâtes un jour regarder le camp des Égyptiens, lorsqu'ils poursuivaient vos serviteurs. Vous ne fîtes que jeter un regard sur leur armée et ils se perdirent dans les ténèbres. L'abîme retint leurs pas, et les eaux les engloutirent. Seigneur, que ceux-ci périssent de même, eux qui s'appuient sur leur multitude, et qui ne savent pas que vous êtes notre Dieu, le Dieu des victoires et que votre nom est Jéhova.
(( Faites, Seigneur, que l'orgueil d'Holoferne soit abattu par sa propre épée. Qu'il soit pris par ses propres yeux, comme par un piège, en me regardant, et blessez-le par la grâce des paroles qui sortiront de ma bouche. Donnez- moi assez de constance dans le cœur pour le mépriser et assez de force pour le perdre. Ce sera un monument de gloire pour votre nom, qu'il périsse par la main d'une femme. Dieu des cieux, maître de l'univers, exaucez-moi, pauvre suppliante qui mets toute mi\ conlinnce on votre miséri-