G8 VINGT-SIXIEME JOUR
L'acte de ce roi et la flatterie de ce père montrent ce qu'était la nature humaine dans le paganisme.
Esther, voyant Assuérus bien disposé, lui répondit : « 0 roi, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, je vous conjure de m'accorder, s'il vous plaît, ma propre vie, et celle de mon peuple. Car nous sommes livrés, moi et mon peuple, pour être foulés aux pieds, égorgés et exterminés. Plût :i Dieu qu'on nous vendît, hommes et femmes, comme esclaves ! Ce mal serait supportable et je le souffrirais en silence. Mais l'extermination de tout un peuple par notre ennemi, cst.un acte de barbarie qui retombe sur le roi. »
11 est facile, non, il est impossible de comprendre l'impression que produisirent sur Assuérus les paroles d'Esther. Néanmoins, on se figure sans peine qu'il dut se dire à lui-même : « Est-ce un rêve ? (Juoi ! Esther que voilà sous mes yeux ! la reine Esther, si
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tendrement aimée, est condamnée à mort ! Et je n'en sais rien ! Par dévouement pour moi, elle consent à être renvoyée de mon palais et vendue comme esclave : elle me demande seulement grâce de la vie ! Quel est cet étrange mystère ? »
Aman le comprit aussitôt, et on peut juger de sa frayeur. Il apprenait qu'Esther était juive et que, enveloppée comme telle dans l'édit d'extermination qu'il avait surpris à Assuérus, elle demandait grâce de sa vie. Il voyait que non-seulement cette grâce lui serait accordée ; mais que le décret de proscription serait rapporté et que toutes ses machinations allaient tourner contre lui. C'était le commencement des douleurs.
La scène ne larda pas à devenir bien autrement saisissante. Reprenant la parole, Assuérus dit : « Qui est celui-là? et qui est assez puissant pour oser faire ce que vous dites ? » Esther répondit : « Le cruel ennemi qui a juré notre perte, c'est cet Aman. »
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A ces mots, Aman demeura interdit, ne pouvant supporter les regards du roi et de la reine. Assucrusse leva en colère et, étant sorti de la salle du festin, il entra dans le jardin du palais. Aman se leva aussi de table et se jeta à genoux, pour supplier la reine Estlier de lui sauver la vie. Assuérus, étant rentré dans la salle du festin, trouva Aman penché sur le lit de table, oîi était Esther, et il dit : « (Juoi ! il veut même faire violence à la reine, en ma présence et dans ma maison ! »
A peine cette parole fut sortie de la bouche du roi, que les chambellans s'emparèrent d'Aman et lui couvrirent le visage, comme cela se pratiquait à l'égard des criminels condamnés à mort. Alors Harbona, un des ofliciers de service, qui avait été avertir Aman de venir au festin de la reine, dit au roi : «11 y a, dans la maison d'Aman, une potence de cinquante coudées de haut, qu'il avait fait préparer pour Mardochéc, le sauveur du roi. »
in'NITION r.'AMAX. 17 1
A'^siu'-rns dil : « Qu'Aman soil pcndn. d
Aman Ctil donc pendu à la potence qu'il avait fait préparer pour Mardoehée, et la colère du roi s'apaisa. La potence fut plantée à une des portes de la ville, afm que le supplice lut plus ignominieux et que tous ceux qui entraient et qui sortaient vissent suspendu à un gibet, celui qui hier encore voulait se faire adorer comme un dieu .
Réjlexion. — Pour éprouver la confiance de ses enfants et faire éclater sa gloire, Dieu laisse quelquefois monter la puissance de ses ennemis, au point que leur triomphe paraît assuré. Mais quand l'heure est venue, Dieu se lève et tout change. C'est ainsi que, dans un seul jour, Aman voit tous ses projets renversés et lui-même, tombé du faîte des grandeurs, porte la peine de son orgueil et de sa cruauté. Tout cela se fait par l'entremise d'Esthcr.
Croyons-le plus que jamais, c'est par l'intercession de la sainte Vierge, que les ennemis de l'Église, dont l'orgueil s'élève aujourd'hui jus([u'au ciel, seront humiliés et réduits à l'impuissance. Notre devoii-, surinul jicu-