‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 57 sur 72 · VINGT-SIXIÈME JOUR · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME JOUR

Le repas commença et continua même pendant quelque temps, sans que rien fît pressentir la catastrophe par laquelle il devait se terminer. Estlier attendait le moment iavorahle de parler au roi. Lui-même la fit naître ; car il n'avait pas oublie qu'Esther lui avait dit la veille : « Demain je ferai connaître mes désirs, » Quand donc Assuérus fut un peu cchaulfé par le vin, il fit à Esther la môme question et la môme promesse que le jour précédent. « Que demandez-vous de moi, Estlier, et que désirez -vous que je fasse ? Quand vous me demanderiez la moitié de mon royaume, je vous la donnerais. »

Pour la seconde fois, rEcrilure remarque qu'Assucrus se laissait échauffer par le vin. Elle ne veut pas dire qu'il buvait avec excès et au point de troubler sa raison. Nous apprenons seulement que les monarques per-

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sans ctaicnl puissants à boire, comme dit ailleurs le Saint-Esprit : Patentes ad hiheu- (hnn. L'histoire rapporte de l'un d'entre eux, le trait suivant. Comme il buvait largement, un de ses plus chers courtisans se permit de l'engager à se modérer, ajoutant que l'ivrognerie était honteuse surtout dans un roi, sur qui tous les regards sont fixés.

(( Afin que lu saches que je ne bois jamais avec excès, répondit le monarque, je vais le prouver qu'après de copieuses libations, j'ai l'œil et la main aussi sûrs qu'avant. » Et il se mit à boire plus que de coutume et dans des coupes plus larges, (juand on le crut dans un état d'ivresse, il commanda au jeune fils du courtisan d'aller se placer hors de la salle du leslin, et de se tenir debout, la main gauche placée sur la tête. Le roi tend son arc en disant : Je vise au cœur; et il envoie sa llèche droit au cœur du jeune homme. Puis, retirant la llèche, et la montrant au père, il lui dit : (( Crois-tu que j'ai la main assez sûre?» L'j père répondit : c( Un dieu ne tirerait pas plus juste. »

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