‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 60 sur 72 · VINGT-SEPTIEME JOUR · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIEME JOUR

lui avait avoué qu'il était son oncle. Aussitôt il devint le favori d'Assuérus, son premier ministre, son confident le plus intime et son conseiller le plus sûr. Comme insigne de cette haute dignité, le roi prit l'anneau qu'il avait fait ôler à Aman et le donna à Mardochée. C'était ce même anneau royal, dont le perfide ministre avait scellé l'édit d'extermination contre les Juifs. De son côté, Esther établit Mardochée intendant de sa maison. Toujours reconnaissante et soumise, la bonne princesse voulut avoir, dans l'éclat de sa gloire, pour l'homme de sa confiance, celui qui avait nourri son enfance, dirigé sa jeunesse et contribué si puissamment à son élévation.

Il semble qu'Esther n'avait plus rien à désirer. Mais à l'àme où règne la charité, les intérêts d'autrui sont aussi chers que les siens. La grande reine n'était donc pas encore satisfaite. C'est pourquoi elle se jeta aux pieds du roi ot le conjura avec larmes

KLKVATION T)K MARnOCUKR. 175

(lo rendre vaine la méchanceté d'Aman, iih d'Agag, en déjouant les machinations qu'il avait formées pour perdre les Juifs. Assuérus lui tendit son sceptre d'or, pour lui donner, selon la coutume, des marques de sa bonté.

Alors la reine, se levant et se tenant en sa présence, lui dit : '( Si j'ai trouvé grâce devant le roi et que m.a demande ne lui paraisse pas importune, je le conjure de vouloir ordonner que les lettres d'Aman, par lesquelles cet ennemi des Juifs avait commandé qu'on les exterminât dans toutes les provinces du royaume, soient révoquées par de nouvelles lettres : car comment pourrais-je supporter la mort et la ruine de tout mon peuple ? »

Après les marques de tendresse qu' Assuérus avait données à Esther et les faveurs insignes dont il venait de la combler, il peut paraître étonnant de voir cette reine bienaimée, se prosterner devant le roi et fondre en larme>^ pour Ini demander le salut de son

Page 1