‹ Judith et Esther, mois de Marie du XIXe siècleChapitre 61 sur 72 · C VINGT-SEPTIÈME JOUR · texte numérisé non relu

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peuple. C'est qu'ici, était le nœud de la difficulté. Suivant les lois inviolables des Perses et des Mèdes, un décret scellé du sceau du roi était irrévocable. L'annuler par un autre décret, c'était faire une révolution.

Or, l'édit d'extermination porté contre les Juifs était scellé du sceau du roi. De là vient qu'Esther emploie tous les moyens en son pouvoir, pour toucher Assuérus et lui faire révoquer cet édit. Ce grand prince, qui avait compris la fourberie d'Aman, n'hésita pas à braver les dangers qu'il pouvait courir, afin de sauver les innocents.

II dit donc à la reine et à Mardochée : (( J'ai donné à Esther la maison d'Aman, et j'ai commandé qu'il fût attaché à une potence, parce qu'il avait osé lever la main contre les Juifs. Écrivez donc aux Juifs au nom du roi, comme vous le jugerez à pro-

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pos et scellez les lettres de mon anneau. » Les secrétaires et les écrivains du roi furent donc appelés. Les premiers présidaient à la rédaction des lettres et décrets ; les seconds en faisaient des copies, soit pour être envoyées dans les provinces, soit pour être gardées dans les archives de l'empire. Le roi eut soin de recommander de cacheter les lettres de son anneau, afin qu'elles fussent la révocation authentiiiue de l'édit de proscription.

Les lettres furent dune conçues en la manière que Mardochéc voulut, et adressées aux Juifs, aux grands seigneurs, aux gouverneurs et aux juges des cent vingt-sept provinces du royaume, depuis les Indes jusqu'à l'Ethiopie. Gomme les premières, elles furent écrites en diverses langues et en différents caractères, selon la diversité des provinces et des peuples, afin qu'elles pussent être lues et entendues de tout le monde. Ces lettres écrites au nom du roi et cachetées de son anneau furent portées par des

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courriers montés sur des chevaux fort viles, afin que, parcourant rapidement toutes les provinces, ils prévinssent l'exécution des anciennes lettres par ces nouvelles.

Réflexion. — La réalité est toujours plus parfaite que la figure. Si donc Esther ne se contente pas de faire les choses à demi, à plus forte raison Marie les fait-elle complètement. Il ne suffit pas à Esther d'avoir sauvé sa vie, elle ne fut heureuse qu'après avoir obtenu celle de son peuple. Ainsi, il en est de la sainte Vierge. Assurée de son honneur, elle est pleine de sollicitude pour nous et pour l'Église. Nos ennemis, les ennemis de l'Eglise sont toujours ses ennemis. Nous protéger contre leurs attaques, les humilier et les vaincre, est son occupation constante.

De là vient qu'un saint docteur appelle Marie, la grande affairée du paradis. Nos besoins même temporels ne la trouvent jamais insensible. Qui pourrait compter les affligés qu'elle a consolés, les pauvres qu'elle a secourus, les malades qu'elle a guéris ? Comme Notre-Seigneur sur la croix disait da'ns son amour : J'ai soif des âmes, aifin :

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Mario a soif de faire du bien. C'est lui faire injure, dit saint Bonaventure, de ne pas s'adresser à elle dans le besoin : In te, Domina, peccnnt non solion qui tibi injwiam irroganf, sed etiani qui te non rogant (1).

Catholiques du dix-neuvième siècle, à qui la Révolution ne voudrait plus laisser de place au soleil, implorons avec confiance la divine Eslher, A la vue des dangers qui nous menacent nous et le monde entier, cachonsnous dans son sein maternel ; comme à l'apparition de l'oiseau de proie les poussins se cachent sous les ailes de leur mère : et nous n'avons rien à craindre : 0 Maria, o nomen suh qiio nemini desperandnm.

Invocations. — Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple : ne soyez pas toujours irrité contre nous.

0 Marie, secours des chrétiens, priez pour l'Afrique centrale.

Pratique. — Faire une visite au saint Sacrement.

(\) In sprc, Virg.

XXVIIP JOUH.

Édit en faveur des Juif^;.

Le texte de ce fameux édit est intéressant ri connaître. En avouant que sa bonne foi a été surprise, lorsqu'il a décrété l'extermination des Juifs, Assuérus donne d'abord une utile leçon, non-seulement aux rois, mais encore à tous les supérieurs et même à quiconque se laisse approcher par des flatteurs. Une fois de plus, il justifie cette sentence de l'Écriture : « Celui qui croit vite est léger de cceur et sera dupe : Qui cito crédit levisest corde, et minorahitur (I). »

Nous disons une fois de plus, car, dans tous les siècles, d'éclatants exemples prouvent la sagesse de l'oracle divin. Pour s'être montrés trop crédule, Josué est trompé par les Ga-

(1) Eccii., XIX, 4.

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