‹ Judith et Holopherne, épisode de la première guerre d'Espagne, vaudeville en deux actesChapitre 5 sur 33 · DON GOMEZ, LE COMTE · texte numérisé non relu

DON GOMEZ, LE COMTE

d. gomez. Quel est ce militaire? C'est un Français...

le comte. Un capucin ! ( // ouvre sa redingote et laisse voir deux pistolets à sa ceinture. ) Dans ce pays on ne saurait faire un pas sans trouver une robe de moine... et ce ne sont pas celles-là que j'aime à renconlrer.

d. gomez, à fart. Soyons prudent!

le comte. Révérend père, je me suis involontairement séparé de mes camarades dans la forêt, et je voudrais trouver un guide pour me conduire au village de Kimara.

d. gomez. Vous y êtes, mon frère.

le comte. Vous pourriez alors m'indiquer la demeure d'un certain don Mérinos, où l'on doit avoir préparé des logemens pour le général en chef et sa suite.

d. gomez. Cette maison est celle que vous cherchez.

le comte. En vérité... ( à part. ) Parbleu! voilà un de ces hasards... {haut. ) Mes aides-de-camp doivent être arrivés.

d. gomez, à part. Ses aides-de-camp! (regardant. ) En effet, c'est le comte Arthur lui-même.

le comte. Seriez-vous par hasard, mon révérend, du couvent qui est à l'entrée de la Sierra-Moréna?

d. gomez. Oui, mon frère.

le comte. Vous n'en êtes pas le prieur?

d. gomez. Je ne suis qu'un capucin... indigne.

le comte. Eh bien ! monsieur le capucin indigne... faites savoir à votre chef, s'il l'ignore, qu'un soldat français a été assassiné, cette nuit, aux portes de votre monastère, et que, si pareil attentat se renouvelle, je fais fusiller, une heure après , toute votre communauté.

Air : Aux braves hussards.

La guerre e»t un malheur sans doute, Judith et Holopherne. -

Mais nous la faisons noblement;, Ne nous frayant jamais la route

Qu'au champ d'honneur, en combattant , -

Et le canon nous annonçant. Mais vous , dans l'ombre et le mystère , Vous frappez nos braves soldats :

Le ciel , monsieur, peut excuser la guerre, Il punit les assassinats.

d. gomez. Monseigneur n'a plus rien à m'ordonner.

le comte. Répondez franchement à mes questions... Par qui cette maison est-elle habitée?

d. gomez. Par le seigneur Mérinos.

le comte. Y a-t-il beaucoup de domestiques?

d. gomez. Une vieille servante et une jeune fille.

le comte. Vous ne me trompez pas ?... Jurez-le-moi par votre Rosaire.

d. gomez. Je le jure!... ( à part. ) Lâcfcfc que je suis!

le comte. J'entre dans cette maison, car la fatigue m'accable.

d. gomez. Je vais appeler quelqu'un. ( // appelle à ta cantonade. ) Signora Gorgona, conduisez cet étranger dans l'appartement d'honneur du château.

le comte, regardant ta duègne de toin en riant. Quelle horrible figure! j'aimerais mieux être servi par la jeune fille, mon révérend.

d. gomez. Vos vœux seront exaucés, monseigneur.

le comte. Je vous ordonne d'attendre mes aides-de-camp et de leur annoncer que je suis ici.

d. gomez. Si monseigneur le désirait je courrais au-devant d'eux.

le comte. Non, je vous défends de quitter ce jardin avant leur arrivée. ( Il sort. )

d. gomez. Et voilà celui pour lequel madame la marquise...

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