ACTE II, TABLEAU III, SCÈNE VI
ADA
Elle a tué son amant ! Elle a tué son amant!
Elle a tué son amant!
(On la revoit hagarde, fuyant cette abomination. Mais Judith bondit sur elle et l'entoure de ses bras, couvre son visage de baisers.)
Ada, prends garde ! Ne crie pas ainsi! Tais-toi!
ADA, qui se débat.
Elle a tué son amant !
Rappelle-toi toutes mes bontés, ma clémence.
Elle a...
(Judith lui ferme la bouche.)
Par pitié, ne crie plus! Jolie Ada, tu veux donc me perdre ! (Tombant à genoux.) Non, non, tu ne te tourneras pas contre moi ! Tu m'aimes bien... Je suis celle que tu nommes ta maîtresse chérie. Je suis Yaoudith, dont tu baisais les pieds! |
ADA, sans crier.
Elle a tué son amant !
Ada, ma chère petite Ada, ne sois pas folle ! Que le malheur ne nous vienne pas detoi!.. Il faut traverser l’armée assoupie, s'enfuir vite, vite, avant que le soleil ne luise... Nous grimperons par le chemin de la montagne ! Nous courrons jusqu’à notre Béthulie! Songe à ces pauvres gens... Songe à tous les honneurs que tu partageras avec moi !
(Tenant et caressant sa servante, Judith l'a menée jusqu'à un siège placé près du mât. Elle l'y installe.
ADA, tout bas.
Elle a tué son amant
Attends-moi! Je dois obéir à l’ordre divin.
Attends-moi sans bouger, chère enfant.
ADA, violente.
Non !
Ada !
ADA, qui Fore relevée, qui prend Judith aux épaules.
Sa tête si Dalle. le feu noir de ses yeux, cette
Béusre pleine de désirs.
di UDITH, épouvantée.
ADA
Pas vos mains ! Pas vous !
(Elle la repousse, entre dans l’alcôve.)