‹ JudithChapitre 20 sur 121 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Et son absence!

Son absence... Oui, c'est quelque chose d’être privée tellement, d’être comme le tronçon d’un ver coupé en deux!

ADA

L C'est vrai! C’est joli, maîtresse !

JUDITH, souriant.

Non, non!... Je t'en prie, ne t'arrête pas à cette image détestable! Alors, son absence ?..

ADA

È Mais il n’était jamais"absent!

“à JUDITH.

Non! Car tu le retenais par tous les fils de la tendresse! La tendresse ! C’est elle Ia joie des joies, l'essence de l'amour! N'est-ce pas, Ada?

ADA

Amour signifie : tendresse, AURAS tendresse!

N'est-ce pas, Ada?

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ADA

Oui.

Et le reste, la soi-disant possession n’appartient pas au divin bagage. Ce rapprochement informe s'accompagne des mots de la tendresse, mais par une duperie sacrilège où les deux sexes | sont complices! D'abord, le désir de la femme | n'existe pas. C’est une ivresse factice que le mâle provoque par ses invariables ruses... toute sa parade ridicule, que les animaux exécutent aussi

NA iement que lui! Est-il vrai?

ADA. k Oui. .

À peine Melchias t’avait-il quittée, Le désir, que dis-je! la notion du désir s’éteignait dans ton être. N'est-ce pas ?

ADA

Oh! non...

Si! le désir de son étreinte, de sa chair!

ADA

Non, non, je le voulais sans cesse!

ACTE 1, SGÈNE I

Tu te l’imagines aujourd’hui !

ADA

Non, j'étais folle !

JUDITH, faiblissant.

De regret, Ada, non de désir!

+ ADA

Tout mon corps appelait son corps! Oui, j'étais folle |... Un peu de son odeur demeurée sur moi... (Honteuse.) Maîtresse.

Va, va donc! Son odeur sur toi...

ADA

Ou bien la nuit m'apportait un parfum que nous avions respiré l’un contre l’autre...

ADA

Tout devenait caresse... Ie drap était trop lourd à mes seins... Je défaillais.

(Un long silence. Le corps de Judith ploie comme si elle allait tomber en avant. Enfin, elle relève un visage A douloureux.)

JUDITH. er

As-tu été heureuse tant qu'il a vécu?

ADA. 3

Vous avez été très, très heureux ?

ADA. | ne

Nous avions du souci... Et mon amour était

trop grand !

(Un silence.) JUDITH. | É

C'est le deuxième amant, c'est l’autre, que je ne peux pas concevoir! La vie est assez longue pour de tels recommencements! La passion et la douleur, tout ce qu’une âme peut subir, tu l'as

porté et rejeté. Ton adoré est mort et tu asaimé un autre homme! 4 ADA.

L'ai-je aimé ?... Je ne pouvais plus me passer de l'amour. Me JUDITH, murmurante. È L'amour. | D.

(Un silence.) À

à ADA. \

Je Crois ia que ma belle myltresse s'est moquée de moi!

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