‹ JudithChapitre 21 sur 121 · ACTE I, SCÈNE Il · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Il

Non!

ADA

Que lui importent les sentiments d’une pauvre fille de ferme... et comment ai-je pu raconter mes petites histoires si sottes devant Yaoudith! Je n'ai jamais osé vous le dire, maitresse : quand j entends votre cantique du Sommeil de l’épousée. ou celui du Déchirant souvenir... surtout si votre voix les chante, je ne peux m'empêcher de tomber à genoux et de pleurer! C'est si joli, si... si tendre! Je vous demande pardon, maitresse !

Vraiment, ces petits poèmes t’'émeuvent un peu ?

ADA

C’est bien simple, ils vous révèlent tout ce que votre propre cœur a contenu... Comme vous avez dû aimer et souffrir! Mais vous vous moquez encore, maîtresse ; de plus grands que la pauvre Ada vous ont apporté leurs louanges.

Sans doute, ces vers partent-ils d’une âme passionnée. Il faut bien que je l’admette. Les poètes, les lettrés en font dès éloges d’ailleurs excessifs, et ta nature sensible, mais primitive,

f NEA ASS IPITÉ A AR EL TE AE UE DE NEA SRE PI Ta f SIN Ant CETTE

y retrouve ses sanglots. {Elle se tait.) J'attends une

visite, Ada!

ADA

Saaph ?

Comment l’as-tu deviné ?

ADA

Vous avez souri.

Tu penses qu’il m'aime ?

ADA

Chacun le pense, maîtresse.

Il ne me l’a jamais laissé entendre.

ADA

Quel homme n’hésiterait? Les poètes disent :

« Yaoudith, précieuse comme l’orchidée. »

Enfantillage !

Dans le moindre village de Juda, on dit :

« Sage comme Yaoudith!... » Les plus illustres se trouvent honorés d’être reçus dans cette petite maison.

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