ACTE I, SCÈNE Il
Non!
ADA
Que lui importent les sentiments d’une pauvre fille de ferme... et comment ai-je pu raconter mes petites histoires si sottes devant Yaoudith! Je n'ai jamais osé vous le dire, maitresse : quand j entends votre cantique du Sommeil de l’épousée. ou celui du Déchirant souvenir... surtout si votre voix les chante, je ne peux m'empêcher de tomber à genoux et de pleurer! C'est si joli, si... si tendre! Je vous demande pardon, maitresse !
Vraiment, ces petits poèmes t’'émeuvent un peu ?
ADA
C’est bien simple, ils vous révèlent tout ce que votre propre cœur a contenu... Comme vous avez dû aimer et souffrir! Mais vous vous moquez encore, maîtresse ; de plus grands que la pauvre Ada vous ont apporté leurs louanges.
Sans doute, ces vers partent-ils d’une âme passionnée. Il faut bien que je l’admette. Les poètes, les lettrés en font dès éloges d’ailleurs excessifs, et ta nature sensible, mais primitive,
f NEA ASS IPITÉ A AR EL TE AE UE DE NEA SRE PI Ta f SIN Ant CETTE
y retrouve ses sanglots. {Elle se tait.) J'attends une
visite, Ada!
ADA
Saaph ?
Comment l’as-tu deviné ?
ADA
Vous avez souri.
Tu penses qu’il m'aime ?
ADA
Chacun le pense, maîtresse.
Il ne me l’a jamais laissé entendre.
ADA
Quel homme n’hésiterait? Les poètes disent :
« Yaoudith, précieuse comme l’orchidée. »
Enfantillage !
Dans le moindre village de Juda, on dit :
« Sage comme Yaoudith!... » Les plus illustres se trouvent honorés d’être reçus dans cette petite maison.
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