SCÈNE PREMIÈRE
JUDITH, elle porte une robe très simple. À sa ceinture, une orchidée jaune; ABIGAIL, une jeune femme plus élégamment vétue que Judith.
(Au lever du rideau, elles sont loutes deux étendues
sur le sol, en prières. Mais l’esprit de Judith est agité, is FR
L'on entend ses gémissements, parfois terribles, mélés à des plaintes plus douces, presque enfantines. Cela
s’éleint. Silence, Bientôt elle se redresse à demi. Ellea
un visage égaré. Ses lèvres murmurent les oraisons…. Et puis le désespoir revient : de ses deux poings fermés, elle frappe sa poitrine, son ventre. Une de ces brutalités envers elle-même lui arrache un cri de douleur.
ABIGAIL, sursautant.
Yaoudith! (Elle se lève.) Yaoudith, votre douleur m'effraie. Chère Yaoudith!
JUDITH, indistinctement.
Laissez-moi !
ABIGAIL.
Yaoudith, c'est assez implorer le Seigneur!
Donnons quelque repos à nos pauvres âmes!
Laissez-moi! Laissez-moi!
ABIGAIL.
Non, Yaoudith! Non! Tant de larmes vous feront mourir!... Vous tomberez malade, Yaoudith! Venez, ma chère, je veux vous voir assise. (Elle a glissé sa main entre la chemise et la poitrine de Judith. Elle ramène une large bande de cuir.) Ge cilice est cruel! Il est affreux! Les crins sont bien trop durs...
(Cependant, elle a installé Judith sur le banc et elle mouille un linge à l’eau d’une grande terrine qui esl posée à terre.)
ès