‹ JudithChapitre 54 sur 121 · ACTE II, TABLEAU I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, TABLEAU I, SCÈNE II

marches du trône, à Vagaoo qui parait.) Castrat, regarde l'amour !

JUDITH, confuse.

Mais, Seigneur.

HOLOPHERNE

Qu'il à été long, l'exil! {A Vagaco.) À terre, bête rampante, et adore ma souveraine ! /L'eunuque se prosternè. Holopherne, très agilé, joyeux, va et vient par la pièce.) Tu feras élever, tout auprès de ma tente, une haute tente écarlate. Tu la tendras de voiles de pourpre et d'argent, et d’autres voiles brodés au fil d'Egypte! Il faut en accrocher partout... à profusion. Tu l’inonderas de coussins. Tu la gorgeras de roses de Saron et de roses des bords du ruisseau et de toutes les roses !... Vite, les jardiniers au long des torrents !... (Content de lui.) Ah! ah! ah!... la fleur du grenadier dans des vasques bleues... et dans une grande coupe blanche, quelques nénuphars blancs ! Très peu!

Des tapis sur des tapis! Je veux que ses petits pieds enfoncent dans des reflets. Il me semble que j'oublie quelque chose... Oui!... Que l’on débouche ce vaste albastron.…. celui qui vient des souterrains de mon palais. Tu sais! {A Judith.) C’est du nard, expédié tout droit du golfe du Gange... (A Vagaoo.) Verse-la, toute cette huile épaisse, dans le plus grand de mes... Ah! je suis bête !... Des vases d’or, n'est-ce pas... Les plus gros ! {A Judith,

en gaminerie.) Je Vous demande pardon, on est si dépourvu !.. Et fais du soleil! Fais jouer habilement le rouge et le jaune! Je crois que je n'oublie plus rien... Si j'ai oublié quelque chose, gare à ta carcasse ! Va ! Arrête ! {Vagaoo, qui détalait, s’aplatit.) À l'entrée de ce léger palais, un paon blanc, — la Bienvenue !.. et un des ibis roses à têtes noires que j'ai ramenés de Napata, — le Bonheur! (Quelque pensée mélancolique.) Cette fois, c'est tout. Sauve-toi, chacal ! /Vagaoo a déjà disparu.) Ma Beauté! (Un peu décontenancé : ce batelage n’a fait que divertir Judith.) Pourquoi riez-vous ?.. M'aimerezvous, Judith ?

; JUDITH, qui s’est assise,

Je ne le sais pas encore !

HOLOPHERNE

Oh ! quand le sauras-tu ?

Quand ?... Lorsque cinq jours auront passé!

HOLOPHERNE

Voilà de la précision! Cinq jours d’une impatience comme la mienne !

Me les accordez-vous, Seigneur ?

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