ACTE II, TABLÉAU 1, SCÈNE II
HOLOPHERNE
Je le sais. Mais vous êtes trop riche en tentations! Je ne me méfiais que de mes yeux, 6 parfumée | (Soudain, lout en lui change:) Vous en ai-
mez un autre !
Quoi!
HOLOPHERNE
Vous avez laissé là-haut celui que vous aimez!
JUDITHL.
Que dites-vous ?
Quand J'ai saisi vos deux genoux, j'ai vu votre regard vaciller et s’éteindre.. oui, dans une face soudain toute vieille !... Oh! cela n'a duré qu'une
seconde.
Quelle exagération ! J'étais mécontente, je le reconnais. Je ne suis pas habituée à ces façons!
HOLOPHERNE
Ne jouez pas avec moi! Je connais l'amour, l'amour des femmes. Et je connais très bien aussi le visage du désespoir !
\ | JUDITH, Le désespoir !
HOLOPHERNE, courant à l'entrée, soulevant la portière.
Béthulie, vilain nid de corbeaux, pas un de tes mâles n'échappera !
Seigneur, daignez un instant m'écouter ! J'aime un homme de ma race? C’est cela que vous supposez ?
Je le jure !
Et je suis faite pour bien aimer... aimer follement? Vous le croyez aussi ?
HOLOPHERNE
Oui.
En ceci, vous ne vous trompez pas. Mais, Seigneur, je vous le demande alors, pourquoi ai-je laissé mon amant?
HOLOPHERNE
Hein ?
Par terreur? A l'approche du péril? Oh!
mais non ! Parce que l’iniquité m'est en abomination ? Certes, je marche dans le sentier escarpé du vrai Dieu et je me suis vouée au service de sa