ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE V
(S'arrétant soudain, jetant le cimeterre sur les coussins.) Mais
non. Quelle bêtise!... Je suis ridicule.
Mais.
HOLOPHERNE
Je m’abandonnais comme le premier venu!
L'homme s’agenouille devant son malheur. Sottement, je me faisais votre complice contre moi.
Comment?
HOLOPHERNE
Cette passion qui vous révolte, — prétendezvous! — c’est elle qui m'a asservi la femme, toujours.
JUDITH, souriant.
Alors, je ne ressemble pas à ces belles personnes que « la passion » pouvait asservir.
HOLOPHERNE
Non.
(Un silence.) JUDITH.
J'aime la prière muette... l'attente et sa palpitation triste !
HOLOPHERNE, tout près d'elle.
Jamais d'autre baiser sur cette bouche que
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celui de Manassé, votre époux? Ce n’est guère dans une vie de femme!
JUDITH, qui se moque.
Et la tentation, Seigneur !
HOLOPHERNE
Vous n'avez pas été tentée?
J'ai vécu sur le rocher de Béthulie. Je suis . attachée à ma terre natale, mais savez-vous ce qui respire là-haut, sous ces toitures basses, entre ces murs croulants? |
HOLOPHERNE
Des humains, je suppose.
Des humains, soit! Je n'étais pas née pour ceux-là. J'ai attendu. J’ai attendu... l’Homme- Dieu ! (Faisant une révérence.) Croyez-m'en, Splendeur, Etincelle Sacrée, il n'existe pas.
HOLOPHERNE, sans élever la voix.
Il pullule. Il se promène par les rues, il se cache dans la plus humble bourgade.