ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE V
Seulement, il faut des yeux pour le reconnaître? N'est-ce pas ?
(Un silence.)
HOLOPHERNE
Veux-tu savoir pourquoi tu as quitté Béthulie?
Bon, bon! Moquez-vous de ma lâcheté! Je le mérite. J'ai trahi un grand dessein.
Quel dessein ? Celui de m'abattre ? Jamais tu n'y as pensé sincèrement.
Vous mentez! Vous tirez avantage d’une défaillance incompréhensible... honteuse, je l’admets.…
HOLOPHERNE
Laisse donc ! Que je te révèle pourquoi tu t'es aventurée chez l'ennemi. La raison profonde, la raison ignorée de toi-même. Ton angoisse !
Quoi ?
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HOLOPHERNE
Dans ton intolérable angoisse, tu t'es penchée sur la vallée. Tu as regardé vers celui-ci, vers le Tueur. Oui, le Tueur !... Oh! je vous connais, les femmes! Tu as espéré en moi pour te livrer enfin le secret dont l'ignorance corrompt
ta vie!
Un secret? Je me suis levée au commandement de Dieu et je suis descendue de notre
montagne...
HOLOPHERNE
Tu es descendue de la montagne et tu as couru vers la plaine et ta bouche criait : « Qu'il périsse
de ma main, Holopherne !... »
Oui!
HOLOPHERNE
Et ton âme murmurait: « Holopherne.. »
Je ne comprends pas... Quelle insanité !
HOLOPHERNE
DE Tu es étrangère à l’amour, Judith, mais l'idée :
de l'amour te torture! Tu en formes dans ta tête