‹ JudithChapitre 87 sur 121 · ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE V

Seulement, il faut des yeux pour le reconnaître? N'est-ce pas ?

(Un silence.)

HOLOPHERNE

Veux-tu savoir pourquoi tu as quitté Béthulie?

Bon, bon! Moquez-vous de ma lâcheté! Je le mérite. J'ai trahi un grand dessein.

Quel dessein ? Celui de m'abattre ? Jamais tu n'y as pensé sincèrement.

Vous mentez! Vous tirez avantage d’une défaillance incompréhensible... honteuse, je l’admets.…

HOLOPHERNE

Laisse donc ! Que je te révèle pourquoi tu t'es aventurée chez l'ennemi. La raison profonde, la raison ignorée de toi-même. Ton angoisse !

Quoi ?

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HOLOPHERNE

Dans ton intolérable angoisse, tu t'es penchée sur la vallée. Tu as regardé vers celui-ci, vers le Tueur. Oui, le Tueur !... Oh! je vous connais, les femmes! Tu as espéré en moi pour te livrer enfin le secret dont l'ignorance corrompt

ta vie!

Un secret? Je me suis levée au commandement de Dieu et je suis descendue de notre

montagne...

HOLOPHERNE

Tu es descendue de la montagne et tu as couru vers la plaine et ta bouche criait : « Qu'il périsse

de ma main, Holopherne !... »

Oui!

HOLOPHERNE

Et ton âme murmurait: « Holopherne.. »

Je ne comprends pas... Quelle insanité !

HOLOPHERNE

DE Tu es étrangère à l’amour, Judith, mais l'idée :

de l'amour te torture! Tu en formes dans ta tête

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