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ACTE II, TABLEAU II, SCÈNE V

en appuyant de tout ton poids. Prends-y garde : de tout le poids de ton corps! J’abaisse mes paupières, mais tes yeux doivent surveiller la besogne. Sinon l’arme peut dévier. Ils sont devenus si clairs, tes yeux! Oui, le courage ne t’abandonnera pas. Ma femme !... Fais vite maintenant.

JUDITH, effleurant du doigt la place sur le cou. Là ?

HOLOPHERNE, les yeux clos.

Oui. Tout ton poids ! Je t'aime... Vite!... Je ne crains pas de mourir... C’est cette morsure du fer... Que...

(Il a eu un sursaut formidable. Sans un bruissement de jupe, Judith s'était penchée. Sa bouche est sur la gorge d'Holopherne.

Cette morsure...

HOLOPHERNE, un murmure.

JUDITH, écartant les mains d'Holopherne.

Non! laisse-moi... Ton cou... Je veux cette place de ton cou! cette fontaine de vie... Je veux te mordre encore!

HOLOPHERNE

Tu es beau !

HOLOPHERNE

Tu ne peux pas...

Mes yeux te voient, mon Holopherne. Tu es beau!

HOLOPHERNE, avec foule sa coquetterie, déjà revenue.

Tu te mens à toi-même ! Ton esprit te trompe.

Mettons qu’il me trompe !

Quand tu répéterais millé fois ce nom !.….

Judith... Eh bien, c'est une d’entre toutes les femmes qui, par toi, sont nées à la passion... à l'amour ! |

HOLOPHERNE

Mais tu ne peux m'aimer !

Ne détourne pas tes beaux yeux méchants.

Qu'ils sont beaux, mon grand barbare!

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