‹ Judith Renaudin; drama in cinq actes, sept tableauxChapitre 4 sur 80 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Premier 'ableau.

Un carrefour dans la petite ville de Saint-Pierre, en l’ile d’Oleron. — C’est le matin, au comméntement de l’automne, en l’an 14683. — Au milieu de la scène, le « Poteau de l’Ile », où vient d’être affiché le texte de la Révocation de l’édit de Nantes. Au fond, la maison des Renaudin, les principaux bourgeois de l’ile et protestants : un grand porche s’ouvrant dans un mur blanchi à la chaux; de chaque côté du porche, des bancs de pierre, sur lesquels sont assis des paysans malades ou blessés, avec des bras en écharpe, des mains enveloppées de guenilles; tous ces gens sont immobiles et semblent attendre. Çà et là, par terre, de petits étalages de fruits et de légumes, près desquels se tiennent assises les vendeuses en grande coiffe blanche. Des paysans vont et viennent, apportant des provisions à la ville. D’autres amènent des ânes, chargés de mannequins de vendange. Autour du poteau, un attroupement s’est formé, de gens qui cherchent à lire le nouvel Édit du roi.

Entre Pierre Baudry, le curé de Saint-Pierre-d’Oleron.

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