SCÈNE IV LE CURÉ, LA BENOITE, LEs ENFANTS
LE CURÉ, aussitôt le départ de Raymond, barrant la porte du dehors et 8e hâtant de rouvrir la porte de l’église.
Allons, mes petits enfants, vite à table !... (Frappant presque gäiement dans ses mains.) Oui, oui, c’est bien vous que j'appelle. L’alerte est passée, rentrez tous ! Ramène-les, ma Benoîte, et hâte-toi de leur donner la soupe !
Ils rentrent bruyamment, les aînés s’asseyent à table. La Benoîte assied les plus
petits en les élevant sur des antiphonaires. Confusion d’un instant et tapage.
LA BENOÎTE
Ah! dame, ça l’a fait froidir un peu, votre soupe aux choux, mes petits, vous pensez bien. Mais elle sera bonne tout de même, j'imagine... pas vrai?…. surtout pour toi, mon petit goulu de noiraud, là-bas, hein ?.…
LE CURÉ
Là, fais un peu de silence, ma brave Benoîte, à présent. Il faut qu'ils prient, ces pauvres enfants, avant de prendre leur dernier repas ici, dans cet asile de sécurité d’où ils vont sortir...
LA BENOÎTE
Allons, joignez vos petites mains, tous, et suivez bien les paroles que Monsieur le curé va dire pour vous. Les enfants joignent leurs mains et regardent le prêtre qui prie.
LE CURÉ
« Seigneur Jésus, ayez pitié de nous tous qui allons partir