‹ Judith Renaudin; drama in cinq actes, sept tableauxChapitre 71 sur 80 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

JUDITH, hurmblement.

C’est vrai, mon père.

Elle ge cache la tête dans les mains.

Oh! ma pauvre enfänt! tu as fait ceal... Vois-tu, sans doute, tu as compté encore sur ce charme qui t'a été donné ét que tu connais trop, je lé crains, et qui est un danger pour ton âme,

JUDITH, S’humiliant, Peut-être, mon père... pardonnez-moi.

S. RENAUDIN

Songe, ma fille, combien Ja Bible condamne de tels moyens... Et, d’ailleurs, tu as échoué, tu le vois.

JUDITH, Oui, mon père.

Se RENAUDIN, très tendrement, la prenant dans ses bras.

Écoute, ma chère Judith: là-bas, en exil, défie-toi de cela, mon enfant; défie-toi de ce charme, puisque tu sais que tu le possèdes. Défie-toi aussi de ces élans que tu as et qui, parfois, te font accomplir des actions téméraires. Crains tous les pièges qui t’entoureront là-bas. Grave bien dans ton cœur, ma fille, ces dernières recommandations, que, ce soir, ton vieux père t’aura faites. Et, regarde, qui sait si le capitaine ne t’aura pas arraché quelques mots d'indication sur nos projets de fuite, pour s’en servir contre nous. Tiens, je m'étonne tant que, précisément cette nuit, les dragons ne soient pas sortis pour leurs rondes habituelles. En y réfléchissant, je crains quelque guet-apens pour vous tous,

JUDITH

Oh! mon père, lui, se servir contre nous de la confiance que je lui aurais témoignée!.. D'abord, je ne lui ai rien dit. Et puis, non, il est franc et loyal...

Se RENAUDIN.

Une aernière chose, mon enfant, qui m'est plus pénible a te dire que tout. Depuis quelques jours, qu’as-tu? Qui t’a ainsi changée? Je ne reconnais plus ma courageuse et fière Judith, qui marchait droit sa route, sans défaillance, les yeux détachés de ce monde. J’ai peur, vois-tu, j'ai peur que ce d’Estelan.… J'ai peur que ce soit lui qui ait jeté un charme d'enfer sur ma fille bien-aimée.…

JUDITH, plus bas, d’une voix lente et mystérieuse.

Peut-être, mon père.

Un silence. Tous deux demeurent tête basse, plus accablés,

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