‹ Judith Renaudin; drame en cinq actes, sept tableauxChapitre 50 sur 77 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

n'abjurerait jamais, jamais, vous m'entendez, mais de plus elle se refuserait sans doute toujours à épouser un catholique, quand même nous verrions revenir des temps plus calmes où ces tristes mariages seraient autorisés'parrÉglise. Renoncez donc avec courage, mon cher fils, à cette chimère que vous aviez caressée. Un abîme est creusé entre vous deux, ne gardez point d'espoir...

RAYMOND se 1ère, marche an instaat en silence, de long en large, agitant son chapeau, puis, la raix différeate et plus sombre.

C'est bien, monsieur le curé. Excusez-moi d'être venu vous troubler jusqu'ici .. Vous ne pouvez, vous ne voulez rien faire pour moi, je m'en vais... Je m'en vais continuer de remplir mon devoir contre ces protestants de malheur !...

LE CURE| lui prenant les d<>HX mains et le retenant.

Monsieur d'Estelan, vous étiez venu me demander un service, et je vous l'aurais rendu de tout mon cœur, allez, s'il eût été possible à mes faibles moyens... Eh bien, avant de partir, laissez-moi vous adresser un conseil, le conseil d'un

prêtre et d'un vieillard, (pendant que Raymond, qui écoute à peine, ouvre la porte pour s'en aller.) PuisqUB VOUS l'aimCZ sl UOblement

cette jeune fille, soyez clément, à cause d'elle, envers ceux de sa religion. Soyez clément, monsieur le capitaine, soyez pitoyable !

RAYMOND, se dégageant.

Ah ! non, vous tombez mal aujourd'hui, monsieur le curé, pour m'attendrir. Non, laissez. Je ferai mon devoir, vouf dis-je, et là peut-être trouverai-je le remède au mauvaiL enchantement qu'elle a jeté sur moi, le remède et l'oubli...

U ior(.

56 JUDITU RENAUDIN.

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