ACTE QUATRIÈME
PHILIPPE
Tu t'imagines bien, n'est-ce pas, que j'y ai déjà songé, hein!.... (Jetant les dés ) Neuf!... Au Poitou, trop tard. Madame de Maintenon vient d'envoyer là un de ses protégés un Montferrand, qui a raflé les dernières bonnes terres; le reste, les bourgeois de Niort ou de Poitiers sont eu train de se les partager, et à bon prix. Plus rien que des lopins, trop minces pour les gens comme nous... Mais sans aller si loin, je te dirai qu'il y a ici, dans l'île, des biens considérables. C'est un pays de Cocagne, dans lequel on nous a logés, mon cher... Et croirait-on, hein, que jusqu'à présent ils étaient restés si tranquilles, les hérétiques, dans ce i^ecoin-là!... Car avant notre arrivée, il n'y a pas à dire...
PREMIER LIEUTENANT
La terre des Renaudin, par exemple, ne serait pas à dédaigner, tu sais... Leurs vignes de Dolus et leurs marais do Saint-Georges, ça dépend du prix auquel ça montera, mais j'en ferais bien mon affaire.
PHILIPPE
Et de leur fille aussi, pas vrai, si on te la prêtait pardessus le marché
En jetant les dés, il chante galamment :
Au berger qui l'aime La nymphe attendrie...
Entre le sous-ofllcier François, portant un papier à la mail.
TOUS, sauf Raymond.
Ah! maître François! Salut au grand convertisseur l Combien de nouveaux catholiques? Voyons la liste !