ACTE QUATRIÈME
PHILIPPE
Défendu, défendu, mon cherl A la fin, tu nous fais faire une dragonnade à l'eau de roses, tu sais!... Eh bien, en voilà un pays que l'île d'Oleron! Tous protestants, ici! Le curé, protestant! Le capitaine des dragons, protestant!... Non, c'est à mourir de rire, et je donne ma démission, moi!
RAYMOND, en qui la colère monte.
Protestant! protestant! Voici deux fois que vous me la faites, cette plaisanterie-là, et elle me déplaît, vous m'entendez !
Le sous-officier se retire cauteleusemenU PHILIPPE.
Dame, mon cher, tu en as l'air, toujours, si tu ne l'es pas,
RAYMOND
L'air que j'ai n'importe qu'à moi seul. Mais c'est moi qui commande ici, et j'entends qu'on m'obéisse, voilà tout.
PHILIPPE, persifleur.
Oh! on vous obéira, mon capitaine... Diable, tu nous le fais sentir, ton grade, et on s'aperçoit qu'il est nouveau! Mais si nous parlons discipline, quand nous sommes ici entre camarades, oh! alors...
Le dragon Hubert, qui est le serviteur de Raymond, entre brusquement, comm* Toulant parler à part à son maitre pour quelque affaire grave,
RAYMOND, continuant sans prendre garde.
Soit, laissons la question de discipline. Au surplus, je vous jure que dorénavant je saurai obtenir quc vous m'obéissiez tous... Reste la question d'homme à hommo (\a<i nous réglerons séance tenante, si vous voulez bien, (u s^ lève
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et tire son épée.) Oui, il me déplaît d'être appelé protestant, ci trailleurs, j'en ai assez de vos façons à tous depuis ce soii-.., en particulier des tiennes, Philippe !
PHILIPPE, qui se lève et dégaine aussi, sans conviction ccpenJauU
A tes ordres, mon cher !
PREMIER LIEUTENANT, pour apaiser.
Allons, d'Eslelan ! Allons, de Fiers, Voyons, que diable I attendez à demain, par grâce.
HUBERT
Mon capitaine, un mot à vous dire.
PREMIER LIEUTENANT
Vraiment, vous n'y pensez pas, deux vieux compagnons d'armes, s'embrocher pour un rien comme ça... Attendez, réfléchissez, pour l'amour de Dieu !
HUBERT, inBislant.
La demoiselle Judith Renaudin, qui est là en bas, qui demande à vous parler.
RAYMOND
La demoiselle Judith!... Judith Renaudin!... Ah! non, tu rêves.
Oaiis le groupe des officiers, debout au fond de la scène, ou continue à demi-voix avec agilaliOD.
HUBERT
Je la connais pourtant bien, parbleu !
RAYMOND, à Hubert, sans prendre garde à ce qu'en lui dit de là-lias.
Elle veut me parler, à moi? Tu es sûr de ce que tu int? contes, Hubert?